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Des sapins de Noël plus chers à cause de la pénurie et la hausse des coûts de production

Une ferme de sapins.

Selon George Powell, le coût des semis est passé de 10 cents à 1,50 $ au fil des décennies.

Photo : Gracieuseté / George Powell

Radio-Canada

Le coût moyen des sapins de Noël est en hausse cette année en raison de l'augmentation des coûts du carburant, des engrais et de la main-d'œuvre, des changements climatiques, des taux d'assurance plus élevés et d'une pénurie d'arbres à l'échelle du continent, selon plusieurs producteurs.

Shirley Brennan, directrice générale de l'Association canadienne d'arbres de Noël, estime qu’il s’agit d’une augmentation d'environ 10 % uniquement à cause des dépenses que cela coûte à la ferme.

Une femme souriante à côté d'un sapin de Noël.

Shirley Brennan, directrice générale de l'Association canadienne d'arbres de Noël, affirme que, si l'industrie est en plein essor, le nombre d'arbres plantés au Canada est en baisse.

Photo : Radio-Canada / James Dunne

Selon elle, le coût des engrais a augmenté d'environ 25 % l'année dernière. Dans certaines régions, les agriculteurs disent même qu'il a augmenté de 50 %.

L'essence pour les camions qui transportent les arbres des fermes de vente en gros vers les points de vente coûte plus cher. Il en va de même pour le carburant des machines agricoles, et il est plus coûteux d'assurer la ferme elle-même.

Shirley Brennan explique que ces frais supplémentaires pour les agriculteurs signifient que les consommateurs paient leurs arbres plus cher cette année.

Beaucoup de choses ont changé en 40 ans

George Powell et sa femme, Marianne, cultivent des arbres dans leur ferme à Bowmanville, en Ontario, depuis plus de 40 ans. Il doit y avoir une pénurie, car toutes sortes de gens nous téléphonent, voulant des arbres en gros, dit l'arboriculteur.

George Powell et sa femme se sont lancés dans cette activité par accident en 1980, lorsqu'ils ont acheté 30 hectares de ce qu'ils pensaient être une terre de brousse à l'est de Toronto.

Une jeune femme montre avec ses mains la longueur des sapins dans la ferme familiale.

Cosima Caloia, la petite-fille de George Powell, arboriculteur à Bowmanville, en Ontario, montre la longueur des sapins dans la ferme familiale.

Photo : Gracieuseté / George Powell

Au printemps, à la fonte des neiges, il y avait des milliers d'arbres de Noël plantés, et j'ai dit : "Les enfants, nous allons devenir des producteurs d'arbres de Noël."

Toutefois, beaucoup de choses ont changé en 40 ans. George Powell dit qu'il y avait 12 arboriculteurs dans la région à l'époque. Maintenant, sa femme et lui sont les seuls à être toujours en activité. Par ailleurs, les semis coûtaient autrefois 10 cents chacun, comparativement à 1,50 $ aujourd'hui.

Une industrie en croissance, mais une production qui recule

Shirley Brennan affirme que ce qui était une industrie de 53 millions de dollars en 2015 vaut maintenant plus de 100 millions de dollars. Les derniers chiffres de Statistique Canada l'évaluent à plus de 160 millions de dollars pour 2021. Par ailleurs, le Canada exporte également près de la moitié des arbres qu'il cultive.

Toutefois, le nombre d'arbres mis en terre est en baisse. En 2016, il y avait 1872 fermes d'arbres de Noël au Canada. En 2021, il n'y en avait plus que 1364.

Shirley Brennan explique que, au cours de la dernière décennie, le Canada a perdu environ 8094 hectares de terres pour la culture des arbres de Noël - qui auraient pu produire quelque 30 millions d'arbres - en raison de divers facteurs.

George Powell pense que cette pénurie peut être attribuée à la crise financière qui a frappé les agriculteurs en 2008. Beaucoup n'ont pas pu se permettre de planter autant d'arbres cette année-là et, comme il faut 15 ans pour faire pousser un arbre à partir d'une graine, ces effets se font sentir aujourd'hui.

Les changements climatiques ont aggravé la situation

Les changements climatiques et les phénomènes météorologiques extrêmes ont également des répercussions sur les cultures. La sécheresse est toujours un grand problème pour les semis, précise George Powell, car son exploitation n'est irriguée que par les précipitations.

De son côté, Dan Friesen, propriétaire de Timber Trails Tree Farm, près de Steinbach, dans le sud-est du Manitoba, rappelle que l'année 2019 a été très humide dans le coin.

Nous sommes entrés dans un hiver extrêmement humide et nous avons perdu un bon pourcentage de notre récolte d'épinettes dans notre ferme, ajoute-t-il.

Il indique que la perte ne lui a pas fait mal à l'époque, mais que c'est le cas maintenant : Nous avons perdu beaucoup d'arbres, à ce moment-là, que nous serions en train de couper maintenant. Donc, et malheureusement, ils ne sont pas là et il faut beaucoup de temps pour les faire repousser.

Il conseille aux acheteurs, cette année, d'être prêts à sortir de leurs habitudes. Vous n'avez peut-être pas besoin de l'arbre de 2,50 mètres ou de 3 mètres que vous achetez habituellement, renchérit la directrice générale de l'Association canadienne d'arbres de Noël à leur intention.

Elle ajoute que la demande de petits arbres destinés à être sur une table et d'arbres minces et courts - plus adaptés aux petits espaces de vie - est en hausse.

Avec les informations de Stephanie Hogan, Karen Pauls et Cameron MacIntosh

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