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Québec et Ottawa sommés de s’attaquer aux cyberviolences

Léa Clermont-Dion, Joël Arseneau, Guylaine Maroist, Laurence Gratton et Ruba Ghazal devant des drapeaux du Québec dans un salon de l'Assemblée nationale.

Léa Clermont-Dion (au centre), Joël Arseneau, Guylaine Maroist (à l'arrière, à gauche), Laurence Gratton et Ruba Ghazal (à l'avant, à droite) demandent aux gouvernements d'agir contre les cyberviolences.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le Parti québécois (PQ), le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS) unissent leur voix à celles des deux réalisatrices du documentaire Je vous salue, salope pour presser Québec et Ottawa d'agir contre les cyberviolences, qui visent très largement les femmes.

Dans le cadre d'un point de presse tenu lundi à l'Assemblée nationale, les députés Ruba Ghazal (QS) et Joël Arseneau (PQ) ont demandé au gouvernement Legault ainsi qu'à son ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, de poser des gestes concrets pour s'attaquer à un phénomène qui, disent-ils, a pris énormément d'ampleur depuis le début de la pandémie.

À leur côté, les réalisatrices de Je vous salue, salope, Guylaine Maroist et Léa Clermont-Dion, ont déposé à l'Assemblée nationale une pétition de 25 000 noms.

Nous sommes dans les 12 jours d'action pour lutter contre les violences faites aux femmes... Demain [mardi], c'est le 6 décembre, jour de commémoration de la tuerie de Polytechnique, qui a eu lieu il y a 33 ans. Et ces 12 jours d'action servent à lutter contre toutes les formes de violence : la violence physique, mais aussi les violences psychologiques, sexuelles, ainsi que sur les réseaux sociaux, a déclaré Mme Ghazal, en début de point de presse.

« La cyberviolence a des impacts concrets, réels dans la vraie vie, et non pas seulement dans la vie virtuelle. »

— Une citation de  Ruba Ghazal, députée de Québec solidaire

Toujours selon la députée solidaire, plusieurs femmes, y compris des politiciennes, ont reçu tellement d'insultes, ou encore de menaces de mort ou de viol, qu'elles ont quitté l'espace public, y compris l'espace numérique, en raison d'un climat malsain.

Le but est de faire taire les femmes, a renchéri Mme Ghazal.

Cette dernière a rapporté que sa collègue Christine Labrie avait lu l'an dernier, au Salon bleu de l'Assemblée nationale, des exemples de messages violents reçus en ligne. Tout le monde, tous les députés étaient horrifiés, a rappelé Mme Ghazal.

Mieux former les policiers et forcer la main aux géants du web

Les réalisatrices réclament deux actions concrètes de Québec : d'abord, qu'une formation sur les cyberviolences soit intégrée à la formation de tous les policiers formés dans la province; ensuite, elles demandent à l'État d'interpeller les pouvoirs fédéraux, à Ottawa, en vue de faire adopter une loi forçant les géants du web, notamment Facebook et Twitter, à s'attaquer fermement aux discours haineux et violents en ligne.

Guylaine Maroist propose de s'inspirer de l'Allemagne où des dispositions prévoient que les réseaux sociaux s'exposent à de lourdes amendes s'ils ne retirent pas les contenus haineux dans les 24 heures suivant leur publication.

La cyberviolence atteint des niveaux inégalés, et toutes les études le montrent : les femmes en sont la première cible, a dénoncé la réalisatrice.

« Une misogynie plus violente que jamais envahit donc nos écrans : harcèlement, dénigrement, lynchage, sextorsion, diffusion de photographies intimes, menaces de viol, menaces de mort. Ces actes graves, qui touchent des milliers de femmes au Québec, restent pour la plupart impunis. »

— Une citation de  Guylaine Maroist, réalisatrice du documentaire Je vous salue, salope

Toujours selon Mme Maroist, plusieurs victimes ont affirmé ne pas avoir été prises au sérieux, que ce soit par les géants du web ou encore par la police.

L'enjeu, ici, est démocratique : ce sont les droits des femmes qui sont menacés. Il faut agir.

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