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Chefferie du NPD : l’heure tourne, Marit Stiles aura-t-elle des concurrents?

Marit Stiles, debout devant un micro, à Queen's Park.

La députée de Davenport, Marit Stiles, a annoncé sa candidature en septembre dernier.

Photo : Radio-Canada

Les candidats à la chefferie du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l'Ontario ne se bousculent pas au portillon. À quelques jours de la date limite pour entrer dans la course, la députée Marit Stiles demeure la seule inscrite.

Le parti s'attire même les railleries du gouvernement Ford. Personne ne s'intéresse à leur course au leadership, personne ne s'intéresse à leurs politiques, a récemment lancé en chambre le ministre des Affaires municipales et du Logement, Steve Clark.

Les membres en règle du NPD qui voudraient briguer la direction ont jusqu’au lundi 5 décembre pour s’inscrire et doivent faire un dépôt de 55 000 dollars pour officialiser leur candidature. Ils doivent également recueillir 100 signatures au sein du parti.

Interrogé cette semaine sur le manque d’engouement pour la course, le chef intérimaire Peter Tabuns n’a pas voulu se prononcer. Il vous faudra demander aux gens, je ne veux pas spéculer. Il avoue qu’il préférerait voir une course à plusieurs, un souhait partagé par Marit Stiles, qui espère un débat d’idées.

Mais mon équipe et moi demeurons concentrées sur l’autre course à venir : il s’agit de bâtir notre mouvement pour défaire le gouvernement Ford en 2026, a-t-elle répété aux journalistes à Queen’s Park.

En date de vendredi, la députée de Davenport avait reçu l'appui de huit membres du caucus néo-démocrate, et de deux importants syndicats : le syndicat des Métallos et ATU, qui représente des travailleurs dans le secteur des transports en commun.

Aux dernières nouvelles, quelques-uns de ses collègues réfléchissaient encore à l'idée de se lancer, dont Sol Mamakwa, Chris Glover et Wayne Gates. M. Gates, député de Niagara Falls, a annoncé vendredi après-midi sur Twitter qu’il ne serait finalement pas candidat.

Image du parti?

Pour Peter Graefe, professeur au département de sciences politiques de l’Université McMaster, ce peu d’intérêt peut envoyer un reflet négatif. Ça donne une certaine image qu’il n’y a pas de gros débats et qu’il y a peut-être une certaine pénurie de talents qui pourraient prendre ce poste de chef.

« Ça n’aide pas le parti de ne pas avoir ce genre de course, au niveau de sa visibilité publique. »

— Une citation de  Peter Graefe

Mais le fait d’être le chef d’un parti d’opposition en Ontario, c’est peut-être l’un des emplois les plus ingrats dans la province, reconnaît-il aussi.

George Soule, stratège néo-démocrate, juge pour sa part qu'une candidature unique démontre une certaine cohésion.

Qu’est-ce qu’on dirait d’un parti qui cherche du monde juste pour s’attaquer ou pour se présenter sans l’intérêt de gagner? Moi, si on me demandait, je ne voudrais pas me présenter contre quelqu’un qui, je pense, va être un bon chef de parti.

Il ne croit pas par ailleurs que les règles de la course – en particulier sur le financement de la campagne – aient été dissuasives; au contraire, cela garantit que les candidats sont sérieux : on veut quelqu’un qui soit vraiment impliqué.

Être chef représente un engagement considérable, renchérit Kim Wright, stratège chez Wright Strategies. C’est bien plus que d’aller à la période de questions et de donner des entrevues. C’est beaucoup plus difficile que ce que beaucoup de candidats potentiels, qui tâtaient le terrain au début du processus, étaient prêts à [accepter].

Parler aux régions

Peu importe qui devient chef, son premier défi sera de rallier toutes les régions de la province, concluent ces observateurs.

Moi, je viens du Nord de l’Ontario, donc quelqu’un qui comprend les différences hors de Toronto, ça va être important. Aussi, quelqu’un qui peut unir le monde derrière un seul but, pour gagner comme Doug Ford. Tu peux dire beaucoup de choses à propos de lui, mais ce qui est clair, c’est qu’il est capable comme politicien, note George Soule.

Si c'est à Marit Stiles que revient ce poste, elle devra se faire voir davantage auprès du grand public, poursuit Peter Graefe. Elle a eu un poste comme conseillère scolaire à Toronto, elle a quand même eu des postes importants lors de la dernière session parlementaire entre 2018 et 2022, a été à la présidence du NPD fédéral aussi. Donc, c’est quelqu’un qui a pu avoir des succès, mais qui n’est pas très bien connue des Ontariens.

Le NPD organise cette course à la direction pour succéder à Andrea Horwath, qui était à la tête du parti depuis 2009 et qui a démissionné le soir des élections provinciales en juin. Elle est entretemps devenue mairesse de Hamilton.

Sous Andrea Horwath, en 2018, le NPD a réalisé son meilleur score depuis l’époque de Bob Rae et est ainsi devenu l’opposition officielle à Queen’s Park. Le parti a conservé ce statut à l'issue des élections de 2022, avec toutefois moins de sièges.

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