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Don de sang : Héma-Québec accepte les donneurs homosexuels

Un homme fait un don de sang.

Héma-Québec fait valoir une nouvelle évaluation sur une base individuelle plutôt que sur l’appartenance à un groupe considéré à risque.

Photo : iStock

Radio-Canada

Quelques mois après les autres provinces, Héma-Québec lève une autre barrière discriminatoire. À partir de dimanche, les hommes qui ont des relations avec des hommes peuvent donner du sang au Québec sans avoir à justifier d’une période d’abstinence dans la plupart des cas.

L’homosexualité ne constitue donc plus un critère qui entraîne l’exclusion du don de sang, un changement d’approche et de mentalité majeur que l’organisme justifie, sur son site Internet, par l’évolution des connaissances épidémiologiques ainsi que [par] des preuves scientifiques [soutenant] ces changements.

L'admissibilité du donneur – quels que soient son sexe, son genre ou son orientation sexuelle – sera désormais fondée sur une évaluation individualisée des comportements à risque plutôt que sur l’appartenance à un groupe considéré à risque.

Avant, ce qui déterminait l’admissibilité ou non au don de sang, c’était l’appartenance à un groupe à risque [...] où la prévalence est plus importante pour le VIH, l’hépatite B ou C, a expliqué Laurent Paul Ménard, le porte-parole d’Héma-Québec, en entrevue à ICI RDI.

« L’objectif est de maintenir le même très haut niveau de sûreté des produits sanguins tout en étant davantage inclusifs. »

— Une citation de  Héma-Québec

L'organisme de dons, qui n’acceptait pour l’heure que le plasma sanguin des hommes homosexuels et non leur sang, rappelle que tous les dons sont testés pour détecter d’éventuelles infections avant de les envoyer aux hôpitaux.

Les personnes qui déclareront toutefois avoir un nouveau partenaire sexuel depuis moins de trois mois, ou encore plusieurs partenaires, devront répondre à des questions supplémentaires avant de pouvoir donner leur sang.

À la veille des vacances de Noël, période critique pour les stocks de dons biologiques, prévient M. Ménard, Héma-Québec espère attirer 2000 nouveaux donneurs mensuels.

Les résultats observés au Royaume-Uni, qui applique une approche similaire depuis juin 2021, ne se sont toutefois pas accompagnés d'une augmentation substantielle de dons de personnes issues de la diversité sexuelle, a nuancé le porte-parole d'Héma-Québec.

Par étapes

En avril, Santé Canada a approuvé la demande de la Société canadienne du sang d’éliminer la période d’exclusion de trois mois du don de sang pour les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Québec restait la dernière province au Canada à donner le feu vert au don de sang des personnes homosexuelles.

Héma-Québec y est allé par étapes et une des étapes qui étaient importantes pour nous, c’était la consultation des groupes de receveurs, a justifié Laurent Paul Ménard en rappelant le long processus fédéral pour rendre le système de don de sang plus inclusif au pays.

Le Canada a adopté une interdiction à vie pour les hommes homosexuels en 1992. Puis, en 2013, il a permis les dons de sang des hommes qui s'abstiennent d’avoir des relations sexuelles avec un autre homme pendant au moins cinq ans. Ce délai a été réduit à un an en 2016, puis à trois mois en 2019.

Cette année, Santé Canada a également étendu l’utilisation d’un questionnaire non genré à tous les types de dons de sang.

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