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L’usine du Lac-à-la-Pêche avec « la technologie actuelle ne fonctionnera jamais »

Le maire de Shawinigan Michel Angers évoque pour la première fois la construction d'une nouvelle station de traitement de l'eau potable.

L'affiche annonçant l'usine et l'extérieur du bâtiment.

La station de traitement de l'eau du Lac-à-la-Pêche.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Un an après la mise en arrêt d'urgence de l'usine d'eau potable du Lac-à-la-Pêche, le maire de Shawinigan ne s'en cache plus : les solutions pour diminuer l'encrassement des membranes de filtration ne fonctionnent pas. Michel Angers estime qu'il faudra changer de technologie ou carrément construire une nouvelle usine.

Depuis l’annonce de l’avis de faire bouillir l’eau pour 30 000 Shawiniganais, le 1er décembre 2021, de nombreuses tentatives pour faire fonctionner l'usine ont échoué. Les membranes s’encrassent beaucoup trop vite, ce qui les use prématurément et diminue par conséquent leur durée de vie. Ce faisant, la ville s’enlise de plus en plus dans un gouffre financier. Le maire veut stopper l’hémorragie.

On ne peut pas rester dans une situation comme celle-là et on ne peut pas tous les deux ans mettre un million de dollars pour changer les membranes, convient le maire.

Une deuxième usine envisagée

Pour la première fois, Michel Angers n’exclut pas la construction d’une deuxième usine de filtration si jamais c’était la seule option. Il attend très bientôt les recommandations des ingénieurs chargés de proposer une solution permanente. Changer les membranes de façon récurrente nécessiterait des investissements de plusieurs millions de dollars pour la Ville, et ce, pour la durée de vie de l’usine, sans jamais avoir un rendement optimal.

J'ai besoin qu'au final, qu'on puisse aller se coucher le vendredi soir en n’ayant pas peur que le samedi matin ça pète et que ça ne fonctionne pas [...] Je ne suis pas expert, mais à mon avis, ça prend une nouvelle technologie, soutient-il.

Cette technologie, c’est la filtration traditionnelle qui est notamment utilisée à Trois-Rivières. Si je regarde Trois-Rivières, ça fonctionne bien depuis 30-40-50 ans. Est-ce que ça sera la solution permanente pour nous ? Peut-être.

Michel Angers a bon espoir que le dossier progresse en 2023, mais prévient les citoyens que le retour à la normale sera long.

2023 sera l'année de la solution permanente. Par la suite, on va parler en années, voire trois, quatre, cinq ans pour des transformations. On part sur un marathon de trois-quatre cinq ans minimum , admet-il.

Il est cependant catégorique : pas question de revivre le même cauchemar que l’an dernier où il avait dû annoncer à 30 000 citoyens qu’ils devaient dorénavant faire bouillir l’eau avant de la consommer. L’avis a duré sept mois et a suscité son lot de mécontentement et de problèmes chez les citoyens.

Je veux m'assurer d'une chose, c’est que les citoyens n'auront plus jamais à vivre un avis préventif [de faire bouillir l’eau] comme on a vu la dernière fois où ça a duré plusieurs mois, avance-t-il.

L'aide de Québec exigée

À combien se chiffreront les investissements? Le premier magistrat n’a pas la réponse pour le moment, mais il aura besoin du gouvernement provincial afin qu’il éponge en grande partie la facture. Il rappelle que la Ville n’a pas eu le choix d'opter pour cette technologie à l’époque afin de se plier à la politique du plus bas soumissionnaire conforme exigée par Québec.

« Ce n’est pas aux citoyens de Shawinigan de payer pour une deuxième usine. Ils paient pour une, et c’est assez »

— Une citation de  Michel Angers, maire de Shawinigan

La facture dépendra de la conclusion de la poursuite judiciaire de 23,3 millions de dollars intentée par la Ville contre l’entrepreneur général Allen, la firme d’ingénierie WSP et le fournisseur de la technologie de filtration membranaire Suez. Michel Angers les tient responsables des déboires actuels, notamment Suez qui aurait dû savoir que la filtration membranaire ne fonctionnerait pas avec l’eau du Lac-à-la-Pêche.

Il sait pertinemment que la bataille sera longue. Suez qui a fusionné avec Veolia est une multinationale avec des revenus dépassant les 30 milliards de dollars annuellement. Shawinigan compte d’ailleurs sur Québec pour
l’épauler dans les démarches judiciaires.

« Il y a quelqu'un quelque part qui devra payer. Si une nouvelle transformation d'usine coûte 40 ou 50 millions de dollars, ça va faire partie de la poursuite. On a eu des confirmations que le gouvernement nous aidera. Il s'agira d'établir à quel niveau. »

— Une citation de  Michel Angers, maire de Shawinigan

De son côté, la députée de Laviolette-Saint-Maurice Marie-Louise Tardif assure que le gouvernement appuiera la Ville quand le nouveau plan de relance sera déposé au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. Ce plan devra inclure une solution permanente qui règlera le problème d’eau potable à Shawinigan une fois pour toutes.

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