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Pour parler vasectomie avec leur médecin, les hommes préfèrent le téléphone

Un homme et son téléphone, sur fond blanc

S’ils avaient eu le choix, 96% des répondants auraient opté pour la consultation par téléphone et 97% choisiraient cette option si c’était à refaire.

Photo : Getty Images

Audrey-Maude Vézina

Les hommes qui envisagent une vasectomie ont une nette préférence pour les consultations préopératoires se déroulant à distance, démontre une étude de l’Université Laval menée auprès de plus de 200 patients.

Les rendez-vous d’information au sujet de la vasectomie sont obligatoires pour présenter la procédure, ses implications et les risques associés, selon les règles déontologiques du Collège des médecins du Québec.

Jusqu’en mars 2020, ces rencontres se déroulaient en personne, mais la pandémie a changé la donne. Les consultations téléphoniques sont devenues assurées par le Régime d'assurance maladie du Québec, elles n’étaient pas couvertes auparavant.

Une préférence marquée

Le responsable de l’étude, Michel Labrecque, professeur émérite au Département de médecine familiale et médecine d’urgence de l’Université Laval, a profité de ce changement pour demander l’avis des patients. À la lumière des résultats obtenus, il ne peut imaginer revenir aux consultations en présentiel.

Cette préférence est tellement nette que je ne vois pas comment on pourrait faire marche arrière et revenir uniquement aux consultations prévasectomie en personne, souligne le Dr Labrecque, également chercheur clinicien associé au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval.

Des médecins menacent d’arrêter de pratiquer la vasectomie si le gouvernement maintient sa décision d’abolir les frais accessoires.

Le Dr Michel Labrecque (archives)

Photo : Radio-Canada

Il indique passer plus de temps en consultation puisqu’elles doivent être faites de façon individuelle plutôt qu’en groupe comme c’était le cas en personne. Mais ce n’est pas un problème selon lui parce que les patients sont beaucoup plus heureux avec ça.

L’équipe de recherche a invité 214 de leurs patients à remplir un questionnaire portant sur leur préférence au sujet de la rencontre préopératoire. Ces derniers avaient tous eu une rencontre d’information par téléphone et venaient d’être vasectomisés.

S’ils avaient eu le choix, 96 % d'entre eux auraient opté pour la consultation par téléphone et 97 % choisiraient cette option si c’était à refaire. Questionnés s’ils recommanderaient la rencontre téléphonique à un ami, 95 % ont répondu par l’affirmative.

Une option avantageuse pour le patient

Le professeur Labrecque explique ces résultats par la praticité du processus. Les patients ont pas besoin de se déplacer pour venir nous voir, alors ils peuvent faire ça dans leur salon, ils peuvent faire ça dans leur auto, j'en ai même eu au sortir d'une épicerie chez Costco, rapporte-t-il. Le chercheur souligne également le caractère moins engageant du téléphone, particulièrement si les hommes sont encore indécis.

Il ajoute que le seul désavantage à la téléconsultation est que les médecins ne peuvent pas faire d’examen. Ils ne peuvent donc pas détecter les problèmes génitaux qui pourraient empêcher une vasectomie. Le professeur émérite et chercheur précise toutefois qu’ils font un examen juste avant l’opération. Et les cas sont rares et représentent à peine 0,15 % des patients. Sur près de 4000 patients pour qui on a fait des consultations, y en a 6 seulement à qui on n'a pas pu faire la vasectomie, précise le Dr Labrecque.

La popularité de la vasectomie au Québec

ÉMISSION ICI PREMIÈRE • Première heure

Dessin illustrant le processus de vasectomie avec la séparation du canal déférent.

C'est certain que si les gens nous demandent notre avis à savoir qu'est-ce que la population préfère, ben c'est clair qu'on a des données scientifiques pour appuyer [...] et qui montrent que c'est sécurisé, ajoute le professeur.

Au début des années 1990, près de 20 000 vasectomies étaient pratiquées annuellement au Québec. De nos jours, leur nombre s’établit à 15 000. Michel Labrecque pense que si on veut encourager l’opération chez les hommes, il faut tenir compte de leurs préférences. Il insiste sur le fait qu’il faut sérieusement envisager le maintien des consultations téléphoniques après la pandémie.

Selon lui, la téléconsultation pourrait être adaptée à d’autres types de procédures qui ne demandent pas un examen immédiat.

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