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De nouvelles dénonciations visent deux évêques de l’Est-du-Québec

Les mains jointes, une paroissienne tient un chapelet avec une croix bien visible au bout de la chaîne.

Les allégations d'agressions sexuelles visent l'évêque de Baie-Comeau, Jean-Pierre Blais, et l'ex-évêque de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, Clément Fecteau, mort en 2017.

Photo : Getty Images / Dan Kitwood

L’ex-évêque du diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, Clément Fecteau, aujourd’hui décédé, et l’actuel évêque de Baie-Comeau, Jean-Pierre Blais, font l’objet d’allégations d’agressions sexuelles. Le cabinet d’avocats Arsenault Dufresne Wee, qui orchestre une action collective au nom d’une centaine de victimes, a inclus les noms de ces anciens évêques auxiliaires de Québec à la liste des présumés agresseurs.

Ils s’ajoutent à celui de l'ex-archevêque de Québec, Marc Ouellet, également visé par des allégations de gestes à caractère sexuel.

Au printemps dernier, la Cour supérieure du Québec a accueilli la demande d’action collective dirigée contre le diocèse de Québec. Elle a été déposée au nom de deux présumées victimes, Gaétan Bégin et Pierre Bolduc. Avec cette mise à jour du cabinet d'avocats, le nombre de victimes présumées passe de 101 à 134.

Dans le cas de Jean-Pierre Blais, les faits allégués se seraient produits de 1973 à 1975 au presbytère Charny, à Lévis, peut-on lire dans le tableau des victimes mis à jour jeudi par le cabinet d’avocats. L’évêque de Baie-Comeau aurait notamment commis des attouchements sur un enfant de 12 ans, selon la présumée victime.

De son côté, Clément Fecteau aurait commis des attouchements sur un enfant de 13 ans en 1987, au Séminaire de Québec. Le religieux se serait aussi adonné à de l’exhibitionnisme.

C’est en 1989 que Monseigneur Fecteau est élu évêque auxiliaire de Québec, poste qu’il occupera jusqu’en 1996, pour être transféré à Sainte-Anne-de-la-Pocatière à titre d’évêque. Il quitte la vie religieuse en 2008. Jean-Pierre Blais est nommé évêque auxiliaire de Québec en 1994. Il est l’actuel évêque de Baie-Comeau depuis 2008.

Réactions des diocèses

Les allégations entourant Clément Fecteau ont été accueillies avec une très grande surprise par le diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, parlant d’un homme très apprécié au sein de la communauté. Le diocèse encourage toutefois les victimes présumées à dénoncer des gestes de cette nature qui auraient été faits par des membres du clergé.

Appelé à commenter les nouvelles allégations, le diocèse de Québec indique que les dirigeants et les membres de l’Église catholique de Québec condamnent fermement toute conduite qui porte atteinte à la dignité humaine.

La porte-parole Valérie Roberge-Dion ajoute qu’une ligne téléphonique, une adresse courriel et un protocole sont disponibles pour aider les gens à dénoncer les inconduites sexuelles de la part de représentants de l’Église.

De son côté, le diocèse de Baie-Comeau a publié une courte déclaration vendredi, dans laquelle Jean-Pierre Blais nie formellement les allégations à son égard. Ayant pris connaissance, dans l’action collective contre l’Archidiocèse de Québec, des faits d’allégations d’abus sexuels me concernant et qui seraient survenus entre 1973 et 1975 à Charny, je tiens à nier formellement avoir eu des gestes déplacés sur la victime présumée, peut-on lire.

Mgr Blais ajoute qu'il compte collaborer dans le cadre du processus judiciaire en cours. L'évêque n’accordera aucune entrevue et aucun commentaire supplémentaire ne sera émis, est-il précisé dans le communiqué.

Le cabinet d’avocats Arsenault Dufresne Wee a entamé en parallèle un recours collectif contre le diocèse de Trois-Rivières. 43 présumées victimes ont dénoncé plus d’une vingtaine de membres du personnel du diocèse, selon le cabinet.

La liste de victimes pourrait s’allonger

Chaque fois qu’on fait une intervention au public, on a d’autres victimes qui s’ajoutent, affirme l’un des avocats derrière l’action collective, Me Alain Arsenault. L’ajout du nom du cardinal Ouellet dans la liste de présumés agresseurs a incité d’autres personnes à se joindre à la procédure judiciaire, selon lui.

Le juriste précise néanmoins que les diocèses de Baie-Comeau et de Sainte-Anne-de-la-Pocatière ne sont pas mis en cause dans la procédure judiciaire du cabinet, puisque les faits reprochés ne se seraient pas déroulés en ces lieux.

N’empêche, Me Arsenault n’exclut pas le fait que des victimes pourraient être répertoriées à Baie-Comeau et à Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Il encourage d’ailleurs d’autres victimes potentielles à se manifester auprès du cabinet d’avocats. Témoigner d’événements s’étant déroulés il y a plus de 20 ans peut être difficile, mais c’est libérateur, assure Alain Arsenault.

« La honte que les gens ressentent doit être renversée ; c’est l’Église qui doit porter la honte. »

— Une citation de  Alain Arsenault, avocat

L’action collective vise l’ensemble des cas présumés d’agressions sexuelles qui auraient été commises par des membres du personnel du diocèse depuis 1940.

Avec les informations d'Isabelle Damphousse et Aurélie Girard

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