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Pâte de cellulose à l’usine Fortress : « Ce projet-là, il n’est plus sur la table »

Plan large de l'entrée de l'usine tôt le matin.

L'usine Fortress à Thurso a arrêté sa production de pâte de cellulose à l'automne 2019 en raison du faible prix de la cellulose sur les marchés. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Plus de trois ans après l’arrêt de la production de pâte de cellulose à l’usine Fortress de Thurso, l’idée de relancer ce type d’activités à la papetière « n’est plus sur la table », affirme le ministre Pierre Fitzgibbon, concrétisant ainsi l’un des scénarios envisagés par Québec pour l’avenir de la papetière.

L'usine Fortress de Thurso a cessé de fabriquer de la pâte de cellulose en 2019, en raison de la situation du marché à l’époque. Ce qui devait être une mesure temporaire de quelques mois perdure désormais depuis plus de trois ans.

En attendant de trouver un repreneur sérieux pour la papetière, Québec a injecté des millions de dollars pour entretenir les installations de l’usine Fortress. Cette dernière sert actuellement de lieu de traitement des eaux usées de Thurso.

En entrevue à Radio-Canada, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie du Québec, Pierre Fitzgibbon, soutient que son équipe et lui ont essayé très fort depuis deux ans de trouver un repreneur pour redémarrer la production de pâte à Thurso.

Il poursuit en disant que, malheureusement, on a conclu il y a quelques semaines que ça va être impossible.

« Je veux rassurer tous les gens de Thurso : il n'y aura aucun enjeu. Peu importe la décision qui va être prise, une transition va être faite. Je veux rassurer tout le monde que les eaux usées vont être traitées. »

— Une citation de  Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie du Québec

Moi aussi, j'aurais aimé voir une usine de pâtes, mais il faut accepter qu'après deux ans, il n'y a aucun repreneur. Il y a eu un repreneur qui nous a demandé d'investir beaucoup d'argent, ce que je ne suis pas prêt à faire en raison de l’état actuel du marché de la pâte de cellulose, affirme le ministre.

« Honnêtement, je pense que ce n'est pas réaliste de penser que les Québécois vont investir dans une usine de pâte. Cela a été essayé à plusieurs reprises sans succès. »

— Une citation de  Pierre Fitzgibbon

Plus tôt cette année, le ministre Fitzgibbon avait aussi soulevé qu’il serait plus logique, selon lui, que la papetière se trouve une nouvelle vocation, plutôt que de replonger dans sa traditionnelle production de pâte de cellulose.

Par contre, sans être trop jovialiste, je pense qu'une vocation de bioénergie fait beaucoup plus de sens, avance-t-il.

La bioénergie et ses dérivés dans les cartons

Le ministre québécois de l'Énergie est sans équivoque : Considérant les enjeux énergétiques, la transition énergétique qui est requise, [...] pouvoir, peut-être, produire des granules ou du biochar qui vont aider à la décarbonation, évidemment, ce sont des projets qui sont très porteurs.

Des joueurs du secteur de la bioénergie ont déjà signalé leur intérêt pour s’impliquer dans un tel projet de transformation. Ce qu'on a dans les cartons présentement, ce sont des groupes – deux, trois groupes et un quatrième – qui regardent tout le côté bioénergie, indique Pierre Fitzgibbon.

Le ministre se donne six mois, soit jusqu’à la fin de juin 2023, pour conclure une transaction en ce sens pour l’usine Fortress. Si, après six mois, on ne réussit pas, au moins on aura essayé, puis on verra d'autres alternatives pour s'assurer que les emplois en région pour l'opération forestière puissent continuer, déclare-t-il.

Cette transformation amènerait également son lot de changements en ce qui concerne le nombre d’employés œuvrant dans les installations de Thurso, concède le ministre de l’Énergie.

Je pense qu'à terme, il y aurait moins d'employés dans l'opération de granules qu'il n'y avait dans l'usine de pâte, mais quand même, tous les emplois indirects pourraient être maintenus, croit M. Fitzgibbon.

Déception et nouvelle occasion

Apprenant la nouvelle dans les médias, le maire de Thurso, Benoit Lauzon, ne cache pas sa déception et son incompréhension face à ce revirement du gouvernement.

Dans le passé, il y a peut-être deux ans, il y a des projets d'usine de granules qui ont été déposés pour le site de la papetière. Ils avaient été refusés à ce moment-là. Maintenant, la vision change : on va essayer de comprendre pourquoi, lance M. Lauzon.

Le maire espère encore sauver la papetière, et ses quelque 300 emplois, en parallèle des nouveaux projets.

On va faire valoir nos points à M. Fitzgibbon, assure M. Lauzon.

Un homme face à la caméra.

Benoit Lauzon, maire de Thurso.

Photo : Radio-Canada

Parmi les repreneurs potentiels, une entreprise montréalaise propose la transformation des lieux pour relancer la production électrique et construire, dans un premier temps, une usine de granules à partir de résidus de bois.

On va avoir des gens qui vont travailler à la centrale et d'autres à l'usine de granules. C'est pas aussi intense au niveau du nombre d'heures qu'une papetière, mais c'est surtout de créer un pôle pour l'industrie forestière. Ça, c'est vraiment au niveau municipal, local. Je pense que c'est ça qui est vraiment clé, commente Pierre Plante, président-directeur général de l'entreprise Plant-E.

Avec les informations de Nelly Albérola et Alexandra Angers

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