•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Affaire Stacey DeBungee : plusieurs semaines avant de connaître la sentence d’un policier

Shawn Harrisson vêtu d'un complet gris quitte l'audience disciplinaire à Thunder Bay.

Le sergent-chef Shawn Harrison va connaître sa sentence quelque part en 2023.

Photo : Radio-Canada / Jon Thompson - CBC

Radio-Canada

L’audience disciplinaire pour déterminer la sentence du sergent-chef Shawn Harrison, un policier de Thunder Bay qui sera sanctionné pour son rôle dans l’enquête bâclée sur la mort de Stacey DeBungee, s’est conclue mercredi.

L'audience pour déterminer la sentence s'est entamée mardi matin avec les témoignages de la sœur de Stacey, Candace DeBungee, de son frère Brad et de l'ancien chef de la Première Nation de Rainy River, Jim Leonard.

Je n’ai pas le sentiment que quelque chose a été accompli. Nous ne sommes pas plus avancés aujourd'hui que nous l'étions en 2015 pour découvrir ce qui est arrivé à Stacey, a témoigné M. Leonard, déplorant l'absence de progrès sur les sept dernières années.

Brad DeBungee dans une pièce aux murs beiges.

Brad DeBungee, le frère de Stacey DeBungee, a témoigné pendant l'audience.

Photo : CBC / Logan Turner

Il affirme que les membres de la Première Nation de Rainy River n'ont pas l'impression d'être en sécurité ici, et qu’il n'y a personne ici qui va les protéger, et que plusieurs ont pour cette raison peur de se rendre à Thunder Bay depuis la mort de Stacey DeBungee.

Le manque de réponses, et le long délai pour arriver à ce processus disciplinaire ont créé un sentiment de défaitisme parmi les membres de la communauté, selon M. Leonard.

Mon grand-père avait l'habitude de me dire de ne pas aller dans les endroits où l'on ne veut pas de vous. Et je sens que l'on ne veut pas de moi ici, alors je ne viendrai pas ici, a-t-il dit pendant son témoignage.

Pour son témoignage, Candace DeBungee a apporté un sac qu’elle a montré pendant qu’elle était appelée à parler.

Dans ce sac se trouvent les vêtements funéraires dans lesquels j'ai enterré mon frère. Je ne saurai jamais ce qui lui est arrivé. Ça fait mal. Ça fait vraiment mal, a-t-elle dit.

Elle a exprimé le sentiment que la police de Thunder Bay n'a rien fait pour protéger son frère ou pour trouver des réponses après sa mort.

Stacey DeBungee face à la caméra.

Stacey DeBungee

Photo : CBC

Tout le monde a perdu quelqu'un, mais ne pas savoir, c'est de la torture, a-t-elle dit dans son témoignage.

La décision n’est pas attendue avant la fin de 2022, M. Walton ayant indiqué qu'il n'aurait pas le temps de commencer à rédiger son jugement avant au moins janvier.

Plusieurs options disciplinaires possibles

Les avocats de M. Harrison, ceux du Service de police de Thunder Bay (SPTB), de la famille DeBungee et de la Première Nation de Rainy River ont également présenté leurs arguments concernant la sanction à infliger au policier.

Si l'arbitre n’est pas forcé de suivre les recommandations des arguments des avocats et qu'il peut choisir la sanction qu'il juge appropriée, les options qui lui ont été présentées sont les suivantes :

  • une rétrogradation au grade de sergent, pour une période de trois à six mois, suggérée par l'avocat de M. Harrison;
  • une rétrogradation au grade d'agent de première classe, avec la possibilité d'une promotion tous les 12 mois si M. Harrison maintient un casier judiciaire vierge, en plus d'une formation sur la compétence culturelle autochtone fournie par la Division de la justice autochtone du ministère du Procureur général de l'Ontario, comme l’ont suggéré les avocats du SPTB;
  • un renvoi du SPTB, tel que demandé par la famille de M. DeBungee et la Première Nation, affirmant qu'il n'est plus apte à servir en tant que policier.

Au cours de l'audience, M. Harrison a accepté de suivre la formation proposée par les avocats du SPTB.

Le dossier de policier de M. Harrison sous la loupe

Au cours de l'audience sur la peine, le policier a présenté comme preuve une déclaration sous serment contenant les détails de 40 enquêtes importantes allant de vols à main armée à des agressions graves, des homicides et des disparitions sur lesquels il a travaillé entre 2008 et 2016, qui impliquaient des minorités et dont la plupart des victimes étaient autochtones

L'avocat de M. Harrison, David Butt, a demandé à ce que l'affidavit soit inclus dans les preuves afin de montrer la vue d'ensemble de son travail pour la communauté autochtone qu'il démontre que les erreurs commises dans l'enquête DeBungee étaient un incident isolé et qu'il a agi sans parti pris inconscient affectant son travail dans les autres cas.

L'avocat du policier s'est également attaqué au SPTB, affirmant qu'il y avait une ineptie systémique et le qualifiant de service de police géré de manière horrible.

Il a toutefois mis en garde contre la tentation de faire d'un policier le bouc émissaire des défaillances systémiques du service et d'appliquer une sanction excessive ou injuste.

Il peut être tentant, avec un leadership faible, de dire "hey, je peux détourner l'attention en sacrifiant un policier". Mais encore une fois, ce n'est pas ainsi que l'on résout ces problèmes, a affirmé Me Butt.

Il ajoute que les contestations sont arrivées plusieurs années plus tard et qu'aucun superviseur du service de police n'a contesté les décisions prises par Harrison au cours de l'enquête sur le décès initiale de M. DeBungee.

Avec les informations de Logan Turner de CBC.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...