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897 000 enfants canadiens admissibles à l’éducation dans une langue officielle minoritaire

Des élèves en classe qui lèvent la main en attendant que la professeure leur donne la parole.

Un peu plus de 1 enfant sur 10 étaient admissibles à l'instruction en français au Canada.

Photo : Shutterstock

Au Canada, près de 1 enfant sur 8, soit 897 000 enfants, est admissible à la scolarité dans la langue minoritaire de sa province.

C'est ce qui ressort des données publiées mercredi par Statistique Canada. Au pays, il y avait, en date du 31 décembre 2020, 7,3 millions de personnes de moins de 18 ans.

De nouvelles questions sur la langue d'instruction étaient incluses dans le dernier recensement de 2021. Cela a permis de connaître le nombre de personnes âgées de moins de 18 ans pour lesquelles la Charte canadienne des droits et libertés garantit le droit à l'éducation primaire et secondaire dans la langue officielle de la minorité, soit en anglais au Québec et en français ailleurs au Canada.

Près de 600 000 enfants admissibles à l'éducation en français

Selon Statistique Canada, 593 000 enfants âgés de moins de 18 ans, ce qui correspond à un peu plus de 1 enfant sur 10, étaient admissibles à l'instruction en français au Canada, à l'extérieur du Québec.

Parmi eux, près de 141 000 étaient d'âge préscolaire et 452 000 étaient d'âge scolaire, peut-on lire dans Le quotidien de Statistique Canada.

Le Nouveau-Brunswick (36 %), le Québec (18,1 %), le Yukon (14,1 %) et l'Ontario (12,6 %) comptaient les plus grandes proportions d'enfants admissibles à l'instruction dans la langue officielle minoritaire, fait savoir Statistique Canada.

La Fédération nationale des conseils scolaires francophones se dit heureuse de  pouvoir compter dorénavant sur ces données et se dit agréablement surprise d’apprendre ce qu’elle soupçonnait déjà : le nombre d’enfants admissibles à l’éducation en français, langue première, en contexte minoritaire est important, écrit-elle dans un communiqué de presse publié mercredi.

Le président de la Fédération, Simon Cloutier, affirme que les données sont prometteuses

Les données colligées par Statistique Canada sont d’une importance capitale pour notre réseau scolaire afin de mieux répondre aux besoins des communautés francophones et acadiennes. Le nombre d’enfants admissibles à l’école de langue française est énorme  […]  d’où l’importance d’avoir suffisamment de place en français dans les services en petite enfance afin de favoriser éventuellement l’entrée à l’école de langue française de ces touts petits.

Au moment du recensement, 292 000 enfants d'âge scolaire suivaient un programme régulier d'éducation en français dans une école de langue française, ajoute l'organisme fédéral d'études statistiques,ce qui représente 64,7 % des enfants admissibles à l'enseignement dans leur langue.

Au Nouveau-Brunswick,cette proportion atteint 80,6 % tandis qu'elle est de 71 % au Yukon et de 55 % en Colombie-Britannique. En Alberta, 49,6 % des enfants admissibles âgés de 5 à 17 ans n'avaient jamais reçu leur instruction dans la langue officielle minoritaire.

Pour M. Cloutier, ces données sont préoccupantes et « laissent entrevoir que les écoles de langue française perdent beaucoup d’élèves lors de leur parcours scolaire au profit du réseau scolaire anglophone, notamment lors des transitions entre le primaire et le secondaire », analyse-t-il.

De plus, dans tout le Canada, près du tiers des enfants admissibles âgés de 5 à 17 ans n'avaient jamais reçu de cours dans la langue officielle minoritaire.

Nombre d'enfants qui seraient admissibles à l'éducation en français hors Québec

  • 350 000 en Ontario
  • 67 000 en Alberta
  • 56 000 en Colombie-Britannique
  • 49 000 au Nouveau-Brunswick
  • 30 000 au Manitoba
  • 16 800 en Nouvelle-Écosse
  • 15 500 en Saskatchewan
  • 2800 à l'Île-du-Prince-Édouard
  • 2900 à Terre-Neuve-et-Labrador
  • 1200 au Yukon
  • 1100 aux Territoires du Nord-Ouest

Source : Statistique Canada

99 000 enfants admissibles à l'instruction en français dans les grandes villes de l'Ouest

Au Québec, 304 000 enfants étaient admissibles à un parcours scolaire en anglais, ce qui représente plus de 1 enfant sur 6.

Statistique Canada révèle également que près de la moitié des enfants admissibles à l'éducation scolaire dans la langue officielle minoritaire se retrouvaient dans les centres urbains de Montréal et de Toronto ainsi que dans la région d'Ottawa et de Gatineau.

Vancouver (avec 28 000 enfants), Edmonton (avec 25 000 enfants), Calgary (avec 24 000 enfants) et Winnipeg (avec 22 000 enfants), des villes où les migrations de francophones, notamment en provenance du Québec, ont été relativement importantes pendant des décennies , sont les suivantes dans ce palmarès.

L’agence fédérale indique que l'étude servira d’outil de décision pour les acteurs intéressés par les enjeux de l’éducation.

Ces données constituent une base factuelle nouvelle pour les décideurs publics […] Elles seront aussi très utiles aux représentants de communautés de langue officielle en situation minoritaire et aux personnes intéressées aux besoins éducatifs des enfants de leur collectivité, tout particulièrement ceux des enfants de la minorité de langue officielle.

Des propos soutenus par le président de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones, qui affirme que les conseils scolaires francophones feront bon usage de ces nouvelles données.

Trop souvent encore, les parents ayant des droits en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés décident consciemment d’envoyer leurs enfants au système de la majorité, et ce, nonobstant la qualité de l’enseignement qui est prodigué et les résultats supérieurs enregistrés par les élèves francophones, explique Simon Cloutier.

Malheureusement, chaque famille perdue au profit du système anglophone représente l’assimilation de toute une lignée de francophones , prévient-il.

Le directeur de la Division scolaire franco-manitobaine, Alain Laberge, soutient que les données sont encourageantes et permettront de mieux appuyer les demandes pour de nouvelles écoles

M. Laberge précise que la construction débutera prochainement pour une nouvelle école dans le sud-est de Winnipeg ainsi qu'à Brandon dans l'ouest de la province. De plus, un ajout de 12 classes est actuellement en cours à La Broquerie.

Il ne faut pas s'arrêter là. On a d'autres endroits où on voudrait des écoles Il y a un vieux dicton qui dit : ''bâtissez les et ils viendront''. Il ne manquerait pas de place dans nos écoles, assure-t-il.

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