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Une préposée aux bénéficiaires est menacée d’expulsion

Charlene Biyogou Ntsaou et son mari.

Charlene Biyogou Ntsaou et son mari, Charles Ruest, dans leur domicile

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Audrey-Maude Vézina

Charlene Biyogou Ntsaou, une préposée aux bénéficiaires originaire du Gabon qui travaille à Québec, a appris mercredi qu’elle devait quitter le Canada dans moins de 24 heures. Sa demande de sursis à cette mesure de renvoi lui a été refusée.

Avec la pénurie de main-d'œuvre et le caractère essentiel de son domaine de travail, Mme Ntsaou ne comprend pas cette décision.

Je ne demande pas de la pitié. Je suis [employée] à temps plein, dévouée. Je procure du bonheur à des gens en situation de vulnérabilité. [...] C’est injuste, dénonce Mme Ntsaou, qui s’occupe de personnes atteintes de troubles cognitifs. Je laisse derrière ma famille, mon époux et mes résidents.

« J'ai un permis de travail qui est valide jusqu'en 2024. [...] Je ne vis pas aux crochets de la société canadienne. »

— Une citation de  Charlene Biyogou Ntsaou, préposée aux bénéficiaires

Si elle s’envole pour le Gabon jeudi, Charlene Biyogou Ntsaou devra attendre un an avant de pouvoir revenir au Canada. C'est coûteux pour l'État, car il perd une ressource rare, déplore-t-elle.

Elle ajoute à cela le coût des billets d'avion et des procédures d'immigration. Ce n’est pas juste moi qui vais en pâtir : tout le monde est perdant.

Demande d’asile refusée

Elle a quitté le Gabon en 2019 pour rejoindre sa famille au Québec, en vertu d'une demande d’asile, à la suite de scènes de violence dans son entourage. Cette demande d’asile lui a été refusée en 2021.

Avec son avocat, Me Ibrahima Dabo, Charlene Biyogou Ntsaou a effectué d’autres démarches, mais son dernier recours vient de lui être refusé. Son époux, Charles Ruest, a d’ailleurs déposé une demande de parrainage après leur mariage en mars 2022, mais Mme Ntsaou pense que ça n’aura pas de poids dans le dossier. Normalement, ça prend un an, mais avec la lenteur administrative…, déplore-t-elle.

Charlene Biyogou Ntsaou et son mari, Charles Ruest, assis sur un divan pendant l'entrevue.

Charlene Biyogou Ntsaou et son mari, Charles Ruest, lors de l'entrevue.

Photo : Radio-Canada

Me Dabo souligne toutefois qu’une intervention a été faite auprès du ministère fédéral de la Sécurité publique pour demander à l'Agence des services frontaliers un sursis dans ce dossier. Le bureau de Joël Lightbound a d’ailleurs confirmé que le député a fait les démarches nécessaires pour parler du dossier de Mme Ntsaou aux autorités concernées.

Dans 14 jours, Charlene Biyogou Ntsaou sera admissible pour une réévaluation de son dossier.

Préposée appréciée

Dans la résidence Humanitæ, la qualité du travail de Charlene Biyogou Ntsaou est reconnue. Des proches aidants qui la côtoient ont même écrit des lettres pour témoigner de son dévouement afin de l'appuyer.

Charlène est la préposée rêvée. Si nous pouvions en avoir 1000 comme elle, nos services aux personnes âgées n'en seraient que gagnants. Quel privilège et quelle chance de l'avoir au sein de notre communauté! peut-on lire dans une des missives.

SVP, ceux qui peuvent faire la différence, j'aimerais bien que vous leviez la main et au moins essayiez de changer les choses qui sont à changer afin de garder ces personnes qui nous sont si précieuses, telle Charlène Biyogou Ntsaou, conclut une autre lettre.

Son employeur a aussi fait une déclaration sous serment pour tenter de convaincre l'Agence des services frontaliers que Mme Ntsaou doit rester au Canada.

Charlene Biyogou Ntsaou n’a pas encore fait ses valises pour prendre l'avion qui devrait quitter l’aéroport Jean-Lesage à 15 h 20 le 1er décembre. Elle y croira jusqu'à la dernière minute.

Avec les informations de Marie-Pier Mercier et d'Audrey Paris

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