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Des milliers de personnes ont cessé de se déplacer pendant la pandémie

De la circulation automobile le matin dans le Grand Sudbury.

Le recensement de 2021 montre que des milliers de personnes dans les villes du Nord de l'Ontario ont cessé de se déplacer pendant la pandémie.

Photo : CBC/Erik White

Radio-Canada

Les chiffres du recensement de 2021 montrent que les déplacements quotidiens dans le Nord de l'Ontario ont été perturbés dans les grandes villes de la région, mais que dans les petites villes, plus de personnes sont confrontées à des trajets plus longs pour se rendre au travail.

Statistique Canada a constaté que des millions de Canadiens ont complètement cessé de faire la navette entre le recensement de 2016 et 2021, alors que beaucoup vivaient des confinements et travaillaient à domicile.

Dans le Grand Sudbury, quelque 13 000 personnes de moins ont déclaré avoir fait la navette en 2021, comparativement à cinq ans plus tôt. 

À Sault-Sainte-Marie, le nombre a diminué de 7000 personnes et de 3000 personnes à North Bay.

Avant la pandémie, Stuart Gilray faisait deux heures et demie d’autobus de son domicile à Cochrane jusqu'à la mine d'or Detour Gold.

Il a ensuite passé deux ans à travailler de chez lui et, depuis quelques mois, il conduit une heure jusqu'à Timmins aller-retour pour se rendre à un nouvel emploi chez Tisdale Bus Lines.

J'aimerais certainement faire quelque chose de plus productif avec le temps, oui, affirme en riant l'homme de 61 ans.

Mais cela me donne aussi une chance de me préparer pour la journée et de me vider l’esprit à la fin de la journée.

Une voiture stationnée au bord de la route à la pénombre.

Todd McDonell a déménagé de Timmins à Iroquois Falls pour réduire son trajet vers son travail à Cochrane.

Photo : Todd McDonell

Alyssa Lavoie répondait à la ligne d'assistance COVID du bureau de santé à Timmins pendant la pandémie, à 45 minutes de route de chez elle à Val Gagné, ce qui pouvait facilement devenir une heure par temps hivernal ou lors de la construction estivale.

La jeune femme de 24 ans a fini par convaincre ses patrons de la laisser travailler plus près de chez elle à Iroquois Falls.

J'étais nerveuse à l'idée de demander parce que je ne voulais pas risquer mon emploi, affirme-t-elle.

J'étais vraiment reconnaissante une fois qu'ils l'ont soutenu, mais c'était vraiment frustrant de devoir me battre pour ça.

La COVID-19 n'a cependant pas inversé la tendance où de plus en plus de petites villes du Nord de l'Ontario deviennent des communautés-dortoirs, avec de plus en plus de personnes confrontées à de longs trajets pour se rendre au travail.

À Nipissing Ouest, 13 % de la population active en 2021 conduisait plus d'une heure pour se rendre au travail, contre 10 % en 2016.

Le pourcentage de 20 % à Rivière des Français est environ le même qu'il y a cinq ans.

À Smooth Rock Falls, où 18 % conduisent chaque jour plus d'une heure pour se rendre au travail, le maire nouvellement élu Patrick Roberts affirme que le trajet a un impact important sur la vie sociale de l'ancienne ville industrielle.

À Iroquois Falls, qui a vu son usine de papier fermer ses portes en 2014, 16 % conduisent chaque jour plus d'une heure pour se rendre au travail, contre 13 % il y a cinq ans.

Le camionneur Todd McDonell a déménagé de Timmins à Iroquois Falls il y a cinq ans pour réduire son trajet de moitié.

Il conduit maintenant 30 minutes jusqu'au dépôt de Cochrane, puis monte dans un camion de transport chargé de nourriture et se rend à North Bay avant de revenir.

Je voulais être plus près du travail parce que je conduis environ 12 heures par nuit et je faisais un trajet de deux heures également, donc c'étaient des journées de 14 heures, elles devenaient longues, déclare l'homme de 39 ans, père de quatre enfants.

Je rentre un peu plus tôt à la maison, je pars un peu plus tard. Ça me fait quatre heures à la maison.

M. McDonell a vu beaucoup de jeunes familles déménager à Iroquois Falls où les maisons sont plus abordables qu’à Timmins ou d'autres grands centres.

Un autobus du transport en commun de Timmins.

Le recensement de 2021 montre que le nombre d'utilisateurs du transport en commun a chuté pendant la pandémie, mais peu de gens du Nord de l'Ontario se rendaient au travail de cette façon avant la pandémie de toute façon.

Photo : CBC/Erik White

L'achalandage du transport en commun a également diminué à Sudbury, Sault-Sainte-Marie, North Bay et Timmins au printemps 2021, ce qui n'est pas surprenant étant donné que le service a été interrompu à certains moments au cours des deux dernières années.

Le nombre de personnes qui choisissent de prendre l'autobus ou la bicyclette pour se rendre au travail dans le Nord de l'Ontario est demeuré très faible par rapport à ceux qui prennent une voiture.

À Sault-Sainte-Marie, 690 personnes se sont rendues au travail en transport en commun l'an dernier, contre 1190 en 2016. Par ailleurs, 230 ont déclaré prendre le vélo, contre 265 au dernier recensement.

Dans le Grand Sudbury, Rob Klein est l'un des 245 qui ont dit à Statistique Canada qu'ils se rendent au travail à vélo, ainsi que l'un des 2500 qui se déplacent en transport en commun.

L'ingénieur en environnement de 38 ans a déménagé à Sudbury en 2019, excité à l'idée de se débarrasser d'une deuxième voiture.

Avant que je déménage ici, tout le monde disait: 'Oh, tu dois conduire partout, tu ne peux aller nulle part.' Et mon expérience, je dirais, a été le contraire, affirme M. Klein, un père de deux enfants.

Un homme à bicylette avec deux enfants.

Rob Klein, 38 ans, a renoncé à une deuxième voiture lorsqu'il a déménagé à Sudbury en 2019 et fait du vélo pendant 25 minutes pour se rendre au travail lorsque la température le permet.

Photo : CBC/Erik White

Il dit qu'il pédale 25 minutes de sa maison à son bureau du centre-ville, principalement à travers les espaces verts de l'Université Laurentienne compte tenu des sections manquantes de pistes cyclables sur la rue Paris.

Et en hiver, M. Klein marche 20 minutes jusqu'à un arrêt d’autobus, puis monte 10 minutes jusqu'au terminus du centre-ville.

Je dis toujours à quel point j'aime l’autobus. Et tout le monde me regarde bizarrement. Mais c'est génial, dit-il, ajoutant qu'il aimerait voir le nouveau conseil municipal investir dans plus d'infrastructures cyclables et dans l'amélioration du transport en commun.

Avec les informations de CBC

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