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Qualité de l’air dans les écoles : la situation s’améliore, dit le ministre Drainville

Selon Québec, 724 des 68 500 classes dépassent la norme de 1500 parties par million, jugée « adéquate » par la santé publique.

Bernard Drainville, en conférence de presse à l'Assemblée nationale.

Le ministre de l'Éducation du Québec, Bernard Drainville

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Environ 1 % des 68 500 classes du Québec affichent des concentrations de CO2 supérieures à la norme de 1500 parties par million (ppm), selon un rapport sur la qualité de l’air dans les écoles présenté vendredi par le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville.

Selon le ministre, au cours des deux dernières années, des lecteurs de CO2 ont été installés dans les 68 548 classes de la province de façon à y mesurer la qualité de l’air en temps réel. Ce que le gouvernement ne pouvait pas faire auparavant.

Dans l’ensemble de ces classes, 724 (1 %) dépassent la norme de 1500 ppm, jugée adéquate par la santé publique, dont 72 classes (0,1 %) qui dépassent le seuil des 2000 ppm.

Ces 724 classes-là, ce sont les classes qu’on surveille de très, très près et pour lesquelles on a demandé un suivi quasi quotidien, a assuré Bernard Drainville.

Dans plusieurs de ces classes, il y a déjà des travaux qui ont été faits. Des échangeurs [d’air] qui ont été installés, des fenêtres qui ont été changées, a poursuivi le nouveau ministre de l’Éducation.

On a dépensé 400 millions de dollars jusqu’à maintenant pour régler le problème de la qualité de l’air. On va dépenser encore un autre 200 millions pendant cette année scolaire. On a installé des échangeurs d’air partout où on nous demandait d’en installer. On a installé des lecteurs de CO2 partout.

« La situation n’est pas idéale, la situation n’est pas réglée, mais elle est relativement sous contrôle. Les classes sont sécuritaires pour nos enfants. »

— Une citation de  Bernard Drainville, ministre de l’Éducation du Québec

Pour consulter le rapport du ministère de l'Éducation, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Objectif de 1500 ou 1000 ppm?

Expliquant que la qualité de l’air dans les écoles est le dossier sur lequel il a consacré le plus d’énergie et de temps depuis qu’il est ministre, Bernard Drainville affirme que des efforts considérables continuent d'être faits par son gouvernement pour assurer une qualité de l’air optimale dans les écoles, c'est-à-dire des concentrations de CO2 se situant sous la norme des 1000 ppm.

Lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle, le 23 octobre, Bernard Drainville avait d'ailleurs déclaré qu’en juin dernier, les concentrations de CO2 se situaient sous les 1000 ppm dans 95 % des classes du Québec. Aujourd'hui, cependant, le ministre utilisait plutôt la norme de 1500 ppm lors de son point de presse. Pourquoi?

Reconnaissant que la cible de 1500 ppm de CO2 est une mesure qui n’est pas idéale, mais jugée tout de même adéquate par la santé publique, le ministre a cependant assuré que l'objectif ultime demeure de ramener sous la barre des 1000 ppm les concentrations de CO2 dans toutes les classes et tous les locaux scolaires du Québec.

« Honnêtement, j’aimerais pouvoir vous dire que toutes nos classes sont en dessous de 1000 ppm. Ce n’est pas le cas. […] On a encore du travail, beaucoup de travail à faire pour ramener toutes les classes sous les 1000 ppm. »

— Une citation de  Bernard Drainville, ministre de l'Éducation du Québec

En effet, dans le Guide de planification immobilière (Nouvelle fenêtre) du gouvernement du Québec pour les établissements scolaires primaires, qui cite l’étude Schendell et al. de 2004, on apprend qu’une concentration de CO2 de 1000 ppm ou plus augmente le taux d’absentéisme chez les élèves. Les chercheurs ont également observé davantage de somnolence chez les élèves, un manque d’attention accru, une baisse de performance et davantage d’irritation des muqueuses.

Des lecteurs de CO2 ayant été installés dans toutes les classes du Québec, selon le ministre, il sera maintenant plus facile pour le ministère de surveiller la qualité de l'air dans ses établissements.

Ça nous permet de suivre en temps réel la situation dans les classes et donc de poser des gestes si nécessaire. […] On agit là où il faut agir, a rappelé Bernard Drainville, dont le ministère dispose de centaines d’échangeurs d’air dans ses entrepôts prêts à être installés, à la demande des autorités scolaires.

Vétusté des écoles

Selon le ministre, la vaste majorité des écoles où la qualité de l’air pose problème sont des établissements vétustes, dont la construction remonte avant 1980.

« Parler de ventilation, c’est aussi parler du fait que notre parc d’écoles est vieillissant et il faut continuer à faire de gros investissements. »

— Une citation de  Bernard Drainville, ministre de l’Éducation du Québec

Plus d'une école sur deux au Québec, 53 % pour être plus précis, est actuellement cotée D ou E, ce qui signifie dans un mauvais ou un très mauvais état, selon des documents du ministère de l’Éducation du Québec obtenus par Radio-Canada plus tôt cette année.

D’après les données obtenues, seuls 47 % de bâtiments scolaires obtiennent jusqu'ici la note de passage au Québec, soit la cote A, B ou C.

Sous les libéraux, le ministère de l'Éducation visait qu'au moins 85 % des bâtiments scolaires au Québec soient dans un état satisfaisant. Une cible ramenée à 50 % par la CAQ au cours de son dernier mandat.

Il faut rénover les écoles

Kathleen Legault, présidente de l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire (AMDES), reconnaît que la situation s'est améliorée. En entrevue au 15-18 vendredi, elle a toutefois déploré que des milliers de classes n'atteignent pas le seuil idéal de 1000 ppm.

Ce seuil, insiste-t-elle, permet aux élèves de se concentrer et d'être dans les meilleures dispositions possibles pour apprendre.

Mme Legault se demande si le seuil fixé par la santé publique à 1500 ppm sera suffisant pour rassurer les parents et le personnel des écoles. Cela demeure un dossier à suivre, dit-elle.

Dans beaucoup d'écoles primaires et, dans une moindre proportion, dans les écoles secondaires, il faut encore se résoudre à ouvrir les fenêtres pour améliorer la qualité de l'air, déplore la présidente de l'AMDES.

La perspective que les écoliers doivent garder leur tuque en classe cet hiver inquiète bien des parents, dit-elle.

Certes, les lecteurs de CO2 installés dans les classes sont un outil précieux non seulement pour les occupants, mais aussi pour les centres de services scolaires et pour le ministère, affirme Mme Legault. Ils peuvent ainsi faire le suivi et surveiller les cas plus problématiques.

De plus, ces lecteurs permettent de n'entrouvrir qu'une fenêtre si nécessaire, alors qu'auparavant il fallait ouvrir toutes les fenêtres.

Mais la qualité de l'air n'est qu'un des problèmes des écoles. Mme Legault rappelle que, sur l'île de Montréal, plus de la moitié des bâtiments scolaires sont en mauvais ou en très mauvais état. Si l'on veut régler le problème de la qualité de l'air, il faudra accélérer la rénovation des écoles et la démolition des bâtiments qui sont irrécupérables, prévient-elle.

Ce n'est pas en posant un échangeur d'air dans chacune de ces classes qui n'atteignent pas le seuil de 1000 ppm qu'on va y arriver. Il faut rénover nos écoles.

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