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L’Ontario n’en fait pas assez contre les inondations, selon la vérificatrice générale

Des véhicules tentent de circuler dans une rue inondée.

De fortes pluies ont inondé la rue Scarlett à l'intersection d'East Drive à Toronto en juillet 2020. (archives)

Photo : Andrea Bellemare/CBC

Radio-Canada

Selon le rapport 2022 de la vérificatrice générale, Bonnie Lysyk, la province n’en fait pas assez pour prévenir les inondations en milieu urbain alors que ces problèmes pourraient devenir de plus en plus fréquents à l’avenir.

Le rapport de Mme Lysyk pointe le fait que la province n’a pas clarifié son engagement vis-à-vis de cette question et n’a pas soutenu adéquatement les municipalités pour y faire face.

Elle ajoute qu’il ne s’agit pas seulement d’un problème qui concerne les 3 % d’Ontariens qui vivent près des rivières.

Tous les Ontariens qui vivent en ville, dans des villages et dans de petites communautés peuvent être touchés par des inondations, indique-t-elle tout en ajoutant que le coût de ne pas anticiper ce risque pourrait s'avérer élevé.

Elle recommande de mettre à jour le code du bâtiment, d’améliorer la cartographie des zones à risque et de mieux protéger les espaces naturels, notamment les terres humides.

Comprendre la cartographie des zones inondables

Bonnie Lysyk estime qu’il y a un écart entre la cartographie des zones inondables de la province et la capacité des municipalités à se préparer en vue des inondations.

Cynthia Wilkey est la coprésidente du comité de West Don Lands. Elle estime que même à Toronto, cette anticipation des risques est nécessaire. Elle explique qu’il y a une dizaine d'années, le centre-ville était à risque face aux inondations de la rivière Don. Des groupes de pression ont permis de créer un plan de protection des rives à l’ouest de la rivière.

« Ça n’a pas été facile de faire comprendre aux gens que c’était nécessaire. Ça coûte de l’argent de le faire, mais ça a protégé des milliards de dollars [d'infrastructures dans] le secteur immobilier, sans compter les vies humaines. »

— Une citation de  Cynthia Wilkey, coprésidente du comité de West Don Lands

Si vous ne planifiez pas, il peut y avoir de terribles et tragiques conséquences, insiste-t-elle.

Elle ajoute que cela peut aussi permettre de créer des possibilités en matière de développement. Les travaux de protection sur la rive est de la rivière Don, notamment la dérivation de la rivière, ont ainsi permis de débloquer de nouveaux terrains dans les Portlands qui, autrement, auraient été en zone inondable.

Un porte-parole du ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs indique par message que, bien qu'une part importante de ces travaux de gestion des inondations incombe aux municipalités, le gouvernement provincial est prêt à aider.

Le ministère dit contribuer à hauteur de 25 millions de dollars pour des infrastructures de gestion des eaux pluviales et mener des évaluations à l’échelle provinciale en ce qui concerne les changements climatiques.

Lors d’une conférence de presse vendredi, Doug Ford a indiqué qu’il n'y aurait pas de construction dans les sections inondables de la Ceinture de verdure même si sa nouvelle loi le permettrait.

Toutefois, selon le rapport de la vérificatrice générale, les municipalités, tant les grandes que les petites, bénéficieraient à avoir un soutien financier plus important et centralisé en la matière.

Mark Winfield, un professeur en changements environnementaux et urbains à l’Université York, à Toronto, affirme que la province va maintenant faire face à un nouveau défi pour s’assurer que son plan contre les inondations est fait correctement alors que le projet de loi 23 diminue aussi l’autorité des offices de protection de la nature.

Les offices de protection sont un peu nos armes secrètes en la matière. Elles ont déjà permis de donner de l'avance à l'Ontario dans ce dossier, explique-t-il. Nous devons nous assurer qu’ils ont les outils et les ressources nécessaires pour relever ce défi.

Meilleure protection des terres humides

L'audit de la vérificatrice générale montre qu’au cours des 20 dernières années, le pourcentage de zones urbaines considérées comme vertes a décliné de 94 % dans les larges et moyens centres urbains de la province.

Il précise également qu’aucune stratégie provinciale n’existe pour conserver les zones humides, particulièrement depuis que les cibles ont été revues à la baisse par le gouvernement, en 2018, même si le sud de la province a perdu en moyenne 1825 hectares de terres humides par an.

Mark Winfield précise que ces terres et autres surfaces perméables sont essentielles pour contrôler les inondations.

Mettre à jour le code du bâtiment

Le rapport de la vérificatrice générale indique aussi que de nombreux nouveaux propriétaires de maison ne sont pas protégés contre les reflux d'égouts en raison d’une législation vague de la province en ce qui concerne les valves de non-retour.

Une valve de non-retour coûte environ 250 $ à installer lors de la construction d’une maison neuve, alors que cela coûte des milliers de dollars pour en ajouter une lors de rénovations, écrit Bonnie Lysyk dans le rapport.

Elle ajoute que les dégâts d’une maison inondée coûtent plus de 40 000 $ en réparations.

Elle recommande un changement au code du bâtiment pour rendre obligatoire l’installation d’un tel dispositif lors de la construction des maisons.

Avec les informations de Clara Pasieka

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