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Le milliardaire John Risley se défend après avoir accueilli des élus dans son jet privé

« Il y avait des places vides dans l'avion », explique celui qui propose un mégaprojet énergétique dans l'ouest de Terre-Neuve.

John Risley.

Le milliardaire John Risley dirige le mégaprojet World Energy GH2 dans l'ouest de Terre-Neuve.

Photo : Radio-Canada / Danny Arsenault

Le milliardaire John Risley s'explique après avoir offert un vol dans son jet privé aux conseillers municipaux de Stephenville, à Terre-Neuve-et-Labrador.

John Risley, le dirigeant du consortium World Energy GH2, veut construire dans la région un projet d’éoliennes, d’hydrogène et d'ammoniac évalué à 12 milliards de dollars.

CBC a révélé mardi qu’en rentrant d’un congrès sur l’énergie renouvelable à Hambourg, en Allemagne, John Risley a transporté trois conseillers, dont le maire Tom Rose, et un fonctionnaire à bord de son avion d’affaires, en août dernier.

Est-ce que je pense que c'est un reportage choc? Non, je ne le pense pas, affirme John Risley, au micro de Radio-Canada. Il y avait des places vides dans l'avion, qui revenait avec ces places vides. Ça ne me coûte pas un cent de transporter quelqu’un de plus.

Est-ce qu’il a déjà offert un vol gratuit à d'autres politiciens?

En général, les politiciens n'accepteraient pas une offre de ma part pour voler dans mon avion et en général, je ne le ferais pas, explique M. Risley. Je ne vois pas vraiment ces gens comme des politiciens. Ce sont des personnes qui donnent de leur temps à leur communauté. Ces postes sont en grande partie bénévoles, poursuit-il.

C'est la façon dont les affaires se font, dit le maire

Pour sa part, le maire de Stephenville est catégorique. Il ne regrette pas du tout la décision, qui selon lui a épargné des milliers de dollars aux contribuables.

Tom Rose ajoute que sa municipalité doit rencontrer les dirigeants du projet et a rappelé qu'avec les grandes entreprises, se rencontrer sur un terrain de golf ou dans un jet privé est la façon dont les affaires se font.

World Energy GH2 souhaite construire des centaines d’éoliennes dans l’ouest de Terre-Neuve. La première phase du projet comprend 164 éoliennes dans la péninsule de Port-au-Port. Jusqu’à 3 GW d’énergie éolienne alimenteraient une usine productrice d’hydrogène et d’ammoniac à Stephenville.

Tom Rose.

Tom Rose est maire de Stephenville.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Malgré les explications de John Risley et du maire de Stephenville, un professeur adjoint à l’Université Memorial, Russell Williams, évoque un conflit d’intérêts flagrant.

Selon lui, un maire, des membres du conseil, un haut fonctionnaire d’une municipalité, ce ne sont pas des personnes qui devraient être dans l’avion d’un milliardaire qui propose un mégaprojet dans leur région.

Ce ne sont pas des bénévoles, ils ont de sérieuses responsabilités en tant que représentants du public, ajoute-t-il. Ils ne peuvent pas accepter un tel cadeau et continuer de représenter la communauté de Stephenville dans leurs relations avec M. Risley. C'est un conflit d'intérêts.

Nouvelles règles relatives aux codes de conduite

Le gouvernement provincial a récemment modifié la loi pour que tous les conseils municipaux soient obligés d’adopter un code de conduite.

La municipalité de Stephenville n’a pas répondu à nos questions relatives à l’élaboration de son nouveau code, mais les procès-verbaux des dernières rencontres du conseil municipal ne mentionnent nulle part la création d’un tel code.

Le gouvernement provincial propose un modèle de code de conduite sur son site web. Ce modèle comprend une section sur l'interdiction pour les conseillers d'accepter des cadeaux, des faveurs ou des services gratuits qui pourraient raisonnablement être perçus comme une faveur indue, un parti pris ou un désavantage pour un individu ou une organisation ou qui pourraient raisonnablement être perçus comme mettant le conseiller dans un conflit d'intérêts.

Selon le modèle de code de conduite de la province, les conseillers sont bel et bien dans un conflit d’intérêts, croit Russell Williams.

Avec les informations de Rob Antle, de CBC

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