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Vague démographique : demandes de soutien à domicile en forte hausse en Outaouais

En 2012, le Québec comptait plus de 1,13 million de proches aidants qui, au cours des 12 mois précédents, avaient offert sans rémunération des soins et du soutien à domicile à une personne aînée.

En Outaouais, des personnes reçoivent parfois de l’aide à domicile pendant 12, 16, voire 24 heures par jour (archives).

Photo : iStock

Radio-Canada

Selon un rapport de performance du réseau de la santé et de services sociaux québécois, plus de 17 000 personnes sont présentement en attente d’un premier service en soutien à domicile dans toute la province. Pour l'Outaouais, ce nombre se situe à un peu plus de 1500 personnes.

La demande pour un tel service ou pour une place en CHSLD a bondi au cours de la dernière année. C’est ce dont témoigne le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais.

On est vraiment dans la vague démographique. L’augmentation [du nombre] de personnes âgées, ça, c’est selon moi une explication principale, fait remarquer le directeur du soutien à l'autonomie des personnes aînées du CISSS de l'Outaouais, Benoît Major. En Outaouais, on n'a jamais donné autant de services à domicile, on n’a jamais desservi autant de personnes différentes à domicile.

M. Major note également qu’au niveau des heures, celles allouées au soutien à domicile sont largement supérieures à ce que les autres régions du Québec connaissent. Mais malgré ça, effectivement, on se retrouve avec des attentes qui augmentent. Même chose au niveau des CHSLD.

Benoît Major en entrevue devant le CHSLD de Maniwaki.

Benoît Major est directeur du soutien à l'autonomie des personnes âgées au CISSS de l'Outaouais (archives).

Photo : Radio-Canada

Bien qu’en Outaouais l’hébergement à domicile permet de maintenir à domicile des patients qui pourraient aller en CHSLD grâce à des soins, à des services, et à de proches aidants, l’attente en CHSLD atteint aussi des sommets, constate-t-il.

Selon lui, cette tendance n’est pas près de s’estomper.

Les données que nous avons démontrent que la courbe d’augmentation des personnes âgées de 75 ans et plus, de 85 ans et plus, va augmenter encore pour quelques années, note M. Major. En ce sens, on travaille sur différents enjeux. On se doit de maximiser, d’aller au plus loin au niveau du soutien à domicile, estime-t-il.

Intensification des services à domicile

M. Major souhaite développer un travail de collaboration entre des organismes communautaires, les proches aidants et le CISSS de l’Outaouais afin de perfectionner les services déjà offerts. La pression est forte sur l’ensemble des équipes autant en soutien à domicile qu’en hébergement. On vit des situations avec nos proches aidants qui sont difficiles et nos équipes sont au rendez-vous, souligne-t-il.

On n’y arriverait pas sans l’apport des proches aidants. En Outaouais, on a des gens à domicile qui reçoivent de l’aide des fois 12, des fois 16, des fois même 24 heures par jour pour supporter justement les proches aidants en attendant qu’une place se libère en hébergement, poursuit le directeur du soutien à l’autonomie des personnes aînées.

« L’intensification des services à domicile c’est quelque chose qui se fait déjà en Outaouais et qui va juste augmenter en ampleur avec les prochaines années. »

— Une citation de  Benoît Major, directeur du soutien à l'autonomie des personnes aînées du CISSS de l'Outaouais

Le travail de nos équipes est extraordinaire. En Outaouais on est chanceux d’avoir la qualité que nous avons. C’est vraiment des intervenants professionnels, de haut calibre, qui sont disponibles pour l’Outaouais, c’est remarquable, tient à ajouter M. Major.

Maisons des aînés

La région va bientôt compter deux nouvelles maisons des aînés du CISSS de l’Outaouais. Les deux maisons vont créer 144 nouvelles places sur le territoire, donc c’est un ajout qui est très majeur pour la région, applaudit M. Major. C’est clair que, statistiquement, on ne pense pas que ça va régler le problème d’un coup, mais ça va apporter une aide qui va être grandement précieuse.

« Il ne faut pas être dupe [...] mais ce qui est clair, c’est que ces deux maisons-là vont apporter une bouffée d’air frais dans le réseau. »

— Une citation de  Benoît Major, directeur du soutien à l'autonomie des personnes aînées du CISSS de l'Outaouais

Ça va être grandement aidant pour des gens qui sont dans l’attente d’une place à domicile présentement, croit M. Major. Ça va être une excellente nouvelle lorsque ces deux maisons-là vont être disponibles pour la population.

L’Outaouais en queue de peloton

Pour sa part, le président du conseil d'administration d'Action santé Outaouais, Denis Marcheterre, voit dans le rapport de performance du réseau de la santé et des services sociaux une nouvelle preuve de la piètre figure qu’a le réseau de la santé régional.

C'est une histoire qui se répète en Outaouais. On est toujours en queue de peloton, déplore-t-il. Il y a longtemps que les démographes nous prédisaient une telle tendance démographique et puis, ça ne bouge pas depuis des années. Ça n’a rien à voir avec la COVID.

M. Marcheterre dénonce qu'au niveau provincial, on a tendance à investir beaucoup dans les grands centres urbains et puis peu en région.

Il fallait que ça arrive un jour ou l'autre. Il fallait qu'on le constate le nez une fois de plus sur le mur et voilà, on est rendus là.

Denis Marcheterre pose pour la caméra.

Denis Marcheterre est le président du conseil d'administration d’Action santé Outaouais (archives).

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Ce qui est un peu choquant, ce qui est un peu décevant, c'est le fait que les tendances étaient visibles depuis longtemps et on n'a pas planifié en conséquence. C'est ça qui est dommage, renchérit-il. Mais effectivement, la demande étant plus forte que l'offre, ça bloque à un moment donné, c'est évident. Il y a des limites à ce qu'on peut faire.

« L'Outaouais a souvent été oublié par le passé, on en a pris l'habitude. Voici encore une preuve. L'Outaouais fait encore piètre figure. »

— Une citation de  Denis Marcheterre, président du conseil d'administration d'Action santé Outaouais

On ne peut évidemment pas accuser à tout vent ni le CISSS de l'Outaouais ni le réseau de la santé, concède toutefois le président du conseil d'administration d’Action santé Outaouais. Les besoins sont grandissants effectivement et les besoins s'accélèrent. On ne peut pas suivre la cadence facilement, c'est clair.

L’enjeu c’est que tout bloque en même temps, estime M. Marcheterre. On n'a pas assez de brique et de mortier, pas assez d'employés, pas assez de formation et puis, on a une offre qui est grandissante et rapidement. Alors là évidemment, on tombe dans un entonnoir.

Il n’y a pas de baguette magique, c'est ça le problème, personne n’a de baguette magique, ni le gouvernement, ni le citoyen, ni les organismes privés, reconnaît-il. C'est un problème qui est particulièrement complexe.

Avec les informations de Stéphane Leclerc

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