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Le MBAC brise le silence autour du récent licenciement de quatre cadres

Montage photo du Musée des beaux-arts du Canada et d'Angela Cassie.

Angela Cassie, directrice par intérim du Musée des beaux-arts du Canada

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger / Camille Kasisi-Monet

Radio-Canada

Inclusion : c’est par ce mot que la directrice générale par intérim du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), Angela Cassie, justifie les récents licenciements de quatre cadres de l’établissement. Malgré l’argument phare avancé, les explications encore « trop vagues » peinent à convaincre certains observateurs du milieu.

Réagissant à l’inquiétude exprimée par le milieu des arts et les experts depuis l’annonce de ces licenciements, Angela Cassie souligne que le MBAC est actuellement en mode transformation.

Cette transition est parfois difficile, mais c’est un geste pour assurer que notre musée continue d’avoir des expositions engagées, mais aussi qu'on représente les voix de toutes les communautés auxquelles le musée appartient, fait-elle valoir.

Il y a 30 ou 40 ans, on se questionnait [en tant que] musée : avions-nous assez d'œuvres de femmes dans nos musées? Est-ce qu’on représentait les voix des Autochtones? Est-ce qu’on représentait des artistes noirs et racialisés? On se dit aujourd’hui qu’on n’a pas encore atteint ces objectifs, relève la directrice.

La directrice générale par intérim ajoute que c’est justement ce genre de transformation à l'interne que le MBAC est actuellement en train de mener pour garantir un sentiment d’appartenance à l'ensemble de ses visiteurs.

Ce travail de transformation [pose aussi la question] : Qui est autour de nos tables dans nos équipes? Quelles voix aident à prendre ces décisions?, poursuit-elle.

Dans cet effort de restructuration, Angela Cassie ne souhaite pas parler des individus, mais évoque des décisions difficiles impliquant des équipes [qui] comprennent le plan stratégique et contribuent à sa mise en œuvre.

Un argumentaire pas assez concret

Dans un communiqué publié parallèlement à la sortie de Mme Cassie vendredi, le MBAC rappelle que l'établissement s’est attelé durant les deux dernières années à un plan stratégique renouvelé reposant sur les principes de la collaboration, de l’engagement et de l’inclusion.

Dans ce même communiqué, le Musée indique ne pas être en mesure de se prononcer sur les récentes mises à pied, pour des motifs de respect du personnel et de protection de la vie privée.

Ancien conservateur d’art canadien au MBAC aujourd’hui à la retraite, Charles Hill fait partie des cosignataires d’une lettre ouverte adressée à Patrimoine canadien pour déplorer les congédiements entrepris par le musée.

S’il espérait obtenir des réponses éclairantes sur les décisions du MBAC, il demeure sur sa faim.

Dans le soi-disant plan stratégique, il y a des idéaux, mais qui ne sont pas spécifiés. [Il n’y a] pas de stratégie ni de démarche qui peuvent être évaluées, déplore M. Hill. Ce sont des idées encore très vagues.

Les membres du personnel du musée ne sont pas opposés au changement, mais ils veulent savoir ce que sont ces changements. Et personne ne nous le dit, renchérit-il.

Sociologue d’art wendat et commissaire indépendant, Guy Sioui Durand considère également que le communiqué publié par le MBAC vendredi est un grand texte idéologique, qui rappelle les valeurs canadiennes, souligne la longévité d’un musée vieux de 142 ans et annonce sa volonté d’aller chercher de nouveaux publics, énumère-t-il. Un texte qui soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses et d’actions concrètes.

Le MBAC optera-t-il pour des satellites, un peu partout au pays, comme l’ont fait de grands musées comme le Louvre, ou une approche globaliste sera-t-elle mise de côté pour privilégier une démarche davantage pensée à l’échelle du pays? interroge-t-il, entre autres.

Le sociologue d’art s’attend au final à un changement qui sera perceptible [à travers] des expositions, des événements, des appuis, des apports.

Que ce soit bon ou mauvais, on verra avec le temps, tranche Guy Sioui Durand.

Des équipes repensées

Le MBAC a limogé quatre cadres le 17 novembre dernier, dont la sous-directrice et conservatrice en chef, Kitty Scott; le conservateur principal de l’art autochtone, Greg A. Hill; le directeur de la conservation et de la recherche technique, Stephen Gritt; la gestionnaire principale des communications, Denise Siele.

Angela Cassie ne craint pas le risque de perte d'expertise découlant de ces licenciements et précise que le recrutement se poursuit. Elle se dit confiante, citant l’établissement d’un département responsable pour centrer les voix autochtones.

Nous avons un vice-président, Steven Loft, et Michelle LaVallée, la directrice, qui non seulement siègent au sein de l’équipe de direction, contribuent à l'évolution de nos politiques et de nos processus à l'échelle de l’institution, mais sont en train de bâtir une équipe de conservatrices et conservateurs pour avancer notre département d’art autochtone, souligne-t-elle.

Ce sont des investissements qu’on a faits et des équipes qu’on a bâties, avec plusieurs membres qui vont être capables d’avancer ces dossiers de très haute importance et nous assurer que l’art reste au centre de notre mandat et de nos priorités, assure Mme Cassie.

Avec les informations de Catherine Morasse et de Camille Kasisi-Monet

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