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Ayants droit : des statistiques peu surprenantes, disent les commissions scolaires du Nord

Une élève de dos se tient devant l'École des Trois-Soleils d'Iqaluit le jour de sa rentrée scolaire.

En tout, 2800 enfants sont admissibles à l'instruction en français à travers les trois territoires.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Les différentes commissions scolaires francophones du Grand Nord sont loin d’être surprises des données publiées mercredi en ce qui concerne le nombre d’enfants canadiens admissibles à l’instruction dans une langue officielle minoritaire. Ces données seront toutefois de bons leviers pour négocier le développement et l’agrandissement des écoles francophones dans les territoires.

Au Yukon, 1160 enfants sont admissibles à l'éducation en français. Aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), Statistique Canada dénombre 1110 enfants, alors que le Nunavut en compte 530.

Ces données sont loin de surprendre le président de la Commission scolaire francophone des T.N.-O. (CSFTNO), Jean de Dieu Tuyishime, qui se réjouit d'avoir dorénavant cette information en main.

Dans le passé, c'était très difficile de justifier la planification des infrastructures, parce que, chaque fois qu'on demandait, par exemple, l'agrandissement [d’une école], c’était difficile de se baser sur des données probantes, explique-t-il.

Le président nouvellement réélu de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY), Jean-Sébastien Blais, est du même avis.

L'École Boréale de Hay River, en hiver.

L’École Boréale, de Hay River, et l’École Allain-St-Cyr, à Yellowknife, sont les deux écoles francophones des Territoires du Nord-Ouest.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Ça va aider la planification énormément, ça va aider le dialogue et ça va donner des données probantes pour que les ministères puissent planifier un soutien aux différents conseils scolaires de leur province et territoire, affirme-t-il.

Même son de cloche du côté du Nunavut, où le président de la Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN), Judy Sessua, se dit très heureux d’avoir un portrait plus clair de la communauté francophone du territoire.

Ça fait plaisir aussi en même temps parce que ça permet de savoir le travail que nous avons à faire et les perspectives à moyens et à long terme, dit-il. L’idéal serait de pouvoir offrir des services à tous les enfants d’ayants droit.

Une proportion marquée au Yukon

Si les chiffres sont calculés au prorata de la population, le Yukon se classe au troisième rang au pays, tout juste après le Nouveau-Brunswick et le Québec, pour la proportion d’enfants admissible à l’éducation dans la langue minoritaire. Le Nunavut, en revanche, se classe plutôt à l’avant-dernier rang.

C'est intéressant de voir que, parmi tous les enfants de moins de 18 ans au Yukon, il y a une proportion qui est relativement importante, soit 14 %, des enfants qui sont admissibles à l'instruction à l’école de langue française, estime l’enquêteur principal pour cette étude à Statistique Canada, Dominique Pépin-Filion.

La façade extérieure de l'École des Trois-Soleils d'Iqaluit durant l'hiver.

L'École des Trois-Soleils est la seule école francophone du Nunavut. Elle accueille une centaine d'élèves de la maternelle à la 12e année.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Parmi les 1160 enfants yukonnais admissibles âgés de moins de 18 ans, 810 sont d'âge scolaire et, parmi ces derniers, 71 % (575) ont déjà fréquenté une école francophone dans leur parcours scolaire ou en fréquentaient un au moment du recensement.

« C’est quand même un beau clin d'œil à la réussite locale qu'on a ici. »

— Une citation de  Jean-Sébastien Blais, président de la Commission scolaire francophone du Yukon

Dominique Pépin-Filion explique que d’autres études plus précises sont à venir, notamment une étude sur la population de langue officielle en situation minoritaire, qui a pour objectif de mieux comprendre les besoins des communautés et pourquoi, par exemple, certaines familles choisissent d’envoyer leurs enfants en immersion plutôt que dans une école de la langue minoritaire.

Par exemple, au Yukon, le tiers des enfants admissibles ont le français comme langue maternelle. Et puis, 85 % d'entre eux vont fréquenter des programmes des écoles de langue française, explique-t-il.

Façade du Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile-Mercier.

Le Yukon compte deux écoles francophones pour le moment : le CSSC Mercier et l'École Émilie-Tremblay. Un projet d'école est aussi en cours pour Dawson.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

L’avocat spécialisé en droit linguistique Mark Power estime que c’est la preuve que les ayants droit devraient avoir accès à des centaines, voire à des milliers, d'écoles supplémentaires au pays. Il encourage d’ailleurs les francophones en situation minoritaire à saisir l’avantage de la publication de ces nouvelles données de Statistique Canada.

Les gouvernements doivent prendre l’initiative de respecter la Constitution sans que des juges l’exigent. [La francophonie] hors Québec a aussi intérêt à être moins patiente et à prendre acte de sa situation démographique et à prendre le contrôle de son destin en exigeant et en gérant les écoles auxquelles elle a droit, dit-il.

Avec des informations de Claudiane Samson, Matisse Harvey et de l’émission Panorama

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