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Meurtre d’Elisabeth Salm : l’accusé distingue le bien du mal, selon un psychiatre

Tyler Hikoalok reçoit un prix.

Tyler Hikoalok, âgé de 18 ans, a été accusé de meurtre au premier degré d'Elisabeth Salm (archives).

Photo : tr1bemusic.com)

Radio-Canada

Accusé d'avoir agressé sexuellement et tué Elisabeth Salm, Tyler Hikoalok n'atteint pas le seuil suffisant pour être considéré comme non responsable criminellement, estime un psychiatre médico-légal qui a témoigné, jeudi.

Le Dr Julian Gojer, dont les avocats de la Couronne et de la défense ont convenu qu'il était un témoin expert, a déclaré au jury que Tyler Hikoalok présentait des signes d'anomalies cérébrales compatibles avec le syndrome d'alcoolisation fœtale ou d'autres lésions cérébrales. Toutefois, de l'avis du psychiatre, l'accusé reste capable de distinguer le bien du mal. Le jour où Elisabeth Salm a été tuée, en 2018, M. Hikoalok n'était pas ivre au point de ne plus pouvoir se contrôler, a-t-il ajouté.

M. Hikoalok plaide non coupable aux accusations de meurtre au premier degré de Mme Salm.

Le 24 mai 2018, cette bibliothécaire de 59 ans a été retrouvée violemment battue par une collègue, dans la salle de lecture de la Science Chrétienne, au centre-ville d'Ottawa. Elle est finalement décédée à l'hôpital le lendemain de son agression, des suites de ses blessures. Le procès qui se tient actuellement a également permis de dévoiler des preuves d'agression sexuelle.

M. Hikoalok, qui avait 18 ans au moment des faits, a assuré qu'il n'avait aucun souvenir des événements de la journée ni du lendemain, après avoir bu plus d'un demi-litre de vodka et de rhum.

L’évaluation psychiatrique de M. Hikoalok

Le Dr Gojer a raconté avoir rencontré M. Hikoalok à trois reprises, en 2022, pour lui parler des événements d'il y a plus de quatre ans. Il a également examiné les dossiers de l’accusé à partir de ses trois ans. M. Hikoalok a témoigné qu'il avait commencé à boire de l'alcool dès son enfance et qu'il avait eu une éducation instable, marquée par des passages dans des foyers d’accueil.

Le Dr Gojer a également effectué un test d'électroencéphalographie sur l’accusé, qui consiste à placer des capteurs sur son cuir chevelu et à mesurer ses ondes cérébrales. Les résultats se sont avérés anormaux, a déclaré le psychiatre, indiquant avoir constaté des anomalies cérébrales compatibles avec des dommages potentiellement causés par le fait que sa mère a bu pendant sa grossesse. Il a toutefois précisé que cela ne peut pas être prouvé sans une enquête plus approfondie.

Le psychiatre a également noté un léger retard intellectuel chez le jeune homme de 22 ans, affirmant que l'accusé a des problèmes pour comprendre et traiter les informations, ainsi que pour s'exprimer.

Il est plus lent que la moyenne des gens lorsqu'il raconte ses histoires. Parfois, il faut poser deux fois les questions, a dit le psychiatre.

Tyler Hikoalok marche dans la rue.

Tyler Hikoalok, dans une photo prise par la police d’Ottawa avant son arrestation, en mai 2018. La photo a été présentée comme preuve lors du procès (archives).

Photo : Fournie par la Cour supérieure de justice de l’Ontario, comme preuve

Après avoir examiné les informations et les dossiers disponibles, le Dr Gojer a toutefois déclaré qu'il pensait que M. Hikoalok a la capacité de savoir ce qui est moralement répréhensible, un facteur clé pour déterminer si l'on peut appliquer une défense de non-responsabilité pénale.

Le psychiatre a également témoigné qu'une personne atteinte de lésions cérébrales qui consommait une grande quantité d'alcool pouvait avoir des pertes de conscience et montrer des signes d'intoxication extrême, ce qui inclurait des problèmes de traitement et de rétention d'informations. Il ne croit pas, cependant, que M. Hikoalok ait perdu le contrôle de son corps le jour de la mort de Mme Salm.

Selon le Dr Gojer, cela ferme la porte à l'utilisation par la défense de l’argument de non-responsabilité criminelle.

Le psychiatre a également noté que les gens peuvent subir des pertes de conscience pendant de courtes périodes quand ils boivent, mais celles-ci n'excèdent pas plus de 24 heures. M. Hikoalok a pourtant plusieurs fois assuré, pendant son procès, ne pas avoir beaucoup de souvenirs de ce qui s'est passé.

Les plaidoiries finales du procès sont attendues la semaine prochaine.

Avec les informations de Laura Glowacki de CBC News

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