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L’Î.-P.-É. impose un moratoire sur l’enrochement du littoral

Une vue aérienne d'un chantier le long du rivage.

Un mur de pierres en construction sur la plage de Point Deroche, à l'Î.-P.-É., soulève des discussions sur ce qui est acceptable pour protéger le rivage de l'érosion.

Photo : Radio-Canada / Shane Hennessey

Plus aucune construction n'est autorisée dans les zones tampons sur les côtes de l'Île-du-Prince-Édouard.

Après un mois de discussions et d'échanges musclés à l'Assemblée législative, le ministre de l'Environnement, de l'Énergie et de l'Action climatique, Steven Myers a tranché. Il fait interdire toutes nouvelles constructions dans une zone tampon de 15 mètres à partir du niveau de la marée haute.

« Plus aucune construction dans cette zone tampon n'est autorisée jusqu'à ce que le gouvernement revienne avec un projet de loi à l'Assemblée législative. »

— Une citation de  Steven Myers, ministre de l'Environnement, de l'Énergie et de l'Action climatique
Une maison construite à proximité d'une des côtes de l'Île-du-Prince-Édouard.

Le sol de la province de l’Île-du-Prince-Édouard possède la particularité de ne pas être composé de roche dure, ce qui la rend particulièrement sensible à l’érosion des côtes.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine

Le moratoire imposé ce jeudi par le gouvernement provincial prend immédiatement effet. Il restera en place au moins jusqu'à la prochaine session législative au printemps, et peut-être même davantage si le ministère n'a pas terminé son travail.

L'opposition officielle reste sur sa faim

Du côté du Parti vert, on salue la décision prise par le gouvernement au dernier jour de la session législative.

Peter Bevan-Baker, le chef de l'opposition officielle ne peut cacher son scepticisme, j'ai des émotions partagées, je suis content de voir que le gouvernement reconnaît finalement que ce problème existe. Néanmoins, je suis contrarié, car il a pris trop de temps à admettre que le problème existait, explique-t-il.

Peter Bevan-Baker dehors, de profil, avec des documents sous le bras, au pied des marches d'un escalier.

Peter Bevan-Baker, chef de l'opposition officielle à l'Île-du-Prince-Édouard et chef du Parti vert, en mai 2020.

Photo : CBC / Brian McInnis

Peter Bevan-Baker souhaite que le gouvernement aille plus loin. Il demande à la province de proposer un véritable plan pour encadrer les constructions sur les littoraux.

« Il faut s'assurer que tout nouveau développement dans les zones fragiles, le long des côtes, soit réalisé avec une vision climatique. S'assurer que cela est fait de la bonne manière. »

— Une citation de  Peter Bevan-Baker, chef de l'Opposition officielle

Moratoire : des effets négatifs?

Toutefois, ce moratoire n'est pas une solution miracle selon certains experts en construction.

Michael Davis, président de Coldwater Consulting, a restauré de nombreux littoraux insulaires dont ceux de West Point ou encore de Souris par le passé. Il connaît très bien les côtes de l'Île-du-Prince-Édouard et leurs particularités.

« C'est une décision difficile à prendre, car certains propriétaires ont eu leurs résidences et leurs terrains endommagés après Fiona. Avant, ils n'avaient pas besoin de protection, mais aujourd'hui, ils en ont besoin, car ils ont perdu cinq mètres de terre. Et maintenant, ils n'ont pas le droit de construire, donc ils ne peuvent plus se protéger. »

— Une citation de  Michael Davis, président, Coldwater Consulting
Les blocs en béton sur la pelouse.

Quarante blocs en béton d’une valeur d’environ 10 000 $ se trouvent maintenant sur le terrain d'un propriétaire insulaire, qui espère d’avoir un jour l’autorisation de s’en servir pour protéger sa propriété.

Photo : CBC/Steve Bruce

Michael Davis va même plus loin. Il va falloir s'asseoir pour décider où, quand et comment protéger nos littoraux, car mettre des pierres n'est pas la solution miracle, croit-il. Au contraire, les barrières naturelles sont plus adaptées aux changements climatiques et aux littoraux insulaires.

La province utilisera d'ailleurs les services de l'École des changements climatiques de UPEI dans la rédaction de son plan.

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