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Sursis pour une préposée aux bénéficiaires menacée d’expulsion

Charlene Biyogou Ntsaou

Charlene Biyogou Ntsaou

Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe

Louis-Simon Lapointe

Une préposée aux bénéficiaires originaire du Gabon peut finalement rester au Canada pour poursuivre ses démarches d'immigration. Charlene Biyogou Ntsaou devait quitter le pays jeudi, mais l’obtention d’un sursis, moins de 24 heures avant son départ, lui permet de demeurer auprès de ses proches.

On est vraiment très content de cette décision, lance son avocat, Me Ibrahima Dabo.

Madame Ntsaou avait fui Gabon en 2019 pour rejoindre sa famille au Québec.

J’ai fait une demande d’asile parce qu’il y a eu des scènes de violence, a-t-elle raconté à Radio-Canada. J’ai pas particulièrement été visée, mais pour avoir vu, vécu et connaître des gens qui ont péri, je me suis dit que je devais rejoindre ma famille ici.

Madame Ntsaou avait effectué sans succès plusieurs démarches pour pouvoir rester au Canada. Son époux, Charles Ruest, a aussi déposé une demande de parrainage après leur mariage en mars 2022. Mercredi, elle apprenait qu’elle devait quitter le Canada dans moins de 24 heures puisque sa demande de sursis lui était refusée.

Il aura fallu l'intervention de son député, Joël Lightbound, et la médiatisation de son histoire pour qu'elle obtienne finalement gain de cause. Elle a été contactée mercredi soir par l'Agence des services frontaliers.

« On a eu gain de cause. J'ai été contacté par la SFC le ministre de l'immigration a intervenu pour annuler la mesure qui me pesait sur la tête. »

— Une citation de  Écrit Charlene Biyogou Ntsaou à Radio-Canada

La femme qui travaille à la résidence Humanitae, un complexe s’adressant à des gens atteints de troubles cognitifs, ne comprenait pas pourquoi elle devait faire ses valises et laisser derrière son mari et son travail.

Je me sens à ma place. On tisse des liens avec des gens. Je suis sur place au travail cinq jours sur sept. Je ne comprends pas pourquoi, je procure du bien-être à ces personnes âgées, on est en manque de personnel, j’ai un permis de travail qui est valide, j’ai mon mari qui est là, je ne suis pas criminelle, j’ai pas de dossier criminel, je ne comprends pas pourquoi l’urgence, racontait-elle mercredi avant que la décision de sursis tombe.

Le processus

À la suite d’une demande d’asile rejetée, la mesure de renvoi qui était frappée d’un sursis d’exécution est devenue exécutoire.

Elle pouvait faire une demande d’ERAR (examen de risque avant renvoi). Il lui manquait un petit 14 jours pour faire cette demande et malheureusement, l’agent de renvoi a décidé de la renvoyer beaucoup plus tôt, soit avant qu’elle ait accès à cette possibilité, explique l’avocat.

La seule option qui lui restait, c'était de faire une demande de sursis d'exécution de cette mesure de renvoi en Cour fédérale, ce qui a été fait d'urgence. Il y a eu une audition et malheureusement, la Cour fédérale a rejeté sa demande de sursis.

C’est pourquoi elle devait être déportée le 1er décembre.

Les prochaines étapes

S’il est encore tôt pour savoir ce que réserve l’avenir à madame Ntsaou, son avocat est très confiant que son cauchemar soit derrière.

Elle va avoir très probablement, ce qu'on appelle un PST, un permis de séjour temporaire, qui sera probablement valide pour les 12 prochains mois, ça va lui permettre de rester ici.

Madame Ntsaou pourra ainsi poursuivre son processus d'immigration.

Dans l'intervalle, il y a des chances que sa demande de parrainage aboutisse ou qu'elle obtienne la résidence permanente, via le parrainage de son conjoint, ajoute-t-il.

En attendant, sur le court terme, la préposée aux bénéficiaires va reprendre son emploi, au grand bonheur de ses résidents et de son employeur.

Avec les informations d'Audrey Paris

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