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Bagarre à Sherbrooke : des témoins et le SPS donnent leur version des faits

Le bar Le Magog, à Sherbrooke.

C'est devant le bar Le Magog que la bagarre a éclaté.

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

Radio-Canada

Brutalité policière, perte de sang-froid : plusieurs témoins décrient la façon dont les policiers ont traité la situation dans la nuit de vendredi à samedi, relativement à une bagarre qui a éclaté devant le bar Le Magog, à Sherbrooke. De son côté, le Service de police de Sherbrooke (SPS) estime que ses policiers ont bien fait leur travail dans les circonstances.

Neuf personnes ont été arrêtées en lien avec cette affaire, dont trois pour agression armée contre des policiers du Service de police de Sherbrooke (SPS). Un jeune homme de 25 ans comparaît lundi au palais de justice de Sherbrooke pour faire face à des accusations de voies de fait armées sur des policiers et d'avoir résisté à son arrestation. Ce dernier a été détenu en prévision de sa comparution, et les deux autres, relâchés le soir même.

Les événements sont survenus sur la rue Wellington Sud, devant le bar Le Magog. Les policiers avaient été appelés à intervenir en raison d'un début de bagarre et avaient été encerclés par une centaine de personnes.

Une enquête criminelle est en cours pour faire la lumière sur les événements. Des accusations supplémentaires pourraient être déposées.

La pancarte du bar Le Magog sur la rue Wellington Sud, à Sherbrooke.

Une centaine de personnes ont encerclé les policiers lors de l'événement.

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

Une réaction « démesurée » des policiers

Selon Azélie Desbois, une témoin qui était sur place et qui a filmé la scène, une foule importante insultait les policiers et montrait du mécontentement à l'égard de la façon dont ils géraient la bagarre. La jeune femme décrit une intervention musclée des policiers. Moi, je suis arrivée au moment où le gars qui avait fait du trouble était par terre, avec trois policiers dessus. Les autres policiers étaient autour, il y en avait deux avec des matraques et un avec un Taser qui essayait de faire reculer les gens autour , a-t-elle relaté à Radio-Canada.

D'autres personnes ont aussi témoigné avoir vu les policiers utiliser des matraques ou encore se servir du poivre de Cayenne.

C'était complètement démesuré, inadapté à la situation, soutient un témoin, qui a demandé de rester anonyme par crainte de représailles. Je comprends qu'il y avait des insultes qui leur étaient lancées, des feux d'artifice qui ont éclaté, mais ces gens-là sont formés et ils doivent nous protéger. Et là, c'était eux qui étaient les agresseurs.

Le témoin ajoute que la situation avait toutes les apparences d'un cas de brutalité policière. Une fois que la personne est maîtrisée, les coups de matraque et les coups de genou dans les côtes se poursuivaient. J'ai vu une fille se faire tirer les cheveux, déplore-t-il.

« S'il y avait eu désescalade, au lieu d'envoyer de plus en plus de policiers, on n'en serait pas venu à cette situation-là [...] Des policiers ont dit à des gens de retourner au Partage Saint-François [et les ont traités] de tabarnak et de gros câlisses. Il y avait vraiment une perte totale de sang-froid et de contrôle. »

— Une citation de  Témoin anonyme

Une situation explosive, selon le SPS

Selon le SPS, la situation était particulièrement tendue cette soirée-là. Dès leur arrivée, les policiers auraient été intimidés et insultés. Les gens commettaient des infractions aux règlements municipaux, explique l'inspecteur au soutien opérationnel et administratif du SPS, Patrick Roy. Selon lui, les policiers n'ont pas eu le choix d'appeler des renforts pour maîtriser la situation.

Ce serait la première arrestation qui aurait mis le feu aux poudres, selon lui. En procédant à l'arrestation, les gens auraient continué à s'approcher des policiers, les insulter, les narguer. Il y a même eu des bousculades de nos policiers.

Des objets auraient été lancés vers les policiers et les voitures de patrouille, et des feux d'artifice auraient par la suite été utilisés, certains envoyés directement vers les policiers et des ambulanciers sur place. Les policiers, soutient Patrick Roy, auraient même nécessité l'aide des ambulanciers pour arrêter la personne ayant commis ce geste.

Le policier ne nie pas que du poivre de Cayenne et des matraques ont dû être utilisés pour maîtriser la foule. C'était une foule hostile, explique-t-il. Mais en aucun moment, nos policiers et policières n'ont perdu le contrôle.

Un policier et une policière ont cependant subi des blessures mineures à la suite de cette agression, a fait savoir le SPS.

Le SPS resserre la surveillance

Le directeur du SPS, Pierre Marchand, souligne par ailleurs qu'il s'agit d'un événement isolé à la fermeture des bars. Il martèle que ses policiers ont bien agi face à la situation. Les policiers ont fait preuve de sang-froid et de professionnalisme. Le lendemain, ils ont tous été au travail malgré le stress et les blessures.

Pierre Marchand.

Le directeur du SPS, Pierre Marchand, estime que ses policiers ont bien agi.

Photo : Radio-Canada

Le directeur mentionne par ailleurs que la surveillance sera resserrée sur les artères commerciales. Des rencontres auront également lieu avec les propriétaires de bar pour établir un meilleur partenariat, les conscientiser sur leurs droits et devoirs, et les sensibiliser aux débordements.

« Sherbrooke est une ville paisible. Les citoyens sont respectueux entre eux et les policiers. Le SPS ne tolérera pas ce genre de comportement là. [...] La visibilité sera accentuée dès maintenant sur les artères commerciales, avec des opérations de surveillance. Ce sera tolérance zéro. »

— Une citation de  Pierre Marchand, directeur du SPS

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