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Main-d’œuvre la plus scolarisée : le Canada en tête des pays du G7

Des gens levant la main en classe.

Au niveau universitaire, les personnes titulaires d'un baccalauréat ou d'un grade supérieur ont augmenté de 19,1 % au sein de la population en âge de travailler entre 2016 et 2021.

Photo : Getty Images / skynesher

Radio-Canada

Le Canada est en tête des pays du G7 pour ce qui est de la main-d'œuvre la plus scolarisée, grâce aux immigrants, aux jeunes adultes et à un solide secteur collégial, mais il subit des pertes importantes de titulaires de certificats d'apprenti dans les principaux domaines de métiers, révèlent les plus récentes données de Statistique Canada.

Dans l'ensemble, un Canadien sur trois est titulaire d'un baccalauréat ou d'un grade supérieur. C'est notamment grâce aux immigrants et aux jeunes adultes.

La proportion de la population titulaire d'un baccalauréat ou grade supérieur a continué d'augmenter en raison d'un afflux d'immigrants très scolarisés et du nombre croissant de jeunes adultes obtenant un baccalauréat ou un grade supérieur, peut-on lire dans le rapport de Statistique Canada.

En fait, les immigrants récemment arrivés au pays sont à l'origine de près de la moitié de la croissance de la proportion de Canadiens titulaires d'un baccalauréat ou grade supérieur.

Selon le recensement de 2021, les immigrants et les résidents non permanents au Canada représentent plus de la moitié de la population en âge de travailler ayant un doctorat (55,8 %), une maîtrise (52,2 %) ou un diplôme en médecine, en médecine dentaire, en médecine vétérinaire ou en optométrie (50,8 %) et représentaient 39,1 % de ceux qui ont un baccalauréat.

Par ailleurs, en 2021, les immigrants représentaient près d'une personne sur quatre au Canada (23 %). C’est non seulement le plus haut niveau jamais enregistré dans un recensement canadien, mais aussi la plus grande proportion par rapport aux autres pays du G7. Parmi ceux-ci, 59,4 % détenaient un baccalauréat ou un grade supérieur.

Mais beaucoup d'opportunités sont laissées de côté dans la population immigrante du Canada et les talents de plusieurs d'entre eux restent sous-utilisés : plus du quart de tous les immigrants titulaires d'un baccalauréat ou grade supérieur obtenu à l'étranger occupent un emploi qui nécessite, tout au plus, un diplôme d'études secondaires.

La surqualification des immigrants ayant obtenu un grade à l'étranger représente un problème de longue date, souligne Statistique Canada, notamment dans le domaine de la santé.

« Si les immigrants [...] pouvaient trouver un emploi dans leur domaine au même rythme que la population ayant étudié au Canada, cela pourrait faire augmenter [...] le nombre potentiel d'infirmières autorisées ou de travailleurs de professions qui y sont étroitement liées de 27 350 et le nombre de médecins de 15 730. »

— Une citation de  Statistique Canada

La vigueur du secteur collégial

Un autre facteur clé est la vigueur du secteur collégial au Canada. Près de 1 personne sur 4 en âge de travailler (24,6 %) avait un certificat ou un diplôme d'un collège ou un diplôme semblable en 2021, une proportion supérieure à celle enregistrée dans tout autre pays du G7.

Au niveau universitaire, les personnes titulaires d'un baccalauréat ou d'un grade supérieur ont augmenté de 19,1 % au sein de la population en âge de travailler entre 2016 et 2021. Ces hausses sont encore plus importantes dans les domaines des soins de santé (24,1 %) et de l'informatique et des sciences de l'information (46,3 %).

Malgré cette hausse, le Canada se trouvait en milieu du peloton en ce qui concerne la proportion de la population ayant un baccalauréat ou un grade supérieur (32,9 %), se classant au quatrième rang parmi les pays du G7, derrière le Royaume-Uni (41,3 %), les États-Unis (39,5 %) et le Japon (34,2 %).

L'Ontario est la province ayant la plus grande proportion de personnes de 25 à 64 ans titulaires d'un diplôme universitaire au sein de sa population. Le Nunavut se trouve quant à lui au dernier rang.

Les femmes étaient toujours plus susceptibles que les hommes de détenir un baccalauréat ou un grade supérieur en 2021. Par exemple, 39,7 % des jeunes femmes nées au Canada (âgées de 25 à 34 ans) avaient un grade universitaire en 2021, par rapport à 25,7 % des jeunes hommes nés au Canada. Toutefois, la proportion de jeunes hommes nés au Canada ayant un grade universitaire a augmenté plus rapidement que par le passé.

Des pertes importantes dans les principaux domaines de métiers

Par contre, le nombre de personnes en âge de travailler titulaires d'un certificat d'apprenti dans un métier a stagné ou a diminué dans trois grands domaines : les métiers de la construction (+ 0,6 %), les technologies mécaniques et de réparation (- 7,8 %) et le travail de précision (- 10,0 %), puisque moins de jeunes travailleurs remplacent les baby-boomers qui partent à la retraite.

Le nombre de postes vacants dans certaines industries liées à ces métiers, comme la construction et la fabrication de produits métalliques, a atteint des sommets sans précédent en 2022, peut-on lire dans le rapport.

Plus de la moitié des Inuit ont terminé leurs études secondaires

Les membres des Premières Nations, les Métis et les Inuit font partie des populations les plus jeunes du Canada, et leurs parcours scolaires actuels et futurs ont d'importantes répercussions sur la société canadienne, au fur et à mesure que la population du pays vieillit, écrit Statistique Canada.

Et les membres des Premières Nations, les Métis et les Inuit doivent faire face à d'importants écarts en ce qui concerne l'obtention d'un diplôme d'études secondaires et postsecondaires, mais la proportion de diplômés au sein de ces populations a augmenté entre 2016 et 2021.

La scolarité, une protection durant la pandémie, surtout pour les femmes

Les travailleurs titulaires d'un baccalauréat ou grade supérieur avaient une plus grande sécurité d'emploi pendant la pandémie, peut-on lire dans le rapport, et ce, en partie parce qu'ils étaient plus susceptibles d'occuper des emplois à triple protection.

Les emplois à triple protection désignent les emplois permanents (pour une durée indéterminée) plutôt que les emplois temporaires ou occasionnels; les emplois qui ne peuvent être facilement automatisés; et les emplois qui sont plus résistants aux pandémies, puisqu'ils conviennent mieux au travail à distance, sont compatibles avec la distanciation physique ou sont jugés essentiels par les autorités.

D’un côté, les rémunérations des travailleurs titulaires d'un diplôme universitaire ont augmenté de 2019 à 2020 pendant la pandémie en moyenne de 1600 $. De l’autre, celles des travailleurs ayant les études secondaires comme niveau de scolarité le plus élevé ont diminué en moyenne de 2040 $.

Correctif

Dans la version précédente de ce texte, vous pouviez lire : D’un côté, les rémunérations des travailleurs titulaires d'un diplôme universitaire ont augmenté de 2019 à 2020 pendant la pandémie en moyenne de 1600 $. De l’autre, celles des travailleurs ayant un niveau de scolarité inférieur au baccalauréat ont diminué en moyenne de 2040 $.

Depuis, la situation pour les hommes ayant un certificat d'apprenti dans un métier s'est généralement rétabli des effets de la pandémie.

En revanche, les femmes détenant un certificat d'apprenti dans un métier ont connu les plus fortes baisses de taux d'emploi de 2016 à 2021 (-7,7 points de pourcentage), notamment en raison du domaine d'étude.

Près de la moitié (48,0 %) des femmes en âge de travailler titulaires d'un certificat d'apprenti ont fait des études en lien avec les services culinaires, de divertissement et personnels, y compris la coiffure [...] Les salons de coiffure et les restaurants étaient parmi les premières entreprises à devoir fermer leurs portes.

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