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La classe politique s’engage à agir après le meurtre de femmes autochtones à Winnipeg

Plusieurs chandelles sont déposées devant la photo de trois femmes autochtones assassinées ce printemps, lors d'une veillée à la chandelle à Winnipeg, le jeudi 1er décembre 2022.

La famille et les amis de trois femmes autochtones assassinées ce printemps se rassemblent lors d'une veillée à la chandelle à Winnipeg, le jeudi 1er décembre 2022.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral reconnaît ses échecs en ce qui a trait à la protection des femmes et des filles autochtones, après des accusations jeudi contre un présumé tueur en série à Winnipeg, malgré les fonds fédéraux alloués.

Le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, affirme avoir été bouleversé d'apprendre que la police de Winnipeg avait inculpé un homme pour le meurtre de quatre femmes au printemps dernier.

C'est l'héritage d'une histoire dévastatrice qui a des répercussions aujourd'hui. Personne ne peut se tenir debout et dire avec confiance que cela ne va pas se reproduire. Je pense que c'est honteux, a-t-il déclaré vendredi.

Jeremy Skibicki a été inculpé de quatre chefs d'accusation de meurtre au premier degré en lien avec la mort de Rebecca Contois, de Morgan Beatrice Harris, de Marcedes Myran et d'une quatrième femme non identifiée.

Les corps des trois nouvelles victimes, dont le nom a été rendu public jeudi, n'ont pas été retrouvés. Selon la police, toutes les victimes du tueur étaient des femmes autochtones.

Rebecca Contois vivait à Winnipeg, mais était membre de la Première Nation O-Chi-Chak-Ko-Sipi, également connue sous le nom de Crane River.

Morgan Beatrice Harris et Marcedes Myran vivaient également à Winnipeg et étaient tous deux membres de la Première Nation de Long Plain.

Le ministre Marc Miller soutient que le gouvernement fédéral continuera de travailler pour s'attaquer aux problèmes systémiques qui placent les femmes autochtones dans des situations de vulnérabilité.

Marc Miller sur une estrade.

Le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Il veut notamment réformer le système de protection de l'enfance et encourager l'ouverture de plus de places dans les refuges.

« Le gouvernement fédéral a une responsabilité. Malgré les investissements importants que nous avons faits, nous sommes à la traîne devant une telle tragédie. »

— Une citation de  Marc Miller, ministre des Relations Couronne-Autochtones

La sénatrice Michèle Audette, qui était aussi l'une des commissaires de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, soutient que tous les ministres devraient tenir des propos comme ceux du ministre Miller.

Il reconnaît qu'il reste beaucoup trop à faire, et il doit faire plus. Son gouvernement doit faire plus. Je dois faire plus, le maire de Winnipeg, la police, tout le monde doit faire plus. Les femmes sont fatiguées [...] que notre parole ne soit jamais crue, a-t-elle dit en entrevue à Radio-Canada.

La sénatrice Michèle Audette en entrevueau Téléjournal Québec.

La sénatrice et ancienne commissaire de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) Michèle Audette. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Elle a ajouté que l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a permis de ralentir un fléau : On ne peut plus prétendre qu'on n'a pas de solution et de miroir qui nous met l'évidence en plein visage.

Pour sa part, la députée néo-démocrate de Winnipeg-Centre, Leah Gazan, soutient que, malgré les investissements fédéraux annoncés récemment pour le refuge pour femmes autochtones, Velma House, à Winnipeg, il faut en faire davantage. Il est urgent d'investir davantage dans des services tenant compte des traumatismes et dans des ressources de réduction des dommages qui s'attaquent aux causes profondes de la violence, notamment la pauvreté, l'accès au logement et la santé.

La grande cheffe de l'Assemblée des chefs du Manitoba, Cathy Merrick, exhorte également les gouvernements fédéral et provincial à travailler avec la police pour mettre en œuvre les recommandations de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées pour s'attaquer aux causes profondes de la violence contre les femmes et les filles autochtones.

Une recherche des corps des nouvelles victimes difficile, selon la police

Le chef de police de Winnipeg, Danny Smyth, a affirmé aux médias après la réunion du Conseil de police de vendredi qu'il pense que les restes humains des nouvelles présumés victimes de Jeremy Sckibiki se trouvent dans un dépotoir différent de celui où les restes de Rebecca Contois ont été découverts.

Note de la rédaction

Une version précédente indiquait que la police croyait que les corps des trois femmes se trouvaient dans la décharge du chemin Brady à Winnipeg, comme celui de Rebecca Contois. Après la première conférence de presse sur cette affaire, tenue le 1er décembre, la police a, pendant plusieurs jours, laissé entendre que les victimes se trouvaient dans une décharge municipale, sans jamais apporter de correction ou de précision, et cela même quand les médias invoquaient la décharge du chemin Brady.

Le chef de police Danny Smyth à l'hôtel de ville de Winnipeg, le 2 décembre 2022.

Le chef du Service de police de Winnipeg, Danny Smyth, soutient qu'il serait difficile de faire des recherches pour retrouver le corps de victimes, mortes ce printemps.

Photo : Radio-Canada / Warren Kay

Il a ajouté que, au moment de ces recherches, une zone spécifique a pu être isolée, mais que la police n'a pas l'intention de mener une autre recherche pour les trois autres victimes.

Trop de temps s'est écoulé. Nous n'avons pas de point de départ. Ce ne serait pas une recherche faisable à ce stade, a expliqué M. Smyth.

L'avocat de Jeremy Skibicki, Leonard Tailleur, a indiqué à CBC/Radio-Canada que son client plaidera non coupable à toutes les accusations vendredi après-midi.

Avec des informations de La Presse canadienne, CBC et Gavin Boutroy

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