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Une démolition qui illustre les problèmes liés au logement dans le Nord

Une affiche indique que des travaux de démolition sont en cours.

Les travaux de démolition de l'ancienne école élémentaire A.B. Ellis à Espanola ont commencé vendredi dernier.

Photo : Radio-Canada / Aya Dufour

Radio-Canada

Le début des travaux de démolition de l’ancienne école élémentaire A.B. Ellis à Espanola sème la controverse parmi les membres de la communauté qui voulaient convertir cet établissement en logements abordables.

L’école, gérée par le conseil scolaire Rainbow, a fermé ses portes en 2014 en raison du faible taux d’inscription.

Depuis, la coopérative de logements sociaux Rainbow Community militait auprès du conseil municipal pour retarder les travaux de démolition, le temps de trouver les ressources nécessaires pour convertir la bâtisse en appartements.

Ces efforts n’ont toutefois pas porté fruit. Les travaux de démolition ont commencé vendredi dernier, et la propriété sera transformée en stationnement.

Richard a les mains dans les airs devant les portes d'entrée de l'école A.B. Ellis.

« Les gens n'ont nulle part où rester, mais au moins, on aura de belles places pour nos chars », se désole Richard Grandmaison.

Photo : Radio-Canada / Aya Dufour

La situation sidère Richard Grandmaison, qui habite à quelques rues de la bâtisse. Il n’y a pas beaucoup de logements à Espanola, c’est difficile à trouver, affirme-t-il.

« Les appartements coûtent 1100 $ par mois. Il nous faut quelque chose pour les résidents qui n’ont pas beaucoup d’argent. »

— Une citation de  Richard Grandmaison, résident d'Espanola

Selon le conseil des Services du District de Manitoulin-Sudbury, 400 des 745 personnes sur la liste d'attente pour un logement abordable habitent dans les environs d'Espanola.

Une bâtisse qui était en bon état

Au cours des dernières années, la coopérative de logements sociaux Rainbow Community a commandé plusieurs études pour évaluer la viabilité d’un projet de logements abordables dans les anciens locaux d’A.B. Ellis.

Un terrain de stationnement désert derrière une clôture.

Ceux qui s'opposent à la démolition soulignent qu'il y a déjà un espace de stationnement sur le terrain.

Photo : Radio-Canada / Aya Dufour

La présidente de l’organisme, Lynne Dee Sproule, explique que des spécialistes ont été embauchés pour étudier les coûts associés au projet, ainsi que l’état du système de chauffage, d’eau courante, et du toit.

L’architecte était étonné que la bâtisse soit en si bon état, insiste Mme Sproule.

La coopérative de logements sociaux a également mené des sondages auprès des résidents pour sonder leur intérêt.

La tour d'eau potable de la ville.

La Ville d'Espanola se situe à environ une heure de route de Sudbury et compte quelque 5000 résidents.

Photo : Radio-Canada / Aya Dufour

On a remarqué qu’il y a d’énormes besoins, tant chez les aînés et les familles que ceux qui viennent s’installer dans la région pour travailler dans l’usine de pâte et papier Domtar, ajoute-t-elle.

Mais l'organisme n'a pas réussi à trouver de promoteur ou d'acheteur intéressé par le projet. La Ville d'Espanola et le conseil scolaire Rainbow ont donc décidé d'aller de l'avant avec la démolition de l'établissement.

Une question de ressources

Mme Sproule explique que le conseil scolaire ne pouvait pas s’engager dans un projet de logements, puisque cela ne relève pas de son mandat. Ultimement, cette responsabilité revenait à la Ville, estime-t-elle.

Mais la construction de logements ne relève pas des municipalités non plus, selon Jill Beer, qui était mairesse au moment où la Ville d’Espanola a décidé de ne pas s’impliquer dans le dossier.

C’était une décision difficile, confie Mme Beer. On sait qu’il y a de grands besoins en matière de logement dans notre communauté.

Mais notre conseil municipal ne voulait pas devenir responsable de cette bâtisse en attendant qu’un développeur se manifeste, explique-t-elle.

« Convertir ces locaux en appartements est un projet qui aurait exigé trop de ressources et la Ville n’en a pas les moyens. »

— Une citation de  Jill Beer, ancienne mairesse d'Espanola

Heather Malott siégeait également au conseil municipal lorsque la Ville a décidé de ne pas retarder les travaux de démolition.

C’est vraiment triste. Pendant un moment, il semblait qu’on réussirait à éviter la chose. Mais il y avait toujours des obstacles, surtout quand on a appris qu’il y avait de la moisissure dans les murs. Ça a refroidi certaines personnes, se désole-t-elle.

Une enseigne à l'entrée de l'école.

En raison d'un faible taux d'inscription, l'école élémentaire A.B. Ellis a déménagé dans les locaux de l'école secondaire d'Espanola en 2014.

Photo : Radio-Canada / Aya Dufour

C'est le genre de problème qui peut être géré, mais l'idée de construire un stationnement est simplement devenue plus alléchante, conclut Mme Malott.

Elle note qu’ailleurs dans le nord de l’Ontario, comme dans les villes de Webbwood, Mindemoya et Sudbury, des groupes ont réussi à convertir des écoles abandonnées en logements.

Espanola vient de rater une belle occasion, estime cette ancienne conseillère municipale. Mais ce problème de manques de ressources, c'est quelque chose qui illustre les enjeux liés à la construction de logements dans le Nord de l'Ontario.

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