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Des ateliers d’initiation à l’autodéfense pour outiller les femmes de la Mauricie

Une femme se dégage d’un homme qui la saisit au poignet.

Plusieurs instructeurs d’écoles d’arts martiaux, dont Claude Roy et Stéphanie Beaudry, du Centre sportif Yoseikan, collaborent avec la Direction de la police de Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

À l'occasion des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, des cours d’autodéfense sont offerts gratuitement à Trois-Rivières et à Shawinigan. Cette initiative, une première dans la région, a été organisée par la Direction de la police de Trois-Rivières en collaboration avec cinq dojos de la région et le Comité intersectoriel en matière d’agression sexuelle et de violence conjugale.

Au total, ce sont huit ateliers qui sont organisés dans les deux villes, du 25 novembre au 2 décembre. La participation a surpris l’agente aux relations communautaires pour le volet prévention de la violence conjugale, qui a lancé l’idée peu après son entrée en fonction, en juillet 2022. Les places disponibles se sont rapidement envolées, signe de l’intérêt des femmes et des adolescentes de 14 ans et plus.

On voulait sensibiliser les gens à leur environnement, leur permettre d’identifier les signes précurseurs d'assaut et les possibilités de désescalader la situation, parce qu'on ne veut idéalement pas se rendre à la confrontation physique. La majorité des crimes qui sont commis à l’égard des femmes sont dans un contexte conjugal, donc on veut éviter une escalade de violence par l’activité, précise l’agente Hangie Jacques.

Pendant les 90 minutes d’initiation, les formateurs veulent transmettre des notions permettant aux participantes d’apprendre à réagir avec des techniques simples, parce que l'escalade ne peut parfois pas être évitée.

« Souvent, les femmes n'ont pas d'expérience en sports de combat, donc il faut que ce soit des techniques simples, pour que les femmes soient efficaces et aient confiance en elles. Ici, en contexte d'entraînement, ça va bien, on n'a pas l'effet de stress, mais en contexte d'agression, il y a le stress qui va embarquer, l'adrénaline, donc si c'est simple, ça va être plus facile pour la femme d'être en mesure de réagir plus rapidement. »

— Une citation de  Stéphanie Beaudry, formatrice et copropriétaire, Centre sportif Yoseikan

Des outils puissants

À plusieurs reprises au cours des ateliers, les femmes sont invitées à exprimer à voix haute leur refus envers un potentiel agresseur en apprenant à se dégager tantôt de prises au poignet, tantôt d’attaques au cou.

Juste dans le non verbal, la façon que tu vas être, si tu as l'air sûr de toi, c'est une mesure de prévention qui est essentielle. Le courage, ça se développe. On ne l'a pas du même niveau, chaque femme, dans le cours, on travaille là-dessus, juste le fait de crier, de dire non, je m'assume, tu ne me touches pas, déjà là, les femmes sont de plus en plus en confiance, poursuit Stéphanie Beaudry.

Les cours servent aussi à renforcer le caractère des participantes. Carole Trottier s’est inscrite pour augmenter son sentiment de sécurité. Je travaille de nuit, souvent dans le stationnement, j’ai une longue marche à faire. Je veux m'enlever de la crainte et être capable de me défendre s'il arrive quelque chose , confie-t-elle.

La gêne retenant les gestes en début d’activité disparaît rapidement pour faire place à une certaine camaraderie, parce que les femmes sont toutes unies dans l’objectif de gagner en confiance.

Malgré la lourdeur du sujet, on a quand même réussi à trouver une façon d'amener que ça se fasse dans les rires et dans le plaisir. Dans tous les ateliers, j’ai vu la différence entre leur attitude au début et à la fin. On ne veut pas chercher la confrontation, mais si on n'a pas le choix de réagir, on va avoir des outils, ce qu'on n'avait peut-être pas au début, relève Hangie Jacques.

Deux gants de combat sont posés au sol.

Plus de 250 femmes participent à une première : des ateliers d’autodéfense offerts gratuitement à Trois-Rivières et à Shawinigan à l'occasion des 12 jours d'action contre les violences faites aux femmes.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Les femmes quittent les dojos le dos droit et la tête haute. Pour Carole Trottier, c’est en développant l'instinct de se défendre et non pas d'être la victime.

Devant le succès de cette première série d’ateliers, l’initiative devrait être répétée. Du moins, c’est le souhait de Stéphanie Beaudry. Toutes les femmes devraient suivre des cours d’autodéfense. On est allés semer des graines et j'espère éventuellement avoir un autre atelier et aller chercher d'autres femmes, parce que l'objectif, c'est d'en sauver, mais de prévenir d'éventuelles agressions aussi.

Cinq dojos ont collaboré avec le Comité intersectoriel en matière d’agression sexuelle et de violence conjugale pour offrir huit activités à 260 femmes et adolescentes.

À Trois-Rivières :

  • Fujiyama Dojo
  • Centre sportif Yoseikan
  • Seikidokan

À Shawinigan :

  • Club de judo de Shawinigan
  • Ghishintaido de Shawinigan

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