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L’assassin présumé de Rebecca Contois est accusé de trois autres meurtres à Winnipeg

M. Skibicki portant une casquette à l'air militaire.

Jeremy Skibicki avait déjà été accusé du meurtre au premier degré de Rebecca Contois, qui était membre de la Première Nation de Crane River.

Photo : Facebook/Jeremy Skibicki

Déjà accusé d’un meurtre particulièrement macabre, Jeremy Skibicki, est maintenant accusé de trois autres meurtres à Winnipeg. Selon la police, toutes ses victimes étaient des femmes autochtones.

Le 18 mai, Jeremy Skibicki a été accusé du meurtre d’une femme de 24 ans membre de la Première Nation de Crane River, Rebecca Contois. Une partie de ses restes avaient été découverts près d’un appartement du quartier de North Kildonan en mai.

Les enquêteurs ont alors dirigé leurs recherches vers la décharge du chemin Brady, situé juste au sud du périmètre de Winnipeg. Un mois plus tard, d’autres restes de Rebecca Contois y ont été découverts.

En mai, la police indiquait déjà qu'il pourrait y avoir d'autres victimes liées à l'enquête.

Jeudi, lors d’une conférence de presse, le chef du Service police de Winnipeg, Danny Smyth a confirmé cette triste prédiction.

La police a ainsi déposé trois nouveaux chefs de meurtre au premier degré contre Jeremy Skibicki, qui est détenu au Centre correctionnel de Milner Ridge.

Deux policiers debout devant un podium.

L'inspecteur Shawn Pike et le chef Danny Smyth du Service de police de Winnipeg, lors de la conférence de presse.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Il est accusé du meurtre de Morgan Beatrice Harris, une femme de 39 ans, de la Première Nation de Long Plain, autour du 1er mai. Il est aussi accusé du meurtre de Marcedes Myran, 26 ans, également de Long Plain, autour du 4 mai.

Une quatrième personne, qui n’a pas encore été identifiée, est la première victime de Jeremy Skibicki, selon la police. Les autorités croient qu’il s’agit d’une femme autochtone de taille moyenne, dans la mi-vingtaine, et demandent l’aide du public pour l’identifier.

La police a publié l’image d’un blouson réversible, dont un côté était noir, et l’autre, orné de rayures horizontales blanches et noires. Elle demande à toute personne qui reconnaîtrait ce blouson de prendre contact avec elle.

Un blouson réversible avec un côté noir et l'autre côté avec des rayures horizontales.

Le manteau appartenant possiblement à la présumée victime de M. Skibicki, qui n'a pas été identifiée.

Photo : Service de police de Winnipeg

Des actes tragiques 

C’est toujours inquiétant quand il y a des meurtres en série, ce n’est pas la première fois que nous en connaissons […] C’est inquiétant parce que ça implique des femmes autochtones, nous sommes très sensibles aux femmes autochtones disparues et assassinées, indique Danny Smyth.

Il a qualifié ces meurtres d’actes tragiques et insensés.

Le maire de Winnipeg, Scott Gillingham, présent lors de la conférence de presse a exprimé son indignation devant ces crimes. De la colère et de la tristesse, c’est ce que je ressens en ce moment, lance-t-il.

« C’est un jour douloureux pour Winnipeg et nous ne devons jamais devenir insensibles devant l’horreur de ces nouvelles. »

— Une citation de  Scott Gillingham, maire de Winnipeg

Ces femmes faisaient partie de notre communauté, dit-il, en ajoutant que Winnipeg doit faire plus pour protéger les femmes autochtones. Il y a trop de personnes sans abri, trop de dépendance, trop de pauvreté et trop de crimes violents, poursuit le maire.

M. Gillingham note que ces trois meurtres portent à 50 le total en 2022, dans la capitale manitobaine, un chiffre record. En tant que ville, nous ne pouvons pas accepter ça.

Il s’engage à effectuer de vrais efforts pour réduire la violence.

Trois victimes et aucun corps

Les corps des trois victimes des meurtres annoncés jeudi n’ont pas été retrouvés selon l’inspecteur de l’unité des crimes majeurs, Shawn Pike. Il a refusé d’expliquer comment la police a pu déposer des accusations de meurtre au premier degré sans qu’il y ait de corps, car l’enquête est encore en cours.

Un montage avec des photos des visages de Morgan Beatrice Harris, Marcedes Myran et Rebecca Contois

De gauche à droite : Morgan Beatrice Harris, Marcedes Myran et Rebecca Contois. La police de Winnipeg a annoncé jeudi que Jeremy Skibicki a été inculpé de meurtre au premier degré pour la mort des trois femmes, ainsi que pour celle d'une quatrième personne, qui n'a pas été identifiée.

Photo : Police de Winnipeg et Darryl Contois

Il note cependant que les accusations ont été déposées après consultation avec les procureurs de la Couronne.

Pour le moment, la police n’entrevoit pas de recherches pour les corps manquants. Elle œuvrera cependant pour identifier la quatrième victime, assure M. Pike. Quelque part, il y a une famille, une communauté qui ont perdu un être cher, dit-il. 

Aucune information ne laisse croire qu’il y aurait d’autres victimes, ajoute le policier.

L’inspecteur Pike ne voulait pas commenter les possibles motivations de l’accusé. L’homme de 35 ans exprimait son soutien à des groupes ouvertement racistes et misogynes sur les réseaux sociaux.

Une communauté sous le choc

La Première Nation de Long Plain, d'où provenaient Marcedes Myran et Morgan Beatrice Harris, se dit dévastée.

La mort de trois femmes et d'une personne non identifiée est une source de tristesse ressentie par plusieurs. Nous devons nous rassembler en tant que communautés pour protéger et soutenir nos femmes et hommes autochtones, a affirmé la cheffe Kyra Wilson dans un communiqué de presse.

La communauté demande maintenant le respect de la vie privée des familles des victimes. La cheffe Wilson ajoute que des ressources sont en place pour les membres de la communauté et qu'un feu sacré sera allumé.

Chaque fois qu'une femme autochtone est portée disparue ou qu'elle est assassinée, ça bouleverse la communauté, pas seulement pour la journée ou durant le temps des senquête, mais dans certains cas pour la vie, affirme la militante des droits des femmes autochtones Sandra DeLaronde.

Une veillée à la chandelle s'est tenue dans le quartier North End de Winnipeg, le 1er décembre.

Une veillée à la chandelle s'est tenue en mémoire de Morgan Harris, Marcedes Myran, de nouvelles présumées victimes de Jeremy Skibicki.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

Par ailleurs, une veillée à la chandelle en l'honneur des victimes a été spontanément organisée dans le quartier North End, jeudi soir à la mémoire des victimes de ces actes criminels.

Ces meurtres rappellent ceux de plusieurs autres femmes signalés au cours des dernières années au Manitoba.

Au début du mois de juin 2022, trois femmes autochtones avaient été assassinées en l’espace de deux semaines au Manitoba.

Un des cas les plus retentissants dans la province est celui de Tina Fontaine, une adolescente de 15 ans dont le corps a été repêché en août 2014 de la rivière Rouge

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