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Fredericton refuse de fermer la porte aux multinationales en santé

Le ministre de la Santé a rejeté un amendement qui visait à interdire des cliniques de multinationales.

Un ophtalmologiste pratique une chirurgie de la cataracte.

Un projet de loi qui va permettre l'ouverture de cliniques de chirurgie privées sème l'inquiétude au Nouveau-Brunswick.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le ministre de la Santé a rejeté un amendement qui visait à interdire des cliniques de multinationales.

Les députés à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick ont débattu du projet de loi 3, qui vise à permettre l’ouverture de cliniques de chirurgie privées.

Il permettra, plus précisément, l’existence de la clinique privée de chirurgie de la cataracte, dont l’ouverture a été annoncée en septembre à Bathurst.

Selon plusieurs intervenants, et selon les deux partis d’opposition, en légalisant l’ouverture de cliniques comme celle de Bathurst, le projet de loi 3 légalise aussi l’ouverture de cliniques privées par de grandes sociétés nationales ou internationales.

Rob McKee à l'Assemblée.

Le chef de l'opposition officielle, le libéral Rob McKee, a proposé un amendement pour interdire les multinationales en santé, ce qu'a refusé le ministre Bruce Fitch.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Le chef de l’opposition officielle, le libéral Rob McKee, a donc présenté un projet de loi pour interdire cette possibilité. C’est pour ça que j’ai apporté un amendement, pour fermer la faille dans le projet de loi, qui ouvre la porte à la privatisation et des compagnies de l’extérieur d’ouvrir leurs cliniques.

Le chef du Parti vert, David Coon, a appuyé cet amendement. Libéraux et verts ont donc tenté de convaincre le ministre d’appuyer la disposition qui empêcherait de grandes sociétés étrangères d’ouvrir des cliniques privées au Nouveau-Brunswick.

Sauf que le ministre de la Santé, Bruce Fitch, a refusé. Je peux vous assurer que ce n'est pas l'intention du projet de loi 3.

Le ministre s’en remet aux réseaux de santé

Le ministre Bruce Fitch estime qu’il n’est pas nécessaire de spécifier, dans la loi, que les multinationales ne peuvent pas ouvrir des cliniques privées au Nouveau-Brunswick. Selon lui, il faut tout simplement s’en remettre aux deux réseaux de santé, Vitalité et Horizon.

Je suppose que c'est impossible, parce que les réseaux de santé sont ceux qui concluent des accords avec les cliniques ou les médecins, et ces médecins qui font les chirurgies doivent être autorisés ici dans la province du Nouveau-Brunswick, doivent avoir des numéros de facturation, explique le ministre.

Le ministre de la Santé répond aux questions des journalistes.

Le ministre de la Santé, Bruce Fitch, a rejeté un amendement qui aurait interdit l'ouverture de clinique privée par des multinationales.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Sauf que rien dans le projet de loi n’interdit aux réseaux de santé de négocier des contrats avec des multinationales.

Même si ce n’est pas l’intention du ministre d’aller dans ce sens, la possibilité semble bien réelle, et c’est ce qui inquiète.

Le projet de loi qui existe maintenant est insuffisant pour assurer un bon contexte légal pour les négociations entre les réseaux de santé et des corporations dans l’avenir, précise le chef du Parti vert, David Coon.

Le ministre Fitch accuse l’opposition de soulever des craintes infondées. Je souhaiterais que l'opposition ne spécule pas, ne cause pas ce doute, mais encore une fois, j'ai été là [dans l’opposition], je sais que c'est leur travail, a-t-il lancé à plusieurs reprises.

Pourtant, les libéraux ont clairement indiqué qu’ils appuient l’idée du projet de loi, tant qu’il n’ouvre pas la porte aux multinationales.

Coûts plus élevés et profits pour le privé

L’ouverture aux cliniques privées, sans les limites que souhaitait l’opposition, pourrait conduire à des coûts plus élevés pour les soins de santé, au profit d’entreprises étrangères, selon le chef de l’opposition officielle.

Le prix pourrait augmenter pour la province, pour payer ces chirurgies, parce qu’on sait qu’au privé, le but numéro un, c’est faire un profit. Avec le système de santé public, le but numéro un, c’est la santé des citoyens, donc si on va vers la privatisation, on risque de payer plus cher dans l’avenir, craint Rob McKee.

Le chef du Parti vert, David Coon, dit qu’un exemple d’une clinique au Québec montre, justement, le chemin à ne pas prendre. Il y a des coûts élevés pour les patients, et aussi un effort de la clinique de vendre d’autres services privés, pas juste la chirurgie pour les yeux, déplore-t-il.

David Coon à l'Assemblée.

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, déplore l'ouverture aux multinationales que permettrait le projet de loi 3.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Tout cela, c’est sans compter les impacts de l’ouverture de cliniques privées sur les ressources humaines en santé. Selon Rob McKee, le privé pourrait devenir un concurrent en ce qui concerne les professionnels, comme des infirmières, que le réseau public a déjà beaucoup de difficultés à recruter et à garder.

Il y a une peur que les travailleurs et travailleuses en santé vont quitter le public pour aller vers ces cliniques privées, qui vont mettre plus de pression sur notre système public, donc pour nous, ça devrait être quelque chose qui est géré par le système public avec une meilleure collaboration avec les hôpitaux et les différentes cliniques qui sont déjà en existence, estime Rob McKee.

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