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Des technologies à la fois bienfaitrices et menaçantes pour les personnes aînées

Une personne utilise une application de rencontre sur son téléphone intelligent.

Les nouvelles technologies cachent bien souvent un côté sombre.

Photo : iStock

La Presse canadienne

Les nouvelles technologies existent pour simplifier la vie quotidienne, répondre à des besoins, créer de nouvelles occasions, mais elles cachent bien souvent un côté sombre. Cette dualité entre bienveillance et malveillance sera au cœur des travaux de la nouvelle titulaire de la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées de l'Université de Sherbrooke, la professeure Mélanie Couture.

Si d'une part les technologies peuvent faciliter la vie de la population vieillissante en permettant d'avoir accès à divers services à distance ou en améliorant simplement l'organisation du domicile, elles donnent aussi à des personnes malveillantes des outils pour contrôler, surveiller ou frauder des gens vulnérables.

Les fraudes amoureuses, où une personne prétend entretenir une relation virtuelle dans le but d'exploiter financièrement une autre personne, ou encore les fraudes par hameçonnage, où une personne peut se faire voler ses informations personnelles, sont des exemples de malveillances commises auprès des personnes âgées.

Un manque de littératie numérique

Les axes de recherche concernant les aînés et les technologies sont nombreux et diversifiés, souligne la professeure Couture. C'est sûr que l'on peut maltraiter des gens en utilisant de la technologie, mais on peut aussi identifier de la maltraitance à partir de la technologie, observe-t-elle.

Par exemple, le seul fait d'avoir accès à un ordinateur ou à un téléphone intelligent n'est pas toujours simple pour un aîné. L'achat de billets électroniques ou une simple réservation en ligne au restaurant peut être compliqué pour eux, et la marginalisation guette les gens n'ayant pas accès à ces technologies. Pour une partie de la population âgée qui mise sur des revenus de retraite fixes, le pouvoir d'achat ne fait que s'effriter.

« Comment bien utiliser la technologie en respectant les droits des personnes aînées? Il faut donner aux gens les moyens d'utiliser la technologie et la rendre accessible. »

— Une citation de  Mélanie Couture, professeure à l'Université de Sherbrooke

Autre aspect de la maltraitance, l'âgisme prive parfois des personnes aînées d'outils qui pourraient leur convenir.

En raison d'un certain stigma, parfois, on n'offre même pas la technologie disponible aux personnes aînées en présumant qu'elles ne sauront pas l'utiliser, déplore la chercheuse. Il faut mettre des structures en place pour donner accès aux technologies.

Mieux comprendre les réalités des personnes âgées

L'Université de Sherbrooke contribue par ailleurs à développer des technologies visant à favoriser le maintien à domicile, mais encore là, des obstacles sont à éviter. Il y a toujours le côté vie privée et prise de décision éclairée qui entrent là-dedans. Il faut mettre des processus en place pour s'assurer que les choses sont bien faites, reconnaît la spécialiste des aspects sociaux du vieillissement.

Pour Mélanie Couture, il n'y a pas qu'une personne aînée, il y en a plusieurs. En gros, ce sont des adultes plus âgés, c'est tout, résume-t-elle.

Si la Fédération de l'âge d'or du Québec ouvre ses portes aux personnes de 50 ans et plus, le gouvernement donne accès au revenu de sécurité de la vieillesse à compter de 65 ans et certaines études ciblent l'âge moyen de 72 ans pour désigner une personne aînée.

Il y a une évolution dans la perception, mais il y a une évolution dans la santé aussi. Dans le milieu de la recherche, on a des débats aussi. Est-ce qu'on commence nos recherches à 50, 60, 65 ans?, s'interroge-t-elle.

Pour la professeure Couture, l'important est surtout de ne pas associer systématiquement l'âge avancé à un état de vulnérabilité.

De vastes études à venir

Tout ce vaste champ d'études sera remué par la professeure Mélanie Couture et son équipe au cours des prochaines années. En plus d'annoncer la nomination de la nouvelle titulaire de la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées, l'Université de Sherbrooke a confirmé le renouvellement du financement de 1,5 million de dollars du gouvernement du Québec pour la poursuite des travaux.

Il s'agit d'un troisième mandat qui s'étend jusqu'en 2027. La professeure Couture tenait d'ailleurs à rendre hommage au travail effectué par sa collègue, la professeure-chercheuse Marie Beaulieu, qui tenait les rênes de la chaire depuis ses débuts en 2010. Cette dernière devrait d'ailleurs continuer de contribuer aux recherches.

En marge de la chaire, la professeure Couture aura également le mandat de codiriger le Centre collaborateur de l'Organisation mondiale de la santé sur les communautés amies des aînés et la lutte contre la maltraitance des aînés.

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