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La demande et le prix des sapins de Noël en hausse cette année

Colin Atter, propriétaire de Plantation Garden Centre à Calgary, qui coupe un arbre.

Colin Atter, propriétaire de Plantation Garden Centre, commande entre 15 000 et 17 000 sapins de Noël chaque année. Les arbres qu’il vend viennent de l’Ontario, du Québec, de la Nouvelle-Écosse et de la Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Leblanc

Les sapins de Noël naturels sont très prisés, cette année, mais leur prix de vente a augmenté. Cette hausse est due notamment à la pénurie de main-d'œuvre, à l’inflation, au coût de transport et à l'augmentation de la demande et une baisse de l’offre, selon des spécialistes.

La fin de semaine du premier décembre donne le coup d'envoi pour la saison des sapins de Noël et est souvent la plus occupée pour Colin Atter, propriétaire de Plantation Garden Centre, un centre de jardinage qui vend entre autres des sapins à Calgary.

Il y a une pénurie importante [d’arbres de Noël] sur le marché alors je ne sais pas encore à quoi m’attendre cette année, lance-t-il. On ne sait jamais combien de personnes vont se pointer.

Une hausse des prix

Selon lui, les prix des arbres ont augmenté d’environ 15 % cette saison. Un arbre que l’on vendait 129 $ l’année dernière serait vendu 149 $ cette année, dit Colin Atter. Il précise que le prix des plus gros arbres a augmenté davantage puisque ces derniers sont encore plus difficiles à trouver.

Il croit que cette hausse s’explique notamment par les coûts de transport. Le coût du transport de marchandise a presque doublé pour acheminer [les arbres] jusqu'à nos portes et ils doivent parcourir de longues distances, il leur faut de 3 à 4 jours pour arriver jusqu'ici, dit-il.

Le président de l’Association canadienne d’arbres de Noël, Charles Vaillancourt, précise que cela inclut entre autres le prix de l’essence, des graisses, des huiles, des pièces et des assurances des compagnies de transports.

« Ce n’est pas pour augmenter nos marges bénéficiaires que les prix augmentent, c'est juste pour pallier nos coûts de production. »

— Une citation de  Charles Vaillancourt, président de l’Association canadienne d’arbres de Noël
Sapins de Noël à Calgary en décembre 2022.

L'année dernière, Colin Atter, propriétaire de Plantation Garden Centre, a vendu tous ses arbres de Noël en 10 jours. Il en a donc commandé plus cette année.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Leblanc

Moins de producteurs

La diminution de l’offre serait également en cause, affirme Colin Atter. La concurrence est si faible pour les producteurs parce qu'il y en a si peu et ils coupent si peu d'arbres que le prix ne fait qu'augmenter, note-t-il.

« Dans l'ensemble, il est très difficile d'obtenir des arbres. J'ai beaucoup de chance d'avoir tous les arbres que j'ai. »

— Une citation de  Colin Atter, propriétaire de Plantation Garden Centre

Selon Statistique Canada, en 2021, 1364 terres étaient utilisées pour cultiver des arbres de Noël alors qu’en 2011, ce chiffre était de 2381.

Selon Colin Atter, la baisse de l’offre est notamment due à la crise économique de 2008, alors que plusieurs producteurs ont arrêté de planter des arbres puisque cela n'était plus rentable.

Il explique qu’un autre problème est que plusieurs producteurs sont des entreprises familiales et que les nouvelles générations ne veulent pas continuer de faire pousser des arbres de Noël. La troisième génération de la ferme familiale ne veut pas faire ça parce que c'est trop dur de travailler pour trop peu d'argent et c'est risqué, confie-t-il.

Il souligne que puisque les arbres prennent de 15 à 20 ans avant d’être prêts et qu’il faut que quelqu’un les entretienne chaque année, c’est un métier difficile et qui prend du temps avant de rapporter. De plus, avec la valeur des terres qui augmente, certains choisissent plutôt de les vendre, ajoute-t-il.

Charles Vaillancourt note également que le prix de l’engrais, qui a augmenté notamment avec la guerre en Ukraine, joue un rôle.

L'avenir des arbres de Noël

Selon Colin Atter, les gens continueront tout de même d’acheter des arbres de Noël, puisqu'ils sont habitués avec l’inflation. Il croit cependant que les gens doivent diminuer leurs attentes.

« L’époque des beaux arbres parfaitement taillés à bas prix est terminée. »

— Une citation de  Colin Atter, propriétaire de Plantation Garden Centre

Charles Vaillancourt croit que même s'ils vendent plus cher, certains vendeurs sortent un peu perdants.

On est très conscient que les arbres de Noël sont un produit de luxe qu’on n’est pas obligé d'avoir dans nos maisons, donc on veut faire en sorte que les gens veulent continuer à acheter l’arbre. Si l’arbre devient trop cher [ils vont lui] substituer autre chose ou n’en auront plus tout simplement, fait-il remarquer. Une fois qu'on perd un client pour un arbre artificiel, on ne reverra pas ce client pour plusieurs années.

Les Albertains qui préfèrent couper leur sapin eux-mêmes peuvent se procurer un permis de coupe. Ce dernier leur permet de couper jusqu'à trois arbres de moins de 2,5 m de hauteur et de 15 cm de diamètre sur les terres de la Couronne.

Avec des informations de Marc-Antoine Leblanc

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