•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les médecins en ont ras le bol des employeurs qui exigent des billets de maladie

Ils disent que la situation est pire que jamais et dénoncent à nouveau cette tâche administrative.

Un homme assis sur un sofa met la main sur son front et consulte un thermomètre.

De nombreux employeurs exigent qu'un employé s'absentant pour une brève période et pour un mal mineur obtienne un billet de médecin.

Photo : Getty Images / cream_ph

Radio-Canada

L’association médicale qui représente plus de 3500 médecins en Nouvelle-Écosse demande à nouveau aux employeurs de cesser d’obliger leurs employés à demander des billets de maladie.

Ces notes qu’on leur demande d’écrire pour de très courtes absences du travail font perdre aux médecins un temps considérable, qui pourrait être consacré à d’autres patients qui en ont plus besoin, dit l’association Doctors Nova Scotia.

Malgré la suggestion, il y a deux semaines, du médecin hygiéniste en chef de la province, le Dr Robert Strang, qui demandait aux employeurs de cesser cette pratique afin de ne pas exercer une pression inutile sur les fournisseurs de soins, la situation est pire que jamais cet automne, selon Doctors Nova Scotia.

Je constate assurément plus de demandes, et mes collègues m’en parlent aussi davantage , dit la Dre Leisha Hawker, présidente de Doctors Nova Scotia.

La Dre Hawker ne peut dire avec exactitude le nombre de demandes quotidiennes de billets de maladie dans la province, mais elle fait savoir que ses collègues sont excédés.

Qui plus est, cela chamboule leurs horaires, dit-elle, car les employeurs veulent leur billet immédiatement. Cela force les médecins à recevoir en urgence des travailleurs qui sont assez malades pour devoir prendre congé, mais dont l’état de santé n’est pas une urgence médicale.

Des employeurs qui font la sourde oreille

Cette dispute au sujet des billets de médecin n’est pas nouvelle, ni limitée à la Nouvelle-Écosse. Bien avant la pandémie de COVID-19, les médecins de Terre-Neuve-et-Labrador dénonçaient cette pratique. Ceux de la Nouvelle-Écosse exprimaient déjà leur ras-le-bol il y a 15 ans, dit la Dre Hawker.

Pire encore, ajoute celle qui travaille dans deux cliniques, il y a davantage de demandes qui viennent de personnes en situation précaire.

À l’évidence, déplore-t-elle, les personnes faisant partie des populations marginalisées ne reçoivent pas le même niveau de confiance des gens qui les emploient.

Les gens qui sont malades devraient rester chez eux et se reposer, dit la Dre Leisha Hawker. Mais plusieurs se sentent obligés d’aller travailler quand même, parce qu’ils savent que ce sera compliqué d’avoir un billet de médecin. Ou bien ils vont s’assoir dans la salle d’attente d’une clinique qui est pleine, où il y a des personnes plus vulnérables, ajoute-t-elle.

Les employeurs doivent trouver d’autres façons de gérer leurs employés et penser à d’autres façons de déterminer leur disponibilité pour le travail, insiste la Dre Hawker.

Des tâches superflues dans un système sous pression

En Nouvelle-Écosse, il existe un bureau des affaires réglementaires et de l’efficacité des services. Cette agence du gouvernement provincial évalue l’impact des contraintes administratives sur les citoyens et les entreprises.

Ce bureau a mesuré le temps que chaque obligation administrative prend, et a dressé une liste de 15 tâches que l’on exige des médecins, et qui gagneraient à être éliminées.

La demande par les employeurs de billets de maladie figure au sommet de cette liste de tâches jugées superflues.

Leanne Hachey, la directrice de ce bureau, dit que l’élimination de ce genre de choses permettrait de changer la donne dans le système de soins de santé, car les médecins pourraient voir un patient plus longtemps, ou voir davantage de patients en une journée. De pouvoir mieux employer leur temps aurait aussi un impact sur leur satisfaction au travail.

L’objectif de son bureau est de couper 50 000 heures de tâches superflues aux médecins, ce qui équivaut à des visites pour 150 000 patients.

D'après le reportage de Carolyn Ray, de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...