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Pas de caméras intelligentes sur les autobus scolaires de Thunder Bay pour l’instant

Une caméra sur un autobus scolaire.

Thunder Bay ne va pas de l'avant avec la mise en place de caméras sur ses autobus scolaires.

Photo : BusPatrouille

Radio-Canada

La Ville de Thunder Bay n’ira pas de l’avant avec l’installation de caméras automatiques sur les bras d’arrêt des autobus scolaires, malgré une hausse des incidents de dépassement illégal dans la région.

Dans un rapport qui sera présenté au conseil municipal lundi, l’administration municipale de Thunder Bay indique que l’installation de caméras automatisées sur les bras d’arrêt des autobus scolaires n’est pas réalisable pour le moment.

Ces caméras sont installées sur les autobus scolaires et s'activent lorsque le bras d'arrêt de l'autobus est déployé, et prennent des photos des véhicules qui dépassent illégalement.

Le rapport indique que les images captées par les outils automatiques d’application de la loi, comme les caméras aux feux rouges et les systèmes automatisés de contrôle de la vitesse, sont envoyées au Centre de traitement conjoint de Toronto, où elles sont examinées par des policiers.

Si le centre détermine qu'une infraction a été commise, les Services judiciaires provinciaux donnent localement une contravention qui est envoyée par la poste au titulaire de l'immatriculation du véhicule, peut-on lire dans le rapport.

Le rapport ajoute que le Centre de traitement conjoint provincial n'accepte pas pour l'instant les preuves fournies par les caméras d'arrêt d'autobus scolaires pour examen.

Ottawa, une des seules villes ontariennes qui applique en ce moment un programme de caméras intelligentes, a mis en place son propre centre de traitement doté de personnel pour traiter les données et donner des contraventions.

La ville a discuté d'une entente conjointe avec Ottawa, qui permettrait de traiter les images des caméras d'arrêt de Thunder Bay. Le rapport indique toutefois que la police d'Ottawa n'est pas disposée actuellement à traiter les preuves provenant d'une autre municipalité.

Un porte-parole du Service de police de Thunder Bay (SPTB) a confirmé que le service a été consulté et que, bien qu'il appuie le programme de caméras d'arrêt, le SPTB ne dispose pas des ressources nécessaires pour exploiter son propre centre de traitement.

Les incidents en hausse

C'est un problème frustrant, affirme Craig Murphy, gestionnaire du consortium de transport scolaire de Thunder Bay, au sujet des conducteurs qui dépassent illégalement les autobus scolaires arrêtés.

Nous nous attaquons à ce problème depuis plusieurs années maintenant et cela ne s'améliore pas, en fait, les chiffres que nous voyons sont que cela s'aggrave, déplore-t-il.

Portrait de Craig Murphy dans un débarcadère.

Les chauffeurs d'autobus sont appelés à signaler chaque dépassement illégal, indique Craig Murphy.

Photo : CBC/Kris Ketonen

En date de vendredi matin, les chauffeurs d'autobus de Thunder Bay ont signalé plus de 475 cas de conducteurs les dépassant illégalement depuis le début de l'année scolaire, a indiqué M. Murphy.

Nous avons donc signalé en moyenne huit cas par jour d'école jusqu'à présent cette année. Il s'agit d'un programme strictement volontaire pour les chauffeurs. Je suis très sûr que le nombre réel est beaucoup plus élevé que cela, indique-t-il.

Le SPTB a indiqué que 18 conducteurs ont été accusés d'avoir dépassé illégalement un autobus scolaire en novembre.

La province blâmée

Kristen Oliver, une conseillère municipale de Thunder Bay qui a milité en faveur des caméras d'arrêt, s'est dite déçue par la recommandation de l'administration, mais dit comprendre pourquoi celle-ci a été faite.

Mme Oliver dit être frustrée par les choix de la province.

On a autorisé l'installation de caméras d'arrêt sur les autobus scolaires, mais la province ne fournit pas aux municipalités les ressources nécessaires pour que cela devienne une réalité. Je propose au conseil de renvoyer cette question au Comité des affaires intergouvernementales, indique-t-elle.

Si la motion de M. Oliver est adoptée, cela va permettre au comité de faire pression sur la province pour qu'elle permette le traitement des séquences des caméras d'arrêt d'urgence au Centre de traitement conjoint.

Un autobus scolaire de Mattawa en Ontario.

La Ville de Mattawa est la seule municipalité du Nord de l'Ontario qui a des caméras sur tous les autobus.

Photo : CBC/Markus Shwabe

Ce n'est qu'une question de temps avant qu'une tragédie ne frappe. J’espère vraiment que le gouvernement provincial voit les choses ainsi et nous aide à obtenir les outils et les ressources dont nous avons besoin pour faire avancer ce programme, indique-t-elle.

Une autre option, selon Craig Murphy, est de permettre aux vendeurs des caméras de traiter les données, ce qui est courant aux États-Unis.

L'entreprise tierce installe les caméras, les entretient, traite les images et sécurise les données. Ils font la plus grande partie du travail, et en retour, chaque fois qu'ils enregistrent une violation, ils obtiennent des redevances de la municipalité, suggère-t-il.

Mais cette redevance n'est jamais supérieure au montant de l'amende que paierait la personne qui a enfreint le bras d'arrêt. Donc les personnes qui commettent les infractions paient pour le système, et il n'est en aucun cas financé par les contribuables, pas même au départ, ajoute-t-il.

Les lois ontariennes ne permettent toutefois pas que cela se produise, car les entreprises ne sont pas en mesure d'obtenir le statut de demandeur autorisé.

Les compagnies d'assurance sont un exemple d'organisation en Ontario qui sont des demandeurs autorisés. Elles sont autorisées par la province à accéder à ARIS, qui est le système d'information des demandeurs autorisés de la province, explique-t-il.

L’accès à la base de données ARIS permet de récupérer les informations relatives aux permis de conduire et aux véhicules des conducteurs.

Les vendeurs de caméras d'arrêt auraient également besoin d'accéder à ARIS pour récupérer des informations sur la propriété des véhicules.

Malheureusement, le gouvernement tarde un peu à reconnaître que ces organisations pourraient avoir accès à ARIS, explique-t-il.

Avec les informations de Kris Ketonen de CBC.

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