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Un Comité consultatif d’urbanisme sans promoteurs, clament trois professeurs d’université

Image aérienne du quartier du Musée à Gatineau, de la rivière des Outaouais et de la Colline du Parlement.

Selon M. Gauthier, dans le contexte de la crise du logement qui frappe à Gatineau, «les promoteurs veulent peut-être aller un peu trop vite» (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Radio-Canada

Les promoteurs immobiliers ne doivent pas siéger au Comité consultatif d’urbanisme (CCU) de la Ville de Gatineau : c’est le message martelé par trois professeurs d’université de la région, qui trouvent cette demande « particulièrement exagérée ».

Pourquoi? Parce que le CCU est une instance qui doit réunir des élus et des résidents pour donner un contrepoids aux promoteurs immobiliers, qui disposent déjà d’une vaste tribune pour faire valoir leurs revendications. On y voyait un potentiel conflit d’intérêt, détaille Mario Gauthier, professeur au département des sciences sociales et spécialiste en aménagement du territoire et urbanisme à l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Il a signé, mardi dernier, une lettre ouverte en compagnie de son collègue du même département, Guy Chiasson, et d’Anne Mévellec, qui enseigne à l’Université d’Ottawa.

Mario Gauthier en entrevue devant un commerce en construction.

Mario Gauthier est professeur en études urbaines à l’Université du Québec en Outaouais (archives).

Photo : Radio-Canada

Leur prise de position fait suite à une demande de l’Association de la construction du Québec, de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) et de la Chambre de commerce, faite le 14 novembre à la suite d’un projet refusé.

On parle d’un projet de six étages et de 34 logements, qui était dérogatoire. En toute légitimité, le CCU et le conseil municipal ont choisi de ne pas accorder la dérogation, souligne M. Gauthier au micro de l’émission Les matins d’ici, en parlant de ce projet refusé qui avait causé la bisbille au conseil municipal.

De leurs côtés, les demandeurs ont fait valoir, il y a deux semaines, que les coûts de construction étaient très élevés par les temps qui courent et qu’il n’était pas nécessaire d’ajouter un stress supplémentaire sur les épaules des promoteurs.

Pour le directeur général de l’APCHQ pour l’Outaouais et pour l'Abitibi-Témiscamingue, Nicolas Brisson, lorsque les promoteurs se plient à toutes les exigences du Service de l’urbanisme, mais que les décisions ou les recommandations n'ont ni sens ni rationalité, disait-il, il est normal que les entrepreneurs y pensent à deux fois avant de se lancer dans un projet à Gatineau.

Portrait de l'homme devant le bureau de l'APCHQ.

Nicolas Brisson, de l'Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Une dérogation doit se mériter

Selon M. Gauthier, dans le contexte de la crise du logement qui frappe à Gatineau, les promoteurs veulent peut-être aller un peu trop vite.

Ils ont du travail à faire pour bien définir leur projet consensuel dans la communauté et pour faire en sorte qu’il cadre avec les programmes.

Mario Gauthier ajoute que, dans un monde idéal, il leur serait plus simple de tout simplement proposer des projets qui n’ont pas besoin d’aller en dérogation ou encore d’y aller pour une dérogation mineure.

« Une dérogation, ce n’est pas automatique. On ne doit pas déroger. Les décideurs, ce ne sont pas les promoteurs, c’est le conseil municipal. »

— Une citation de  Mario Gauthier, professeur à l’UQO

Mise à jour du PPU?

Un Programme particulier d’urbanisme (PPU) du centre-ville a été adopté en 2010 à Gatineau, au terme de consultations publiques qui ont eu lieu entre 2007 et 2009.

Le PPU fait partie intégrante du plan d’urbanisme. On a de grands objectifs, comme repeupler le centre-ville, y amener 10 000 personnes, 4000 nouveaux logements, créer des milieux de vie et animer le centre-ville, explique M. Gauthier, qui mentionne que des règles bien précises ont également été mises en place pour offrir un cadre général aux promoteurs immobiliers pour que ceux-ci voient leur projet être accepté.

Deux personnes, de dos, marchent au centre-ville de Gatineau.

Que faire pour dynamiser le centre-ville de Gatineau? (archives)

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Depuis l’adoption du PPU en 2010, de nouveaux objectifs sont choisis entre chaque période de cinq ans jusqu’à l’échéance du programme, en 2025. Il sera bientôt le temps de recommencer l’exercice.

Avec la pandémie, le programme a peut-être besoin d’ajustement, notamment avec la question du télétravail. Il va falloir relancer une discussion qui tiendra compte du nouveau contexte, des changements climatiques et du vieillissement de la population, dit celui qui veut s’assurer que l’exercice soit fait correctement et que le public soit consulté.

À la fin du mois de septembre, Nicolas Brisson, de l'APCHQ, avait déclaré qu'en pleine crise du logement, quand un bon projet ne passe pas parce qu’il y a un PPU périmé, on ne bloque pas le projet, on déroge au PPU.

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