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Voici pourquoi les alertes de froid extrême diffèrent d’une province à une autre

Une femme avec une tuque glacée et de la glace sur ses cils.

Le froid extrême met le corps humain à rude épreuve. Il peut provoquer des engelures, des hypothermies et des crises cardiaques.

Photo : Reuters / Eric Miller

Sofiane Assous

Le seuil de température susceptible de déclencher une alerte de froid extrême diffère d'une province à une autre au Canada, et cela n’a rien à voir avec la robustesse des personnes qui y vivent.

En Alberta, le seuil d'alerte de froid extrême est fixé à une température de -40 °C ou à un refroidissement éolien de -40, alors que le chiffre de référence est -30 au sud de l'Ontario et -50 au Yukon et dans l'extrême nord-est du Manitoba.

Selon Natalie Hasell, météorologue de sensibilisation aux alertes à Environnement et Changement climatique Canada, les seuils sont fixés selon la climatologie de chaque région, c'est-à-dire, des conditions météorologiques moyennes et extrêmes sur une longue période, combinée aux études faites sur l'incidence du froid extrême sur la population.

Certaines régions vont avoir des conditions de froid plus ou moins souvent. Au Grand Nord du pays, par exemple, on voit que le seuil est beaucoup plus froid, on va émettre une alerte à -45 °C, à -50 °C ou même à -55 °C, affirme Natalie Hasell.

À l'inverse, au sud de l'Ontario, leur seuil est fixé à -30 °C, parce que le -40 °C n'arrive pas assez souvent, et les gens ne sont pas acclimatés au froid extrême, alors on émet les alertes à des températures ou des indices de refroidissement éolien moins sévères, précise la météorologue.

Une personne sans abri assise dehors en hiver

Selon la météorologue Natalie Hasell, les seuils d'alerte sont fixés en prenant aussi en considération les études faites dans chaque région du pays quant à l’incidence du froid sur la population.

Photo : Radio-Canada / Rob Kruk

L'importance du message d’alerte

Le froid extrême met le corps humain à rude épreuve. Il peut provoquer des engelures, des hypothermies et des crises cardiaques. Les messages d’alerte sont émis pour avertir la population sur les risques encourus en cas d’exposition au froid extrême.

La météorologue indique qu’un seuil d’alerte plus bas ne veut pas dire que les personnes qui vivent dans cette région tolèrent mieux le froid.

Ce n'est pas parce que les gens sont plus robustes au Grand Nord. Ils souffrent tout à fait pareillement du froid et des risques associés, dit Natalie Hasell.

« Si on émettait une alerte à -40 °C dans le Grand Nord, on aurait des alertes presque tous les jours. »

— Une citation de  Natalie Hasell, Environnement et Changement climatique Canada

La fréquence des messages d’alerte est donc un facteur pris en considération pour fixer les seuils à travers les régions.

En Alberta, un -30 °C, c'est quelque chose qui arrive assez souvent. Si on mettait le seuil à ce niveau, il y aurait des alertes trop souvent, et les gens n'entendraient pas le message quand c'est un risque très élevé, avertit l’experte.

La respiration d'un patineur fait des traînées de condensation derrière lui.

Un homme patine sur le canal Rideau à Ottawa alors qu'un avertissement de froid extrême est en vigueur, en février 2016.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Incidences sur la population

Selon Natalie Hasell, les études faites dans chaque région du pays, notamment celles relatives à l’incidence du froid extrême sur la population, contribuent à déterminer les seuils d'alerte.

C'est associé non seulement à la climatologie, mais aussi à des études de mortalité et de morbidité, indique la météorologue.

On regarde aussi à quelle température voit-on des conséquences [...] qui envoient un nombre élevé de gens aux urgences, par exemple. Cela nous oriente [pour fixer les seuils d’alerte] d'une place à l'autre, dit-elle.

« C'est la combinaison des conditions météorologiques et des résultats d’études sur la santé qui déterminent le seuil de déclenchement d'une alerte de froid extrême. »

— Une citation de  Natalie Hasell, Environnement et Changement climatique Canada

La météorologue explique que les seuils sont également fixés en fonction des épisodes de pics observés sur le système de santé.

Si ça arrive plus souvent, on va utiliser une température ou des conditions plus sévères; si ça arrive moins souvent, des conditions moins sévères vont être suffisantes pour émettre une alerte, précise-t-elle.

Un homme utilise une pelle pour soulever la neige et déblayer le trottoir, alors que des gens marchent près de lui.

Selon la météorologue de sensibilisation aux alertes pour Environnement Canada, Natalie Hasell, six centimètres de neige sont tombés la nuit dernière, à Saskatoon.

Photo : Radio-Canada / Albert Couillard

Conseils pratiques

Face au froid extrême, quelques précautions s’imposent, comme porter des vêtements adéquats ou se mettre à l’abri jusqu’à la fin de l’alerte de froid extrême.

L'idéal, c'est d’éviter d’être à l'extérieur, dit Natalie Hasell.

Si on ne peut pas éviter d'être à l'extérieur, on doit porter des couches de vêtements chauds, une couche extérieure résistante au vent et couvrir le plus possible toute la peau exposée, ajoute-t-elle.

Cependant, se retrouver à l'extérieur pendant de longues périodes durant le grand froid est inévitable pour certaines personnes. Ils peuvent être exposés à un risque très élevé d’engelures et d'hypothermie, avertit la météorologue.

Dans ce cas, si vous devez attendre un autobus, par exemple, planifiez votre temps d’attente. Et ne restez pas figé sur place, recommande-t-elle. Déplacez-vous un peu, faites un peu de marche et restez actif, ça va vous aider à rester un peu plus au chaud.

Enfin, la météorologue recommande de consulter le site gouvernemental préparez-vous.ca (Nouvelle fenêtre) pour savoir comment préparer une trousse d’urgence et réagir rapidement face à une situation de détresse due au froid extrême.

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