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20 % des élèves admissibles à l’école en français préfèrent l’école en anglais au N.-B.

Une enseignante en classe avec ses élèves dans une école primaire.

De nombreux élèves qui ont droit à l'éducation en français fréquentent l'école en anglais.

Photo : iStock / Wavebreakmedia

Radio-Canada

Au Nouveau-Brunswick, 37 215 élèves ont le droit d’aller dans une école francophone. Pourtant, près de 20 % d'entre eux fréquentent – ou ont fréquenté lors de leur parcours scolaire – une école anglophone, selon des données de Statistique Canada.

Sur les 37 215 élèves de 5 à 17 ans qui ont droit à l’école en français au Nouveau-Brunswick, 29 980 ont suivi un programme régulier en français. Cela représente 81 % des élèves. Donc, 19 % des élèves qui ont le droit de fréquenter l’école en français ont fréquenté l'école en anglais.

Ailleurs en Atlantique, la proportion d’élèves qui ont droit à l’école en français et ont fréquenté une école francophone est beaucoup plus faible. En Nouvelle-Écosse, 63 % des ayants droit de 5 à 17 ans ont fréquenté une école francophone. C’est 64 % à l’Île-du-Prince-Édouard et 54 % à Terre-Neuve-et-Labrador.

Ces données, qui font partie du recensement de 2021, fournissent, pour la première fois, des indications sur les élèves qui ont droit, en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés, à l’éducation dans la langue minoritaire.

C'est trop, croit un député au N.-B.

C’est beaucoup trop, selon le député fédéral de Madawaska-Restigouche, René Arseneault.

Ce n’est pas acceptable, il faut faire mieux, et on est capables de faire mieux. Commençons par la petite enfance. Si on les perd là, parce qu’il n’y a pas d’espace ou parce qu'il n’y a pas d’institution pouvant les recevoir, comment, après ça, les encourager à faire l’école, et si on les perd à l’école, comment aller au collège francophone, à l’université francophone? se demande le député Arseneault.

René Arseneault rencontré à l'extérieur pendant la campagne électorale.

René Arseneault, député fédéral de Madawaska-Restigouche, au Nouveau-Brunswick, s'inquiète du nombre important d'élèves qui ont droit à l'école en français mais qui vont à l'école en anglais.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

À Statistique Canada, on s’est battus pour que les bonnes questions soient posées au dernier recensement. On va voir ce que ça va donner, c’est nouveau, c’est la première fois que des questions de ce genre-là sont posées, pour respecter l’article 23 de la Charte, rappelle le député René Arseneault.

Qu'est-ce qu'un ayant droit?

Les Canadiens ont le droit d'inscrire leur enfant à l'école en français s'ils répondent à un des trois critères suivants : leur première langue apprise ou comprise est le français, ils ont eux-mêmes reçu une éducation primaire en français au Canada ou un de leurs enfants a reçu une éducation primaire ou secondaire en français au Canada.

Certaines personnes qui ne qualifient pas comme ayants droit peuvent tout de même inscrire leur enfant à l'école en français, soit celles dont les enfants ont une compréhension suffisante du français ou celles dont les enfants ne parlent ni français ni anglais. Ces cas ne sont pas comptabilisés dans les chiffres présentés dans cet article.

De grandes variations selon les provinces

Le nombre de personnes qui ont droit à l’éducation varie beaucoup selon les provinces, mais c’est au Nouveau-Brunswick qu'il est le plus élevé : 49 335 personnes de moins de 18 ans ont droit à l’éducation en français dans cette province, soit 36 %.

Au Canada, 897 000 enfants sont admissibles à l’éducation dans une langue officielle minoritaire, soit 12 %.

En Nouvelle-Écosse, 10 % des élèves sont des ayants droit. À l’Île-du-Prince-Édouard, la proportion est de 9,8 %, alors qu’à Terre-Neuve-et-Labrador, elle est de 3,5 %.

Le Centre de la petite enfance Grand-Rustico et l'école Saint-Augustin.

Le Centre de la petite enfance Grand-Rustico et l'école Saint-Augustin, à l'Île-du-Prince-Édouard

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Selon Statistique Canada, une proportion importante d’immigrants a droit à l’éducation dans la langue de la minorité au pays. Cette proportion est plus faible dans les provinces Atlantique. Ainsi, elle est de 20 % en Nouvelle-Écosse, de 18 % à l’Île-du-Prince-Édouard et de 12 % au Nouveau-Brunswick.

Statistique Canada a étudié l’évolution des inscriptions dans les programmes réguliers de langue minoritaire. Ainsi, de 2010-2011 à 2019-2020, dans les écoles francophones en milieu minoritaire hors Québec, les inscriptions sont passées de 150 000 à 175 000.

Toutes ces données, selon le député fédéral René Arseneault, vont aider les communautés en situation minoritaire. Ça va peut-être donner les élans nécessaires pour que les communautés puissent encore mieux faire valoir leurs besoins d’écoles secondaires ou d’institutions d’éducation sans avoir à lutter des dizaines d’années pour pouvoir faire valoir que le nombre le justifie.

Accueillir davantage d'ayants droit nécessite des ressources

Le président du conseil d’éducation du District scolaire francophone sud, Michel Côté, s'étonne du grand nombre d'élèves qui ont droit à l'éducation en français, mais qui fréquentent une école anglophone.

On devrait être en mesure de desservir pratiquement la majorité des ayants droit, donc il faut qu’on s’équipe et qu’on s’organise mieux pour pouvoir accueillir ces enfants-là, estime-t-il.

Selon lui, des parents choisissent parfois une école anglophone parce qu'elle est plus proche du domicile que l'école francophone. Il y a aussi des jeunes qui quittent l'école francophone en cours de scolarisation.

Le problème, c’est quand ils arrivent en huitième année. C’est le temps d’aller à l’école secondaire, ils regardent les écoles autour, les plus grosses écoles dans nos milieux doublement minoritaires, qui sont peut-être attrayantes dans le sens qu’elles ont plus d’activités, plus d’équipes de sport, plus d’activités sociales, alors il faut être meilleurs que les écoles qui nous entourent pour pouvoir garder ces élèves-là, explique Michel Côté.

Le président du conseil d’éducation du District scolaire francophone sud, Michel Côté, en visioconférence le 3 novembre 2021.

Le président du conseil d’éducation du District scolaire francophone sud, Michel Côté

Photo : Radio-Canada

Souvent aussi, les élèves qui ont droit à l'éducation en français ne parlent pas encore la langue. Les écoles doivent donc s'adapter et fournir des services pour leur enseigner le français.

Bon an mal an, environ 25 % de nos élèves arrivent dans nos écoles du District scolaire francophone sud et passent le test de compétences en anglais, parce qu’ils n’ont pas encore acquis la langue. Ça peut être des ayants droit, mais ils ne maîtrisent pas encore le français; 25 %, c’est beaucoup d’élèves, et puis, pensez à tous les enseignants dont on a besoin, toutes les ressources, tous les aides-enseignants pour pouvoir travailler à l’actualisation linguistique de ces enfants-là. C’est quand même un défi très réel. C’est sûr qu’on fait avec ce qu’on a, mais il nous serait très bénéfique d'avoir plus de ressources, dit M. Côté.

Correctif

Une inexactitude s’est glissée dans notre couverture. Dans la version originale de cet article, un tableau présentait le nombre d'enfants ayants droit qui fréquentent l’école en français dans chacune des provinces de l'Atlantique.

Les données de Statistique Canada font plutôt état des élèves qui fréquentent actuellement une école francophone ou qui en ont fréquenté une à un moment dans leur parcours scolaire.

Par exemple, un élève qui a fréquenté une école francophone pendant le primaire, mais qui est aujourd’hui inscrit à l’école secondaire anglophone est donc compilé dans ces données, même s’il ne fréquente plus un établissement francophone.

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