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À Vancouver, le Recovery Café soigne les dépendances grâce à une communauté solidaire

La devanture du Recovery Café.

L'endroit est le premier de ce type au Canada, selon ses fondateurs, et il est inspiré d'un modèle américain. Il y en a 48 aux États-Unis.

Photo : Radio-Canada / Catherine Dib

Après un an à exister sans lieu fixe, le Recovery Café a officiellement des locaux à Vancouver. Le centre est le premier de son genre au pays, selon ses fondateurs, et sa création a pour but de combler un manque dans l’offre de services dans la lutte contre les dépendances à Vancouver.

Géré par la Kettle Society, un organisme à but non lucratif, le centre est axé sur les liens de confiance que les membres forment entre eux, leur permettant de créer une communauté, notamment durant les rencontres hebdomadaires en groupe.

Quand tu te joins à un cercle, tu vois les 10 mêmes personnes, régulièrement, donc, semaine après semaine, tu t’ouvres plus aux autres, tu leur fais plus confiance, explique la responsable en santé mentale du centre, Ruth Fleming. On est orienté vers l’hospitalité radicale.

Des gens debout qui rient.

Les membres du Recovery Café ont trouvé une communauté en fréquentant les lieux.

Photo : Radio-Canada / Catherine Dib

Ce sentiment est partagé par des membres du Recovery Café. Pour moi, qui me remets d’une dépendance et qui vivais dans la honte, la culpabilité et les regrets, qui a eu plusieurs rechutes, avoir des gens qui m’aiment et qui me permettent de mieux m’aimer, c’est crucial pour mon rétablissement, explique Katherine, qui fait partie du programme depuis trois mois. Si je n’ai pas ça, je m'autodétruis.

Ne pouvant plus compter sur sa famille biologique, elle se dit heureuse d’avoir trouvé un réseau de soutien.

Un homme utilisant une machine à expressos.

Wendell Mann se charge habituellement de préparer les cafés et les espressos au Recovery Café. Tous les membres ont des tâches à faire pour pouvoir continuer à fréquenter les lieux.

Photo : Radio-Canada / Catherine Dib

Un autre membre, Wendell Mann, évoque les bienfaits de ce nouveau sentiment d’appartenance à une communauté. C’est un endroit où tu as une voix, tu peux partager, tu ne te sens pas jugé, souligne-t-il. Je craignais une approche très ''clinique'', où l'on t'assoit et où l'on t’oblige à parler de ceci ou de cela, mais c’était totalement autre chose.

« Ils font ressortir des aspects de ma personne que je ne connaissais pas. Ça me bouleverse de me sentir "normal", mais être normal, c'est fantastique pour moi. »

— Une citation de  Wendell Mann, membre du Recovery Café

Pour le Texan arrivé à Vancouver en 2011 et qui est en voie de rétablissement d’une dépendance, l’attention personnalisée qu’il peut recevoir fait toute une différence pour se sentir entendu et apprécié.

Se distinguer de l’offre déjà existante

Pour devenir membre, il faut participer aux rencontres hebdomadaires et à l’entretien des lieux, que ce soit en nettoyant les surfaces ou en s’occupant du compost, ce qui contribue au sentiment de communauté, selon le gérant, Damien Murphy.

Pour venir au centre, il faut également être sobre depuis au moins 24 heures. Nous ne sommes pas aussi stricts que d’autres endroits pour le fonctionnement et pour devenir membre, précise Ruth Fleming.

À ses yeux, le modèle se distingue aussi par la façon dont les rencontres hebdomadaires fonctionnent : Le partage est beaucoup plus intentionnel dans le cercle, on n’est pas en mode : "Bonjour, je m’appelle un tel et je suis alcoolique", mais on axe plutôt la discussion sur les défis ainsi que sur les éléments positifs de la semaine.

Deux femmes discutant debout dans une salle.

L'approche du Recovery Café est axée sur des cercles de discussion qui permettent aux participants de former des liens entre eux rencontre après rencontre. Ruth Fleming (à gauche) accompagne les participants durant ces rencontres.

Photo : Radio-Canada / Catherine Dib

Le Recovery Café, situé rue Clark, est inspiré d’un modèle américain qui a fait ses preuves, selon les employés. Des membres de l’équipe ont même été déployés dans un centre à Seattle durant quelques semaines pour être formés et rapporter les façons de fonctionner à Vancouver.

Pour le moment, le Recovery Café est ouvert cinq jours par semaine, mais l'équipe actuelle de trois personnes espère pouvoir se développer afin d'offrir plus de services et embaucher plus d’employés.

Actuellement, 50 membres fréquentent les lieux, mais le centre espère doubler ce nombre l’an prochain et voudrait être en mesure d'accueillir 300 membres d'ici quelques années.

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