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Quand partiront les ruines de la Belgo?

Des ruines et des graffitis vus sur le site de l'ancienne Belgo à Shawinigan.

Le reportage de Raphaël Brouillette

Photo : Radio-Canada / François Genest

Quatorze ans après la fermeture définitive de la Belgo, c'est un triste spectacle qui attend chaque jour les automobilistes arrivant en ville par la baie de Shawinigan. Ce triste spectacle, ce sont les ruines de l'usine qui a jadis fait la fierté de la ville de l'énergie. Mais quand disparaîtront-elles? Le gouvernement jure que le dossier progresse.

Les saisons ont passé, mais les ruines sont encore bien en vue aux abords de la route 153 à Shawinigan. Aux pieds de la cité de l'Énergie, le terrain de la Belgo a maintenant des allures de champ de bataille, au grand dam du maire Michel Angers. Il en a assez, ces ruines doivent disparaître. Il en fait une question de fierté shawiniganaise.

Quand on descend la côte de la baie et on voit la Cité de l'Énergie et la centrale électrique, tout le monde fait un "wow!". À partir du moment où on tourne et on voit ces ruines, c'est la désolation qui s'installe. Ce n'est pas le visage qu'on veut.

Il faudra encore être patient

Quatorze ans de démarches pour nettoyer ce site qui est sous la responsabilité du ministère de l'Environnement depuis la faillite du propriétaire, l'entreprise Artic Béluga. Mais au gouvernement, on assure que le dossier progresse. Un contrat de gré à gré d'un montant de 56 000 $ a été octroyé le 14 octobre à la firme d'ingénierie Pluritec afin d'avoir le portrait global des travaux à effectuer et les coûts. C'est ce rapport qui donnera une meilleure indication des échéances, selon la députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif.

Depuis les dernières années, il y a beaucoup de travail qui a été fait. Les sols contaminés sont sortis. Mais là, ce qu'on veut savoir, c'est qu'est-ce qu'il reste à faire. Avec ces données-là, on va savoir ce qu'on va faire et mettre un échéancier.

Des travaux de nettoyage ont été effectués en 2020 et ont permis de retirer du site près de 55 000 tonnes métriques de matières résiduelles. Or, pour voir le restant disparaître, il faudra s'armer de patience, selon la députée.

Moi, personnellement, quand je regarde ça, je me dis ça va prendre des années. Il faut rappeler que nous ne sommes pas propriétaires du site même si on fait des opérations. On travaille aussi avec des avocats. C'est très lourd, mais ce que je peux vous dire, c'est que ça va se faire.

De son côté, le premier magistrat espère que ça ira plus vite. Il salue le travail fait depuis deux ans, notamment avec la démolition du "mur de la honte", mais ajoute que le ministère de l'Environnement pourrait accélérer les choses.

Quand je regarde Aleris, on a déjà fait le ménage et l'usine a fermé un an après la Belgo! Moi je pense que c'est la responsabilité du ministère de l'Environnement de faire ce nettoyage-là.

Un site qui suscite la honte

Un nettoyage attendu depuis longtemps par les anciens travailleurs comme Serge Aubry qui avaient la Belgo tatouée sur le cœur pendant 39 ans. Lui et plusieurs autres à qui Radio-Canada a parlé souhaitent voir l'endroit retrouver sa fierté d'antan. M. Aubry, un ancien conseiller municipal de Shawinigan, se fait encore interpeller sur l'état du site.

Les gens nous disent souvent un commentaire : "Ah! Votre ancienne usine où vous travailliez, on dirait qu'on rentre à Beyrouth et qu'il vient d'y avoir un bombardement." Ils nous disent ça, aux anciens employés, comme si nous étions responsables de ça, alors qu'on est tellement désolés de ce qu'on voit. On pourrait prendre un site qui est honteux à l'heure actuelle et en faire une fierté.

La Ville de Shawinigan se garde bien de divulguer l'usage futur de cet endroit. Le maire assure que des projets sont sur la table et que des promoteurs seront présents lorsque le dernier morceau de béton disparaîtra.

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