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Plafonnement du prix du pétrole russe : insuffisant pour Kiev, rejeté par Moscou

Le président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky, devant le drapeau de l'Ukraine.

Le président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky

Photo : Getty Images / John Moore

Agence France-Presse

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a jugé insuffisant samedi le plafonnement du prix du baril de pétrole russe à 60 $, décidé la veille par les pays de l'Union européenne (UE), par ceux du G7 et par l'Australie, en disant estimer qu'il ne s'agit pas d'une « décision sérieuse ». Kiev suggère un prix deux fois plus bas.

La Russie a quant à elle affirmé qu'elle n'acceptera pas ce plafonnement qui doit être mis en œuvre dans les prochains jours pour limiter les moyens financiers de Moscou dans son invasion de l'Ukraine.

Le cours du baril de pétrole russe (brut de l'Oural) évolue actuellement autour de 65 $, soit à peine plus que le plafond européen, ce qui implique donc un impact limité à court terme.

L'Ukraine modifie sa position

Dans la matinée, Kiev s'était pourtant satisfait d'un tel mécanisme contraignant, voulant croire tôt ou tard à la destruction de l'économie russe sous le poids des sanctions internationales.

Deux femmes s'étreignent devant un soldat qui déballe un colis de la Croix-Rouge.

Le temps froid s'est installé en Ukraine alors que la population doit vivre avec une alimentation électrique intermittente et compter sur l'aide de la Croix-Rouge pour survivre. (Archives)

Photo : AP / Andriy Andriyenko

Il aurait fallu abaisser [le prix plafond] à 30 $ pour détruire [l'économie russe] encore plus rapidement, avait toutefois précisé le chef de cabinet de la présidence ukrainienne, Andriï Iermak.

Toutefois, en soirée, le président Zelensky a adopté une position nettement plus critique envers les Occidentaux.

Ce n'est pas une décision sérieuse de fixer une telle limite pour les prix russes, ce qui est tout à fait confortable pour le budget de l'État terroriste, a-t-il affirmé, selon les services de la présidence.

La Russie a déjà causé des pertes colossales à tous les pays du monde en déstabilisant délibérément le marché de l'énergie. Et le monde n'ose pas procéder à un véritable désarmement énergétique de Moscou, a-t-il regretté. C'est une position faible, a-t-il martelé.

La Russie riposte et interrompra certaines livraisons

Ce plafonnement a été critiqué à Kiev et rejeté par Moscou. Nous n'accepterons pas ce plafond, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par les agences russes, alors que Moscou avait déjà prévenu qu'il ne livrerait plus de pétrole aux pays qui adopteraient cette mesure.

Dans cette première réaction de Moscou, M. Peskov a toutefois affirmé que la Russie s'était préparée en amont pour un tel plafond, sans donner plus de détails.

L'Occident s'attaque au nerf de la guerre en Ukraine : les pétrodollars russes. Puisque la Russie dépend du transport maritime de l'Ouest, le prix de son pétrole ne pourra dépasser la barre des 60 dollars le baril. La Pologne s'est finalement ralliée. Reportage de Jean-Philippe Hughes

Vendredi, les 27 pays de l'UE, le G7 et l'Australie s'étaient mis d'accord sur un prix maximum de 60 dollars américains pour le [baril de] pétrole brut d'origine russe transporté par voie maritime, selon les termes d'un communiqué commun.

Le mécanisme entrera en vigueur lundi ou très peu de temps après, ont précisé le G7 et l'Australie. C'est aussi ce jour-là que débute l'embargo de l'UE sur le pétrole russe acheminé par voie maritime, qui va déjà supprimer les deux tiers de ses achats de brut à la Russie.

Ainsi, seul le pétrole vendu par Moscou à un prix égal ou inférieur à 60 $ pourra continuer à être livré. Au-delà de ce plafond, il sera interdit pour les entreprises de fournir les services qui permettent le transport maritime (fret, assurance, etc.).

L'Allemagne et la Pologne ayant par ailleurs décidé d'arrêter leurs livraisons par oléoduc d'ici la fin de l'année, en plus de l'embargo européen, les importations russes totales seront touchées à plus de 90 %, selon les Européens.

Poutine se rendra dans le Donbass

Le Kremlin a également déclaré samedi que Vladimir Poutine ira en temps voulu dans le Donbass, cette zone dans l'est de l'Ukraine qu'il a annexée fin septembre sans toutefois que son armée la contrôle entièrement.

Quant à elles, les autorités ukrainiennes ont de nouveau exhorté les civils à tenir bon malgré des conditions de vie qui se détériorent.

Plusieurs fois par jour, les coupures de courant plongent des millions d'Ukrainiens dans le noir, sans compter le froid qui s'installe dans les foyers.

Les températures dans certaines régions avoisinent ces derniers jours les -5° C et la température ressentie peut être encore plus basse.

Il faut tenir, a lancé à la télévision ukrainienne le gouverneur de la région de Mykolaïv, dans le sud, Vitaliï Kim.

Par contre, à Kherson, aussi dans le sud, les réseaux électriques, qui étaient hors d'usage à cause des bombardements ennemis, sont de nouveau reliés et 75 % de Kherson a de nouveau de l'électricité, s'est félicité le chef de l'administration régionale Iaroslav Ianouchevytch.

Les combats continuent

Sur le terrain, les combats sont durs dans l'est du pays, car les Russes ont eu le temps de se préparer aux attaques des troupes de Kiev, a affirmé le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï.

Selon un bulletin de la présidence ukrainienne, la situation est aussi difficile près de Bakhmout, une ville de la région de Donetsk que les Russes tentent en vain de conquérir depuis l'été.

Ces derniers jours, la bataille autour de Bakhmout a pris une importance d'autant plus symbolique pour Moscou que sa conquête surviendrait après une série d'humiliantes défaites avec les retraites de Kharkiv en septembre et de Kherson en novembre.

Le président français Emmanuel Macron a quant à lui annoncé qu'il parlera prochainement avec Vladimir Poutine sur les questions de sécurité autour du nucléaire civil en Ukraine après un entretien prévu dimanche avec le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Vladimir Poutine (à gauche) est assis au bout d'une longue table blanche devant Emmanuel Macron (à droite). Ce somptueux décor est celui d'une salle du palais du Kremlin, à Moscou.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé qu'il allait bientôt s'entretenir avec le président de la Russie, Vladimir Poutine. Les deux hommes se sont déjà rencontrés à plusieurs reprises. (Archives)

Photo : Associated Press / Sputnik, Kremlin Pool

Ce plafonnement contribuera à stabiliser les marchés mondiaux de l'énergie [...] et bénéficiera directement aux économies émergentes et aux pays en développement puisque le pétrole russe pourra leur être livré à des prix inférieurs au plafond, a au contraire assuré sur Twitter la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Ursula von der Leyen.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne (Archives)

Photo : Associated Press / Olivier Hoslet

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