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Benoit Charette veut atteindre ses cibles sans faire trop mal aux Québécois

Le ministre de l'Environnement compte profiter de la COP15 pour faire des annonces sur la biodiversité, notamment la protection de 11 espèces florales supplémentaires et une vingtaine d’espèces fauniques.

L'animateur Daniel Thibeault debout devant un écran où apparaît le ministre Charette.

Le ministre Benoit Charette, en entrevue aux « Coulisses du pouvoir »

Photo : Radio-Canada

Micheline Laflamme

Le premier ministre François Legault a déclaré dans son discours d’ouverture, mercredi à l’Assemblée nationale, qu’il souhaite que le Québec devienne l’une des premières administrations du monde à atteindre la carboneutralité.

Il s’agit là d’un projet ambitieux, certains diront même inatteignable, puisque la province a pris du retard en vue d'atteindre les cibles qu’elle s’était fixées pour 2020. De plus, elle n’a trouvé que la moitié des mesures à préconiser pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 37,5 % par rapport au niveau de 1990 d’ici 2030.

Je ne vous le cacherai pas, on a un gros défi. On a une côte assez abrupte à monter, a admis le ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Benoit Charette, dans une entrevue accordée aux Coulisses du pouvoir.

Les émissions de GES au Québec augmentent depuis plusieurs années. Elles s’élevaient à 84,3 mégatonnes l’année dernière. Avec les données de 2020 qui seront dévoilées dans quelques jours, Benoit Charette aura un tableau plus précis pour annoncer de nouvelles mesures au printemps.

« Lorsqu'on a lancé le plan pour une économie verte, il y a un petit peu plus de deux ans, on avait identifié 42 % du travail à réaliser. [...] Donc l'objectif, c'est d'augmenter et d'ajouter des pourcentages chaque année pour être à 100 %. »

— Une citation de  Benoit Charette, ministre québécois de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Le ministre de l’Environnement reconnaît que des changements de comportement seront requis de la part des citoyens et des sociétés, mais au cours de l’entrevue, il s'est bien gardé d’évoquer quelque contrainte que ce soit.

Le gouvernement Legault ne cache pas qu’il mise sur l’électrification des entreprises et des transports. Il veut d’ailleurs renforcer la norme des véhicules zéro émission.

Ça veut dire qu'il y a des obligations, notamment pour les constructeurs, de rendre disponibles davantage de véhicules électriques dans des délais raisonnables, a expliqué le ministre Charette.

Il rejette pour le moment tout recours à l’imposition d’une taxe à l’achat d'une voiture énergivore, comme le prônaient ses adversaires de Québec solidaire en campagne électorale. Les fonctionnaires de l’ancien ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles étudient pourtant cette option, de même que l’imposition d’une taxe kilométrique qui viendrait remplacer la taxe sur l’essence servant en partie à payer les coûts d’infrastructure.

Benoit Charette estime que de telles contraintes auraient un effet dissuasif sur la population. Si on les démobilise avec des coups de règle sur les doigts, moi je n'arriverai pas à mobiliser toute la société pour que l'on puisse regarder dans une même direction, dit-il.

Illustration d'un

Formation des députés

Les députés de l’Assemblée nationale auront droit au début de 2023 à une formation sur les changements climatiques offerte par le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, et l’organisme Ouranos. La motion présentée vendredi par le ministre de l’Environnement a été adoptée à l’unanimité.

Les enjeux liés aux changements climatiques, à la protection de l'environnement, prennent de plus en plus de place, et les élus se doivent d'avoir un minimum d'informations à ce sujet-là pour prendre ultimement des décisions qui soient éclairées, a signalé M. Charette.

COP15 sur la biodiversité

Montréal accueillera à compter de mercredi la conférence de l’ONU sur la biodiversité. Des milliers de représentants des pays du monde entier chercheront à établir un plan décennal pour notamment protéger 30 % des zones terrestres et marines à l’échelle mondiale et restaurer au moins 20 % des écosystèmes dégradés.

Le Québec n’a pas mis sa liste d’espèces menacées à jour depuis 2009. Et le comité chargé de faire des recommandations n’a pas été consulté par le gouvernement depuis cinq ans.

Le ministre Charette l’admet, mais rétorque qu’il profitera de l’événement international pour faire des annonces à ce sujet. En entrevue à l'émission Feu vert, il a précisé que 11 espèces florales supplémentaires seraient protégées et une vingtaine d'espèces fauniques.

La protection de la biodiversité est une facette importante de la protection de la planète à ses yeux.

« C'est beaucoup à travers la nature qu'on va réussir aussi, que ce soit à capter du carbone, que ce soit à mettre en place des éléments qui luttent efficacement contre les changements climatiques. »

— Une citation de  Benoit Charette, ministre québécois de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

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