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Des IPS pour aider les urgences et pour remplacer des médecins à la retraite

Une première clinique d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS) ouvre à Montréal au moment où le taux d’occupation des civières aux urgences atteint des sommets.

Une affiche indique où se trouve une clinique médicale.

Une première clinique d'IPS ouvre à Montréal au CLSC Olivier-Guimond.

Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

Lorsqu’elle a accepté d’offrir de son temps pour ouvrir la première clinique d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS) dans l’est de Montréal, Nadine Belony n’a pas hésité.

Je suis très heureuse de participer à ce projet qui met en avant notre autonomie et notre expérience, dit-elle. C’est un pas important pour notre profession.

Mme Belony est diplômée en tant qu'IPS depuis 2017 et travaille principalement dans un groupe de médecine familiale (GMF) à Montréal.

Une femme dans un CLSC.

Nadine Belony, infirmière praticienne spécialisée (IPS)

Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

Lorsqu’on a reçu un appel le 27 octobre [et qu'on a appris] que le ministère était à la recherche d’IPS pour s’impliquer dans un tel projet, j’ai aussitôt levé la main pour l’est de Montréal, ajoute Lina Spagnuolo, directrice des soins infirmiers au CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal.

Attentes réalistes

Dès jeudi, des patients seront orientés vers les trois infirmières praticiennes spécialisées qui occuperont des locaux du CLSC Olivier-Guimond, dans l’est de Montréal.

Ce CLSC a connu une baisse d’activité ces dernières années en raison de plusieurs départs à la retraite de médecins.

Ce seront des patients réorientables qui se présenteront à la salle d’urgence pour des problèmes non urgents, des patients qui seront référés par le Guichet d’accès à la première ligne [GAP] ou par le 811, précise Mme Spagnuolo.

Une femme en entrevue.

Lina Spagnuolo, directrice des soins infirmiers au CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal

Photo : Radio-Canada

Comme l’explique l’IPS Nadine Belony, nous pourrons prendre en charge par exemple une personne qui se présente pour une otite, une femme enceinte qui a des saignements au premier trimestre, un enfant qui a un rhume, un patient qui a une infection urinaire.

À terme, le CIUSSS vise à ce que les IPS voient 250 patients par semaine, sept jours sur sept. Il s'agit là d'un volume modeste par rapport aux 17 000 patients qui fréquentent en moyenne les urgences chaque semaine à Montréal, sans oublier les 4000 à 5000 appels hebdomadaires enregistrés au GAP de Montréal.

C’est un work in progress, on va s’ajuster au fil du temps, explique Lina Spagnuolo. Tout ce qu’on va pouvoir offrir pour enlever de la pression dans les salles d'urgence, ça va aider.

Aucune consultation sans rendez-vous ne sera offerte, comme dans les GMF.

Deux autres cliniques d’IPS doivent ouvrir dans le Centre-Sud de Montréal d’ici le mois de janvier.

Au Québec, on compte actuellement autour de 1100 infirmières praticiennes spécialisées. En 2017, le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait lancé un programme pour en former 2000 d’ici 2025.

La première de trois cliniques d'infirmières praticiennes spécialisées ouvre demain dans l'est de Montréal, au CLSC Olivier-Guimond. Un reportage de Davide Gentile.

Hausse de l'occupation des urgences à plus de 150 %

Lorsque le ministre de la Santé a présenté la cellule de crise sur les urgences, le 1er novembre dernier, moins de 20 % des urgences au Québec affichaient un taux d’occupation des civières supérieur à 150 %.

Les cliniques d’IPS figuraient parmi les trois premières solutions proposées.

Un mois plus tard, environ 30 % des urgences affichent un taux d’occupation au-delà de 150 %.

Quand on défonce les 150 %, il faut comprendre que tout devient dysfonctionnel, expliquait récemment à Radio-Canada le Dr Gilbert Boucher, président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec. Les corridors deviennent pleins, les salles d'examen sont pleines.

Pour le député solidaire de Rosemont, Vincent Marissal, l’ouverture d’une première clinique d'IPS dans sa circonscription ne sera pas une panacée pour désengorger les urgences.

C'est une bonne nouvelle, mais on n'inventera pas des infirmières. Les infirmières, là, ça ne pousse pas dans des serres le long de l'autoroute : il faut les former, il faut les amener dans le réseau et surtout leur donner plein de raisons de rester, parce que si vous faites juste les déplacer de A à B, vous faites juste déplacer de A à B, c'est ça qui arrive.

Pour Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine pour le Parti québécois, il y a une cellule de crise dont on n'entend plus parler depuis trois semaines et dont les recommandations ne semblent donner absolument aucun résultat [...]. On en est rendus à banaliser cette situation-là : 147 %, 200 %, c'est absolument incroyable.

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