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L’Alberta a la plus faible proportion d’enfants inscrits dans les écoles francophones

L'établissement avec les drapeaux canadien et franco-albertain

Edmonton et Calgary comptent plus de 1000 enfants admissibles à l’instruction en français.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

L’Alberta compte environ 67 000 enfants admissibles à l'instruction en français, dont 50 000 qui sont d'âge scolaire. La province a toutefois la plus faible proportion d’enfants effectivement inscrits dans une école francophone par rapport aux autres provinces, selon Statistique Canada.

Selon le dernier recensement de l'agence fédérale, seulement 49,6 % des enfants admissibles d'âge scolaire ont fréquenté une école francophone à un moment donné dans leur parcours scolaire, ce qui place l’Alberta en queue de peloton.

Certains parents préfèrent inscrire leurs enfants dans un programme d'immersion française destiné aux enfants dont la langue maternelle n'est pas le français, ce qui fait baisser le taux de fréquentation des écoles francophones, explique le rapport.

D'autres facteurs, notamment les préférences des parents ou la distance entre la résidence et l'école la plus proche, peuvent expliquer le faible taux.

Selon Nadine Morton, présidente de la Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA), certains parents choisissent de ne pas inscrire leurs enfants dans des écoles francophones en raison du manque de services en français dans la province.

« Les gens ont encore l’inquiétude que si leurs enfants vont à l'école en français, ils ne pourront pas fonctionner et ne pourront pas aller à l’université en anglais. »

— Une citation de  Nadine Morton, présidente de la Fédération des parents francophones de l’Alberta

Elle croit que les dernières données démontrent également l’importance de construire de nouvelles écoles : L'infrastructure de nos écoles joue un gros rôle aussi dans le fait que des élèves ayant droit ne sont pas dans nos écoles.

L'Alberta est la deuxième province en ce qui concerne le plus grand nombre d’enfants admissibles à l’éducation francophone. On dénombre 24 000 enfants admissibles à Calgary, et 25 000, à Edmonton, dit Statistique Canada.

Environ la moitié des enfants admissibles et ayant fréquenté une école francophone sont issus de l'immigration dans la province, précise l'agence.

La Fédération des conseils scolaires francophones de l’Alberta (FCSFA) n’est pas surprise par ces données, et se dit satisfaite de la nouvelle méthodologie employée par Statistique Canada.

Auparavant, le recensement sous-estimait les besoins en matière d’éducation en langue française en dénombrant une seule des trois catégories d’ayants droit, celle portant sur la langue maternelle. Ces nouvelles données permettront de refléter de façon plus juste la réalité albertaine , affirme-t-elle.

Complètement estomaqués

Franchement on est complètement estomaqués, lance Pierre Asselin, président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). Selon lui, les nouvelles données démontrent qu’il y a un potentiel important d’enfants pouvant fréquenter les écoles francophones de la province.

Il y a un écart énorme entre la capacité actuelle de nos écoles francophones et le potentiel de fréquentation, note l’ACFA dans un communiqué.

« Il faut se mettre au travail rapidement et ouvrir les écoles francophones nécessaires, sans quoi c’est l’assimilation qui nous guette. »

— Une citation de  Pierre Asselin, président de l’ACFA

Outil de levier

Auparavant, le recensement ne dénombrait qu’une seule des trois catégories d’ayants droit, celle portant sur la langue maternelle. L’ACFA est ravie d’avoir enfin accès à une représentation plus précise grâce à ce rapport.

Ces données permettront de justifier les besoins des francophones pour avoir accès à un système et des services équivalents, souligne Pierre Asselin.

Nous venons d’offrir au ministre de l’Éducation de l’Alberta et aux conseils scolaires francophones l'outil qui est nécessaire pour mettre en œuvre réellement l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés et de mettre en œuvre le jugement de juin 2020 de la Cour suprême, ajoute-t-il.

De son côté, la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF) est contente d’avoir des données qui prouvent que le nombre d’enfants admissibles est important.

Selon Simon Cloutier, son président, les nouvelles données sont prometteuses. Par contre, il croit aussi qu’elles sont préoccupantes puisqu’elles laissent entrevoir que les écoles de langue française perdent beaucoup d’élèves lors de leur parcours scolaire au profit du réseau scolaire anglophone, notamment lors des transitions entre le primaire et le secondaire.

Trois critères

Les enfants admissibles à l'instruction dans une langue officielle minoritaire sont déterminés par trois critères énumérés dans la Charte canadienne des droits et libertés.

Moins de la moitié ( 44,6 %) des enfants habitant hors Québec sont admissibles en raison de la langue maternelle de leurs parents, indiquent les données du recensement.

Près du quart des enfants sont admissibles parce qu'au moins un de leurs parents a fait des études primaires dans une école de langue française au Canada, et près du tiers, parce qu'eux-mêmes ont fréquenté une école francophone.

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