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Femmes assassinées : la Première Nation de Long Plain plongée dans le deuil

Kyra Wilson lors d'une entrevue avec un journaliste.

La cheffe de la Première Nation de Long Plain, Kyra Wilson, explique qu'il y a un fort sentiment de deuil depuis qu'on a appris, jeudi, que deux femmes de la communauté compteraient parmi les victimes d'un tueur qui s'en prenait aux femmes autochtones.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les derniers jours ont été difficiles dans la Première Nation de Long Plain, au Manitoba, d’où provenaient deux des quatre femmes autochtones qui, selon la police de Winnipeg, auraient été assassinées par Jeremy Skibicki.

La cheffe de cette Première Nation située à 95 km à l’ouest de Winnipeg, Kyra Wilson, explique qu'il y a beaucoup de douleur et un fort sentiment de deuil dans la communauté en ce moment.

Quand nous subissons une perte dans notre communauté, nous la ressentons tous. C’est vraiment un moment difficile pour plusieurs personnes, ajoute-t-elle.

En conférence de presse, jeudi, le Service de police de Winnipeg a annoncé que Jeremy Skibicki était maintenant accusé du meurtre de quatre femmes autochtones. Il était déjà le présumé meurtrier de Rebecca Contois, une Autochtone de 24 ans dont les restes ont été retrouvés dans une décharge municipale en juin dernier.

Il est maintenant accusé du meurtre de Morgan Beatrice Harris, 39 ans, et de Marcedes Myran, 26 ans, toutes deux originaires de la Première Nation de Long Plain.

Jeremy Skibicki est aussi accusé du meurtre d’une quatrième Autochtone dont l’identité est inconnue, et dont des restes ont été retrouvés dans la décharge municipale.

Dans la Première Nation de Long Plain, on tente de venir en aide aux familles, que ce soit des membres de la communauté vivant dans la réserve ou des membres qui vivent en dehors de la réserve, indique Kyra Wilson.

Un feu sacré a été allumé dans le centre de méditation pour honorer les femmes assassinées. Le centre lui-même est utilisé comme un espace sûr où on peut trouver du réconfort, explique la cheffe de la Première Nation.

Les photos de Morgan Beatrice Harris et de Marcedes Myran sont disposées sur une table recouverte d'une nappe rouge, sur laquelle se trouvent des bougies.

Les membres de la communauté peuvent se rendre dans le centre de méditation pour prier et honorer la mémoire des deux femmes assassinées, Morgan Beatrice Harris et Marcedes Myran.

Photo : Radio-Canada

Des rouleaux de tabac sont à la disposition des membres de la communauté qui veulent offrir des prières dans le feu sacré.

Morgan Beatrice Harris et Marcedes Myran vivaient à Winnipeg au moment de leur disparition. Morgan Beatrice Harris, qui avait cinq enfants et qui était grand-mère, n’avait pas été vue depuis le début de mai.

Marcedes Myran a été aperçue pour la dernière fois dans le quartier North End. Ses derniers contacts avec sa famille remontent au mois de mars, selon sa grand-mère.

Leurs corps n’ont pas été retrouvés. Le chef de la police de Winnipeg, Danny Smith, a déclaré cette semaine que leurs restes se trouvaient probablement dans une décharge municipale. C'est dans un tel endroit que les policiers ont retrouvé des restes de la femme dont l'identité est inconnue, tandis que ceux, partiels, de Rebecca Contois avaient été retrouvés en juin dans la décharge du chemin Brady. La police ne compte cependant pas reprendre ses recherches dans la décharge.

Note de la rédaction

Une version précédente indiquait que la police croyait que les corps des trois femmes se trouvaient dans la décharge du chemin Brady à Winnipeg, comme celui de Rebecca Contois. Après la première conférence de presse sur cette affaire, tenue le 1er décembre, la police a, pendant plusieurs jours, laissé entendre que les victimes se trouvaient dans une décharge municipale, sans jamais apporter de correction ou de précision, et cela même quand les médias invoquaient la décharge du chemin Brady.

Samedi, Donna Bartlett, la grand-mère de Marcedes Myran, a déclaré que la famille a commencé à chercher Marcedes en mars et qu’en septembre, elle a signalé sa disparition à la police.

Travailleuse communautaire dans la Première Nation, Linda Myran a été bouleversée par les annonces faites cette semaine.

Pour les peuples autochtones, les traumatismes ne font que s'ajouter les uns aux autres, dit-elle.

Je dis souvent aux gens que si on ne peut pas effacer un traumatisme, on peut cependant le voir d’un œil différent pour avancer vers quelque chose de plus positif.

Mais, ajoute-t-elle, ça n'enlève pas la douleur, chaque fois qu’on en entend parler, chaque fois que ça se produit.

Kyra Wilson fait écho à ces propos. Nous devons toujours nous rassembler pour des veillées pour les femmes, les filles, les bi-spirituels et les hommes autochtones disparus et assassinés, constate-t-elle tristement.

C’est malheureux d’avoir à nous rassembler dans des moments de pertes, alors que nous devrions avoir des rassemblements qui sont des célébrations.

Kyra Wilson veut que les membres de la Première Nation sachent que, même s’ils vivent ailleurs, ils ont toujours un appui dans leur communauté.

Si ça ne fonctionne pas dans la grande ville, ils peuvent toujours revenir chez eux, dit-elle. Il y aura toujours un endroit sûr pour eux.

Avec les informations de Jérémie Bergeron et Nathan Liewicki

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