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Une équipe terre-neuvienne espère filmer pour la première fois un calmar colossal

Le calmar sur le pont d'un navire.

Un premier spécimen d'un calmar colossal a été pêché lors d'une expédition scientifique en 1981.

Photo : Remeslo, A. 1981

Radio-Canada

Le calmar colossal, à ne pas confondre avec le calmar géant, est si rare qu’il n’a jamais été filmé dans son habitat naturel, mais une équipe dont font partie des scientifiques de Terre-Neuve-et-Labrador se rend en Antarctique dans l’espoir d’être la première à réaliser cet exploit.

L'expédition, qui est planifiée depuis sept ans, s'appelle Project Kolossal. Il s'agit d'une initiative d’exploration et de conservation centrée sur la recherche et le tournage d’images de l'insaisissable calmar colossal.

Matthew Mulrennan, un scientifique basé en Californie, est à l'origine du projet. La plupart des experts qu’il a recrutés proviennent de Terre-Neuve-et-Labrador, où l’étude des eaux froides est une spécialité.

Jennifer Herbig et Eugenie Jacobsen, des diplômées de l’Institut marin de l’Université Memorial, étudiaient la faune marine de l’Arctique à bord d’un navire de la Garde côtière canadienne lorsqu’elles ont reçu l’invitation de se rendre plutôt dans l'hémisphère Sud pour tenter de trouver et de filmer un calmar colossal.

Les deux scientifiques devant une table chargée d'équipement vidéo.
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Jennifer Herbig et Eugenie Jacobsen, diplômées de l’Institut marin de l’Université Memorial, font partie de l’expédition scientifique qui cherche à filmer un calmar colossal dans l’Antarctique.

Photo : Radio-Canada / Zach Goudie

Elles ont accepté de faire partie de l’expédition en compagnie de Matthew Mulrennan et d'un technicien caméraman de l’entreprise SubC Imaging, de Clarenville, à Terre-Neuve, qui se spécialise dans le tournage sous-marin.

Je crois que la découverte du calmar colossal remonte à 1925. Nous n’avons pu filmer ni caractériser le comportement de cet organisme depuis tout ce temps. Ce serait une grande découverte, affirme Jennifer Herbig.

Les caméras sous-marines sont montées sur un cadre muni d'un système d'éclairage parce qu'à cette profondeur il y a très peu de lumière, explique Brent Lackey, de l'entreprise SubC Imaging. Le groupe espère attirer un calmar colossal grâce à un appât installé devant les caméras.

Le calmar colossal et le calmar géant sont deux espèces distinctes et extrêmement rares. Les tentacules du calmar géant sont plus longs que ceux du colossal et l’animal vit autour du monde. Le calmar colossal, qui ne vit qu’en Antarctique, est toutefois plus lourd. Son poids peut atteindre 500 kg, selon le Project Kolossal.

Matthew Mulrennan compare la difficulté de trouver un calmar colossal à celle de faire de l’exploration spatiale.

« Si trouver un calmar géant équivaut à aller sur la Lune, trouver un calmar colossal équivaut à aller sur Mars. »

— Une citation de  Matthew Mulrennan, scientifique

De la recherche scientifique en croisière

Toute expédition scientifique en Antarctique coûte très cher et produit des émissions de gaz à effet de serre, mais le groupe a trouvé une solution de rechange. Ses membres voyagent à bord d’un navire de croisière.

Nous croyons que c’est l’une des meilleures plateformes pour cela parce qu’elle se rendait déjà à cet endroit. C’est un moyen incroyablement efficace de faire cette recherche, estime Matthew Mulrennan.

Deux pingouins sur des rochers devant un navire de croisière. En arrière-plan, des collines couvertes de neige.
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Le Project Kolossal a annoncé sur sa page Facebook, le 29 novembre 2022, que ses membres étaient arrivés à Ushuaia, en Argentine, et qu'ils allaient monter à bord du navire de croisière le 1er décembre. Son but est de réussir à filmer un calmar colossal.

Photo : Facebook/KOLOSSAL

Le recours au tourisme d’aventure pour subventionner en quelque sorte la recherche scientifique gagne de la popularité. Les caméras de Sub-C Imaging ont servi l’été dernier lors d’une expédition effectuée par des scientifiques et des touristes bien nantis sur les lieux du naufrage du Titanic.

L’épave du Titanic repose au large de Terre-Neuve à un endroit bien connu. Trouver un calmar colossal est une autre paire de manches. L’équipe dit être prête à effectuer plusieurs voyages sur plusieurs années s’il le faut. Selon elle, la possibilité de tourner les premières images de ce mollusque en vaut la peine.

D’après un reportage de Zach Goudie, de CBC

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