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Laurent et Yuma, l’improbable amitié de deux grands rivaux

Les patineurs de vitesse Laurent Dubreuil et Yuma Murakami posent pour la caméra en souriant.

Reportage de Guillaume Piedboeuf sur l'amitié des deux patineurs.

Photo : Radio-Canada

Ils sont numéro 1 et 2 au classement mondial du 500 m en patinage de vitesse longue piste. L’un est Québécois, l’autre Japonais. Mais pour Laurent Dubreuil et Yuma Murakami, l’amitié et l’entraide passent avant la rivalité.

À la veille du début des Championnats des quatre continents, jeudi, les deux favoris au sprint étaient heureux de se retrouver sur l’anneau du Centre de glaces de Québec. Ce même anneau où ils ont passé la majeure partie de l’été à se pousser mutuellement.

Laurent et moi, on est amis depuis plusieurs années, dit timidement Murakami, cherchant ses mots dans la langue de Shakespeare.

L'athlète du Canada en pleine action sur la patinoire.

Laurent Dubreuil a gagné la médaille d’argent lors de l’épreuve du 1000 mètres en patinage de vitesse longue piste aux derniers Jeux olympiques à Pékin.

Photo : afp via getty images / SEBASTIEN BOZON

Je pense que ma fille de 3 ans prend plus pour Yuma que pour moi. Si je gagne, elle va être déçue, réplique Dubreuil en riant.

Apprendre du meilleur

Le Lévisien de 30 ans et le Japonais de 29 ans s’affrontent depuis longtemps sur la scène internationale. L’amitié qu’ils avaient nouée s’est toutefois renforcée dans les derniers mois.

À la fin de la saison passée, Yuma m’a écrit pour savoir s’il pouvait venir s'entraîner un peu avec nous cet été. J’ai dit oui en pensant qu’il serait là une semaine ou deux, mais quand il m’a envoyé une photo de ses billets d’avion, j’ai vu qu’il venait pour sept semaines, raconte Laurent Dubreuil, sourire en coin.

Trois hommes avec des chapeaux montrent leur médaille.

Yuma Murakami (bronze), Viktor Mushtakov (or) et Laurent Dubreuil (bronze) sur le podium du 500 m de la Coupe du monde de Calgary, en 2021.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Sixième au classement de la Coupe du monde la saison dernière, Murakami faisait partie de l’élite au 500 m, mais ses résultats stagnaient depuis quelques saisons. Pour apprendre du champion du monde en titre, il était prêt à traverser la planète et à venir s’installer à Québec. Laurent Dubreuil et ses coéquipiers québécois l’ont accueilli à bras ouverts.

Il s'est joint à notre groupe, Gregor [Jelonek] l’a entraîné pendant deux mois et on ne lui a rien caché. C’est comme un membre de notre équipe. Il a fait exactement les mêmes entraînements que moi. On se parlait de technique et je partageais tout, relate Dubreuil.

Un été chez les Dubreuil

Même en dehors de la glace, le Québécois et sa conjointe, Andréanne, se sont assurés que leur ami Yuma se sente à la maison à Québec. On l’a fait visiter la ville, il venait souper chez nous, se baigner dans notre piscine. Il dormait chez nous la fin de semaine pour qu’on fasse des activités.

Laurent Dubreuil, sa conjointe et leur enfant.

Laurent Dubreuil, sa conjointe, Andréanne, et leur fille, Rose, en 2019.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Martin

Murakami le leur a bien rendu. Arrivé les bagages remplis de cadeaux, dont un kimono pour leur fille Rose, le Japonais a vite gagné la faveur des Dubreuil par sa grande gentillesse, et ce, malgré la barrière de la langue.

Ma fille Rose tripe sur lui. Elle l'aime tellement. Il est tellement gentil et tellement bon avec les enfants, décrit Laurent Dubreuil.

Une saine rivalité

Quelques mois plus tard, l'été passé à Québec porte déjà ses fruits pour Yuma Murakami. Lors de la première Coupe du monde de la saison, il est monté sur la plus haute marche du podium au 500 m, tout juste devant Dubreuil.

Ce dernier l’a emporté une semaine plus tard, mais il s’attend à ce que son ami lui livre une bataille à chaque course cette saison.

Regrette-t-il, dans le contexte, de l’avoir aidé à progresser? Pas du tout, assure le Lévisien.

Ils posent avec le 3e patineur, médaille au coup.

Laurent Dubreuil (à gauche) et Yuma Murakami (à droite) après le premier 500 m de la saison de Coupe du monde, en Norvège

Photo : Facebook/Patinage de vitesse Canada

Je le vois comme de l’entraide. Yuma m’a aussi aidé avec ma motivation et mon sérieux. Il est arrivé au milieu de l’été et les premiers mois avaient été plus difficiles pour moi. Je me suis dit : "Il vient pour s'entraîner avec le meilleur au monde, pas avec un gars que ça ne lui tente pas". Mon bon début de saison n'est pas étranger à ça.

Le patinage de vitesse longue piste est un sport de chrono, ajoute Dubreuil.

« Je fais mon propre effort, ma propre course. Si Yuma me bat, ça veut dire qu’il est meilleur que moi et si je le bats, ça veut dire que je suis meilleur que lui. »

— Une citation de  Laurent Dubreuil

Après sa victoire en Coupe du monde à la mi-novembre, Yuma Murakami a partagé sur ses réseaux sociaux une photo avec Laurent Dubreuil, tous deux médailles au cou. Équipe ville de Québec est forte, écrivait-il.

Reste à voir qui dans cette équipe s’imposera devant le public du Centre de glaces vers 13 h vendredi : le champion local ou le plus québécois des Japonais?

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