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Carey Price ignorait l’existence de la tuerie de Polytechnique Montréal

Carey Price est photographié dans un champ, en habit de chasseur et tient dans ses mains une arme à feu.

Carey Price a pris position publiquement contre le projet de loi C-21 qui va interdire l'importation, la vente et la revente d'armes de poing au Canada.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran: compte Instagram CP0031

Carey Price « n'était pas au courant » des événements tragiques du 6 décembre 1989 à Polytechnique Montréal, qui ont coûté la vie à 14 femmes en plus d'en blesser 13 autres.

C'est ce qu'on apprend dans une réponse écrite de France Margaret Bélanger, présidente du Groupe CH, qui a donné suite à quelques-unes de nos questions pour connaître le contexte de la déclaration du gardien de but des Canadiens.

« J'aime ma famille, j'aime mon pays et je me soucie de mon prochain. Je ne suis pas un criminel ou une menace pour la société. Ce que @justinpjtrudeau (Nouvelle fenêtre) essaie de faire est injuste. Je soutiens le @ccfr_ccdaf (Nouvelle fenêtre) pour garder mes outils de chasse. Merci d'avoir écouté mon avis. »

— Une citation de  Carey Price, 3 décembre 2022 sur son compte personnel Instagram
Carey Price soutient publiquement l'Association canadienne pour le droit des armes à feu.

Carey Price a dénoncé le projet de loi C-21 du gouvernement libéral qui vise à bannir les armes de poing au Canada, tout en soutenant publiquement l'Association canadienne pour le droit des armes à feu.

Photo : Radio-Canada / Instagram: compte CP0031

En prenant position en faveur du maintien de l'importation, de la vente et de la revente des armes de poing au Canada, Carey Price ignorait qu'il s'exprimait à quelques jours de l'anniversaire de la tuerie de Polytechnique Montréal.

Près de 48 heures après sa mise en ligne, la publication avait reçu près de 100 000 réactions du public, en plus de compter plus de 5700 commentaires.

Ceci dit, lorsque nous avons vu sa publication, nous avons porté à sa connaissance les réactions à ce sujet, a déclaré Mme Bélanger par écrit.

Était-il au courant que la Coalition canadienne pour les droits des armes à feu, qu'il soutient ouvertement, a fait parler d’elle récemment après avoir créé un code promotionnel Poly pour promouvoir l’achat de marchandises sur son site web avec un rabais de 10 %?

Il n’était pas au courant des événements tragiques du 6 décembre 1989 ni des récentes initiatives marketing de la coalition, a ajouté Mme Bélanger.

Quant à la nature du lien qui unit Carey Price à l'Association canadienne pour le droit des armes à feu, la réponse de la grande patronne du Groupe CH reste évasive.

Je n’ai pas les réponses à vos questions au sujet des liens entre M. Price et la coalition. Je crois que Carey serait le mieux placé pour y répondre, a répondu Mme Bélanger.

Pour sa part, la vice-présidente aux communications des Canadiens de Montréal, Chantal Machabée a indiqué que l'organisation n'avait pas l'intention pour le moment de faire de déclaration publique sur la prise de parole de son joueur de concession.

Projet Polytechnique : Faire face – bande-annonce

BALADO • Projet Polytechnique : Faire face

Montage visuel du profil d'une personne.

Dans un message en fin de journée sur Twitter, Carey Price a défendu ses opinions qu’il dit être les siennes.

Mes opinions sont les miennes et j'y crois. La seule raison pour laquelle je soulève cette question, a-t-il écrit, c'est parce que c'est ce qui se passe actuellement et non par manque de respect envers qui que ce soit.

Il a jouté qu’il n’était pas d'accord avec le code promotionnel Poly que la Coalition pour le droit des armes a proposé pour permettre à ses sympathisants d'acheter des produits dérivés sur son site.

Beaucoup plus qu'une opinion

Pour le stratège en communication Louis Aucoin, la publication de Carey Price va au-delà de l'opinion personnelle.

Carey Price a endossé la position d'un groupe de pression qui milite en faveur des armes à feu. C'est bien plus qu'exprimer son opinion. Une simple analyse de la publication permet de réaliser qu'il reprend mot à mot le laïus de l'Association canadienne de droit des armes à feu. Sa déclaration donne l'impression d'une opinion personnelle, mais ses propos répètent précisément le vocabulaire du lobbying en faveur des armes à feu, analyse M. Aucoin.

Pour ce spécialiste, il est surprenant de voir une organisation comme celle du Tricolore ne pas réagir publiquement après une sortie polarisante d'un joueur-vedette.

L'expert en communication croit que c'est une première, parce que traditionnellement, le Club de hockey ne reste pas sur les lignes de côté quand son image de marque est impliquée.

« C'est un coup de circuit pour l'Association pour le droit des armes à feu, que le message soit vrai ou faux, il a été repris partout en quelques heures. Cette coalition en faveur des armes à feu est à la seule à utiliser l'expression "outils de chasse". Tout le monde parle d'armes à feu dans la sphère publique. Ça dédramatise complètement l'enjeu de sécurité et ça contrefait les intentions du gouvernement. »

— Une citation de  Louis Aucoin, stratège en communication chez Tesla

Pierre Gince, président de Mesure Média, croit qu'il est minuit moins une pour que l'organisation des Canadiens et Carey Price s'expriment publiquement sur la tuerie de Polytechnique.

Les Canadiens et Carey Price doivent connaître et reconnaître la date du 6 décembre 1989. C'est capital pour leur responsabilité sociale envers la population montréalaise, croit l'expert en réputation.

Selon M. Gince, Carey Price a agi par maladresse. On exploite en quelque sorte sa réputation sur un sujet qu'il ne maîtrise pas.

Carey Price, c'est d'abord et avant tout un chasseur qui a grandi à Anahim Lake. Il a regardé la situation au premier degré. On se demande même s'il a lu le projet de loi. Sur sa publication, l'arme longue qu'il tient dans ses mains n'est pas impliquée dans le projet de loi C-21 qui vise à interdire l'importation, la vente et la revente d'armes de poing au Canada, a ajouté M. Gince.

« Pour les Canadiens, c'est une crise médiatique dont l'organisation se serait passée. Des gens de tous les âges achètent son chandail. [C'est la] polarisation d'un enjeu public aussi sensible par leur joueur-vedette. »

— Une citation de  Pierre Gince, président de Mesure Média

Toujours selon Pierre Gince, le fait que Carey Price soit blessé atténue la crise médiatique pour les Canadiens. Il affirme que s'il avait été en uniforme au cours de la fin de semaine ou ce soir, la couverture médiatique aurait été d'une grande ampleur.

Les commanditaires qui ont un contrat de gré à gré avec lui auraient pu avoir l'épiderme sensible rapidement. Ils n'aiment pas que leur image de marque soit mêlée à la polarisation d'enjeux publics, croit l'expert en évaluation de réputation.

« Il a utilisé une arme dangereuse, qui est la parole, sur une glace où il n'est pas le maître. Il est plus à l'aise avec ses jambières [qu'avec] la parole. Prendre la parole sur des enjeux de société qu'il ne maîtrise pas, c'est s'aventurer sur une glace mince. »

— Une citation de  Pierre Gince

L'agence professionnelle qui représente Carey Price n'avait toujours pas réagi à nos questions au moment de mettre ce texte en ligne.

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