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« Cesser la honte » : une victime d’agression sexuelle témoigne à visage découvert

Silhouette de femme dans l'ombre.

La victime a voulu témoigner pour donner espoir aux victimes.

Photo : CBC / Ben Nelms

Radio-Canada

« Pour donner espoir que des fois, il y a des résultats », une victime d'agression sexuelle a tenu à prendre la parole à visage découvert mardi lors des représentations sur la peine de son agresseur au palais de justice de Sherbrooke. Jordane Giguère voulait ainsi « arrêter d'avoir honte et remettre la responsabilité » à Martin Brosseau.

Ce dernier a été reconnu coupable d'agression sexuelle en août dernier pour des événements qui se sont déroulés en 2019.

Jordane Giguère a lu une déclaration à la cour pour exprimer les conséquences de cette agression sur sa vie. Elle a notamment avoir subi un choc post-traumatique et avoir dû être suivie par un psychologue. Elle soutient que son agression lui a causé des idées suicidaires et entraîné des pertes de revenus. Cependant, elle voulait aussi démontrer comment une cause peut se passer et comment ça peut aller.

Écoutez-vous. Portez plainte si cela vous tient à coeur. Brisez le silence de la façon que ça vous semble adéquat, dit-elle.

La victime, Jordane Giguère.

La victime, Jordane Giguère

Photo : Radio-Canada

Le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) en Estrie salue cette prise de parole. Ce que l'on observe dernièrement, c'est qu'il y a un mouvement de recul au niveau des droits des victimes d'agression sexuelle. Les victimes sont beaucoup culpabilisées sur les réseaux sociaux, on met leur parole en doute quand elles dénoncent, on va chercher des raisons pour justifier les comportements de la personne qui a commis l'agression, explique l'intervenante aux communications pour l'organisme, Kelly Laramée.

« On est contentes quand on voit des victimes qui décident de briser ce silence-là parce qu'en fait, le silence sert à protéger l'agresseur et il pèse sur la victime. On est contentes quand on voit des personnes qui décident de briser cette culture du silence. »

— Une citation de  Kelly Laramée, intervenante au CALACS

Des propositions bien différentes sur la peine

La Couronne et la défense ont fait des propositions bien différentes sur la peine.

Le ministère public souhaite une peine d'emprisonnement de trois ans.

Quant à la défense, elle réclame une peine qui était, jusqu’à tout récemment, non applicable dans des dossiers de cette nature, soit une peine d’emprisonnement dans la collectivité. Ceci signifie que l'accusé purgerait sa peine à son domicile.

Martin Brosseau.

Martin Brosseau a été reconnu coupable d'agression sexuelle en août dernier pour des événements qui se sont déroulés en 2019.

Photo : Facebook

La Couronne soutient que cette peine serait inacceptable puisqu'elle viendrait nuire à la confiance du public envers le système de justice pour une agression jugée grave. Cependant, la défense soutient qu'elle interprète mal ce qu'est un emprisonnement dans la collectivité.

Je trouve que c'est de banaliser cette peine-là que de penser que ce n'est rien, rester à la maison. Au contraire, dans les faits, c'est une peine très contraignante, très sévère, très privative de liberté , explique l'avocate de la défense, Me Kim Dingman.

Le dossier sera de retour devant la cour le 3 février prochain, puisque le juge n'a pas voulu prendre de décision immédiatement. Cette position a un peu meurtrie Jordane Giguère, qui ne s'attendait toutefois pas à ce que ça se finalise aujourd'hui.

L'accusé a déjà annoncé vouloir porter le jugement en appel.

Avec les informations de Thomas Deshaies

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