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À La Grand’Terre, des maisons risquent de tomber dans l’océan

Un homme se tient à côté d'une clotûre.

La maison de Gordon Oliver n'est pas assurée. Chaque année, la mer s'en rapproche.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Gordon Oliver a déjà dû déplacer sa clôture à deux reprises. Petit à petit, sa cour arrière tombe dans l’océan. Sa maison longe désormais le bord de la falaise, à quelques mètres seulement des vagues.

Il faudra bientôt déménager, explique le résident de La Grand’Terre, à Terre-Neuve. Quand on était jeunes, on jouait à la balle molle, ici dans la cour, et je n’aurais jamais pu frapper le ballon dans l’océan. Ces jours-ci, ce serait difficile de ne pas le faire.

Tout au long du littoral de ce village dans la péninsule de Port au Port, l’érosion côtière enlève tranquillement du terrain aux résidents. Le phénomène n’est rien de nouveau dans la région, mais pourrait s’accentuer en raison des changements climatiques.

Une maison sur le bord d'une falaise, à quelques mètres de la plage.

Gordon Oliver a construit sa maison, à La Grand'Terre, à Terre-Neuve, il y a 35 ans. Il a installé un mur de soutènement, mais craint que l'édifice tombe dans la mer.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Ça ne nous arrive pas rapidement. Ça se fait progressivement, au printemps, quand la neige fond et l’eau coule vers l’océan, explique Gordon Oliver, dont la maison n’est pas assurée. J’ai installé un mur de soutènement, j’en parle avec mon député, je fais tout mon possible, mais rien ne semble fonctionner.

Une route détruite

À quelques kilomètres à l’est, l’une des deux voies de la route principale de Fox Island River a récemment été emportée par des vagues.

Une route côtière tombe en ruine.

Seulement une voie de route 462, à Fox Island River, dans l'ouest de Terre-Neuve, est praticable à l'heure actuelle.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Malgré les dégâts, chaque jour, un autobus scolaire roule sur ce qui reste de cette section de la route 462 – le seul lien entre le village et le reste de la région. Quelques cônes oranges séparent les écoliers des immenses fissures créées par l’océan et les précipitations.

C’est une route très dangereuse en ce moment et le gouvernement doit intervenir pour s’assurer qu’elle est sécuritaire, affirme le député local, Tony Wakeham. Il faut que quelqu’un se penche là-dessus dès maintenant. [...] C’est la seule façon d’entrer dans la communauté ou d’en sortir.

Ça suffit, les cônes orange, soutient le progressiste-conservateur.

Tony Wakeham estime qu’il incombe aux gouvernements fédéral et provincial de venir en aide aux résidents comme Gordon Oliver.

On ne peut pas dire aux gens que c’est leur propriété et donc leur problème, affirme-t-il, en notant que La Grand’Terre et Fox Island River sont des districts de services locaux et n’ont pas les ressources pour bien surveiller et se préparer pour l’érosion du littoral.

Une clôture sur le bord d'une falaise.

La clôture de Gordon Oliver, sur le bord de la falaise. Il l'a déjà déplacé à deux reprises.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Éviter que les événements de Daniel's Harbour se reproduisent

En 2007, un glissement de terrain a détruit des maisons à Daniel’s Harbour, dans la Grande péninsule du Nord. Plusieurs familles ont été évacuées et deux maisons sont tombée de la falaise, plongeant 30 mètres vers l’océan.

Il faut se préparer. On a vu ce qui s’est passé à Daniel’s Harbour, on a vu l’érosion côtière et les impacts. Mais on est seulement passé à l’action quand des maisons sont tombées dans l’océan, affirme Tony Wakeham, qui croit que la province doit mieux évaluer les risques d’érosion dans les communautés côtières.

Marion Tétégan-Simon, directrice de recherche à l'institut Valorès, à Shippagan, au Nouveau-Brunswick, explique que l'érosion côtière est le résultat des vents et de l'arrachement des particules par l'eau. Ce phénomène pourrait s'intensifier dans les années à venir, estime-t-elle.

Une maison tombe d'une falaise.

Une maison tombe dans l'océan à Daniel's Harbour, à Terre-Neuve, en 2007. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Selon les différents scénarios, on peut avoir des tempêtes qui vont être plus importantes, qui vont être plus fréquentes et avec ces fréquences-là et ces amplitudes de tempête, on peut avoir des érosions beaucoup plus accrues ou beaucoup plus intenses, explique-t-elle.

Mme Tétégan-Simon explique que plusieurs organismes dans les provinces de l’Atlantique, dont l’institut Valorès, essaient de sensibiliser les résidents et les entreprises aux risques liés à l’érosion du littoral et aux méthodes d’adaptation.

En ce qui a trait au financement ou aux subventions pour des dommages liés à l’érosion, c’est un autre chapitre qu’il faut en discuter avec nos décideurs politiques, reconnaît-elle, en notant que les gens comme Gordon Oliver ont très peu de recours.

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