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Une sans-abri à Moncton lance un appel à la bienveillance

Kayla Gallie.

La jeune Kayla Gallie vit sous une tente à Moncton et elle se réchauffe dans les locaux de l'organisme Ensemble Moncton.

Photo : Radio-Canada / Vanessa Blanch

Radio-Canada

En attendant l’ouverture du nouveau refuge d’urgence à Moncton, une jeune sans-abri exprime l’espoir que les personnes qui vont s'y présenter seront traitées avec compassion et bienveillance.

Traitez-nous comme des humains, parce que c’est ce que nous sommes, s'exclame Kayla Gallie, 21 ans, qui fait partie des centaines de personnes sans domicile fixe dans la ville qui tentent de rester au chaud.

Elle souhaite que les gens comprennent que les sans-abri n’ont pas tous choisi ce mode de vie. Selon elle, beaucoup d’entre eux se trouvent dans cette situation malgré eux.

« Nous sommes bloqués à l’extérieur en train de geler. Nous demandons de l’aide, nous supplions d'avoir de l'aide, et beaucoup de gens détournent les yeux en se disant que nous sommes responsables de notre situation. Je ne veux pas rester dehors et geler. »

— Une citation de  Kayla Gallie, une jeune sans-abri à Moncton

En ce moment, je n’ai pas d’autres choix que de dormir dehors. Je ne peux plus aller nulle part, et j’ai essayé, affirme Mme Gallie.

La jeune femme est interdite de séjour dans les deux refuges permanents de Moncton. Elle soutient que l’un d’eux l’accuse d’un geste qu’elle n’a pas commis. Elle reconnaît dans le cas de l’autre refuge qu’elle n’a pas respecté le règlement qui interdit toute consommation de drogue sur place.

Kayla Gallie estime que l’interdiction de séjour d’un an est sévère. Selon elle, d’autres sans-abri sont bannis pour des raisons qu’elle qualifie d’insignifiantes. Elle espère que le refuge d’urgence acceptera des personnes qui, comme elle, ont de la difficulté à surmonter leur toxicomanie.

Essayez de trouver des personnes sans-abri qui ne sont pas des accros. Il y en a très peu. C’est la triste vérité, affirme Mme Gallie.

Kayla Gallie passe la nuit sous une tente tandis que la température tombe sous le point de congélation. Elle dit que les conditions sont glaciales et qu’il lui faut une bonne partie de la journée suivante seulement avant de retrouver la sensation dans ses mains.

Un organisme veut contribuer au nouveau refuge

Des préparatifs sont en marche pour l’ouverture d’un refuge d’urgence dans le centre communautaire du Club des Lions de Moncton, rue Saint-Georges, qui comptera 125 lits.

Ensemble Moncton dessert plusieurs personnes qui sont bannies des refuges permanents parce qu’elles consomment des drogues, indique la directrice de l’organisme, Debby Warren. Elle espère que le nouveau refuge sera outillé pour aider ces personnes.

Nous ne pouvons pas envoyer des personnes dans le froid parce qu’elles sont droguées. Nous devons en faire un lieu sécuritaire pour tout le monde, souligne Mme Warren.

Debby Warren souhaite qu’Ensemble Moncton puisse gérer un service de prévention des surdoses dans le nouveau refuge, comme il le fait dans ses propres locaux. Les personnes pourraient ainsi consommer de la drogue en sécurité, grâce à une supervision, et les autres clients seraient aussi en sécurité, explique Mme Warren.

Debbie Warren.

Debbie Warren, directrice de l'organisme Ensemble Moncton, espère que le refuge d'urgence offre des services de prévention des surdoses et soit accommodant pour les sans-abri consommateurs de drogues.

Photo : Radio-Canada / Pierre Fournier

Une infirmière praticienne passe chez Ensemble Moncton chaque semaine pour offrir des soins aux clients et un travailleur social gestionnaire de cas y va aussi régulièrement pour les renseigner sur les divers services qui leur sont offerts et les inscrire sur la liste d’attente pour obtenir un logement social.

Ce modèle fonctionne bien et peut s’appliquer au nouveau refuge d’urgence, selon Mme Warren.

Bientôt un nouveau refuge d’urgence

Le gouvernement travaille avec un intervenant sans but lucratif pour régler les derniers détails du nouveau refuge, explique la ministre du Développement social, Dorothy Shephard.

Selon Mme Shephard, les discussions ne portent pas sur les coûts, il est plutôt question de comprendre les services complémentaires qui doivent être offerts, de rassembler le tout et d’ouvrir le refuge le plus rapidement possible.

Debby Warren ajoute que tout le monde mérite de la compassion. Elle espère que les contribuables vont appuyer toute dépense publique destinée à aider les sans-abri cet hiver et à trouver des solutions permanentes pour eux.

D'après un reportage de Vanessa Blanch, de CBC

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