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Mount Cashel : une salle de bingo vendue à 3 M$, la basilique à seulement 2,5 M$

L'archidiocèse de Saint-Jean doit liquider tous ses actifs afin d'indemniser les survivants d'agressions sexuelles.

Un édifice à un étage et un stationnement.

Cet édifice, une salle de bingo sur la rue MacDonald, à Saint-Jean, sera vendu pour 3 millions de dollars. L'argent sera utilisé pour indemniser les victimes d'abus sexuels de l'orphelinat Mount Cashel.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

La propriété la plus précieuse de l'archidiocèse de Saint-Jean n'est pas une église. C'est une salle de bingo.

C'est du moins ce que révèlent des documents détaillant la liquidation d’une centaine de propriétés catholiques dans l'est de Terre-Neuve pour dédommager les victimes d’abus de l’orphelinat Mount Cashel.

La salle paroissiale Marie-Reine-de-la-Paix, ouverte 7 jours sur 7 pour des jeux de bingo, sera achetée pour 3 millions de dollars, soit 500 000 $ de plus que ce qui a été payé pour l'église qui vient au deuxième rang parmi les plus grandes au Canada.

C'est l'ancien premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, qui en est l'acheteur.

Même si la basilique de Saint-Jean-Baptiste, le symbole de l’Église catholique et de sa puissance à Terre-Neuve, a une superficie de 29 000 pieds carrés, un groupe de paroissiens ne paiera que 2,5 millions de dollars pour l'acheter.

La salle paroissiale Marie-Reine-de-la-Paix, située au 101, rue MacDonald, occupe un terrain dans un secteur résidentiel très convoité. Deux écoles et un foyer de soins de longue durée se trouvent à côté de l'édifice, dont le terrain inclut aussi des terrains de soccer et de baseball.

La Basilique Saint-Jean-Baptiste vue de loin dans le brouillard au milieu de la ville.

La basilique Saint-Jean-Baptiste surplombe la ville de Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador. Elle a été vendue pour 2,5 millions de dollars, soit 500 000 $ de moins que la salle de bingo de la rue MacDonald.

Photo : Radio-Canada / Gilles Boudreau

31 M$ bientôt récoltés

Selon des documents déposés en Cour suprême provinciale par le syndic de faillite, la vente de 83 propriétés est conclue ou le sera prochainement. L’archidiocèse récoltera environ 31 millions de dollars en vertu des transactions, ce qui est toujours loin des 50 millions dus aux survivants.

Vingt-trois transactions totalisant 7,6 millions sont conclues, selon le rapport du syndic. Une offre a été acceptée pour 60 autres propriétés, mais l’entente doit encore être finalisée. La valeur des transactions provisoires s’élève à 23,4 millions.

Il n’y a eu aucune offre pour 45 propriétés rurales dans le sud de la péninsule d’Avalon et dans la péninsule de Burin.

Les documents révèlent que le même groupe de paroissiens ayant payé 2,5 millions de dollars pour acheter la basilique a aussi payé 1,1 million pour l’école privée St. Bonaventure’s College et 170 000 pour l’aréna St. Bon’s Forum.

Détails des autres transactions

Les autres églises, presbytères et parcelles de terre dont l’archidiocèse est propriétaire ont été achetés pour des sommes allant de 720 $ à 1,5 million.

L’église Saint-Pie X et l’ancienne école intermédiaire Saint-Pie X ont été achetées par l’Association for New Canadians pour 1,5 million. L’église Marie-Reine-du-Monde, à Mount Pearl, a été achetée par ses paroissiens pour 1,3 million. L’église Corpus Christi, à Saint-Jean, a aussi été achetée par le promoteur immobilier Fred Cahill pour 1,2 million.

Plusieurs toiles de l’artiste Gerry Squires seront aussi mises aux enchères, en février. Le prêtre Wayne Dohey a indiqué à CBC, en août, que les tableaux sont évalués à environ 400 000 $.

Une salle de bingo.

La salle Marie-Reine-de-la-Paix est utilisé 7 jours sur 7 pour au bingo.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

L’archidiocèse a demandé la protection de ses créanciers en décembre 2021, quelques mois après une décision de la Cour d’appel de Terre-Neuve-et-Labrador, qui a jugé l'Église responsable des abus commis contre quatre garçons à l'orphelinat Mount Cashel entre les années 1940 et 1960.

Le jugement a ouvert la porte à d'autres poursuites contre l’archidiocèse. Une centaine d’hommes demandent d’être dédommagés.

À quand la fin du processus de faillite?

Mardi, les avocats de l’archidiocèse demanderont au juge Garrett Handrigan de prolonger la procédure de faillite jusqu’en mai 2023.

Plusieurs dossiers doivent toujours être réglés. Les partis doivent s’entendre sur le montant exact qui sera versé aux survivants. L’avenir des écoles dont l’église est propriétaire est toujours incertain.

Les 33 écoles sont encore utilisés à des fins éducatives alors, selon la Loi sur les écoles, on ne peut pas expulser les élèves. Mais l’archidiocèse a l’obligation de faire tout son possible pour payer ses créanciers. Les bâtiments ont une valeur financière et, selon les avocats des victimes, il faut en profiter.

L’un des avocats des survivants, Geoff Budden, a dit à Radio-Canada en mai dernier que le processus doit se terminer le plus rapidement possible. Plusieurs de ses clients sont octogénaires. D’autres sont déjà morts en attendant d’être indemnisés.

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