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Assaut du Capitole : le fondateur de la milice Oath Keepers condamné pour « sédition »

Stewart Rhodes, qui porte un cache-œil, est vêtu d'une chemise bleue et d'une casquette des Oath Keepers.

Stewart Rhodes, fondateur des Oath Keepers, une milice américaine d'extrême droite (Archives)

Photo : Reuters / JIM URQUHART

Agence France-Presse

Le fondateur des Oath Keepers, Stewart Rhodes, et un autre membre de cette milice d'extrême droite sont devenus mardi les premiers participants de l'assaut du Capitole à être reconnus coupables de « sédition ».

Après deux mois de procès et trois jours de délibérations dans un tribunal fédéral à Washington, les 12 jurés ont en revanche écarté ce chef d'inculpation extrêmement rare, passible de 20 ans de prison, pour trois autres membres des Oath Keepers.

Les cinq accusés ont été reconnus coupables d'entrave à une procédure officielle. Leur peine sera prononcée au printemps 2023.

Ce verdict nuancé, prononcé après trois jours de délibérations, représente une victoire pour les procureurs qui enquêtent depuis bientôt deux ans sur l'attaque du 6 janvier 2021.

Ce jour-là, une foule de partisans du président républicain Donald Trump avaient semé le chaos et la violence dans le siège du Congrès au moment où les élus certifiaient la victoire de son rival démocrate Joe Biden à la présidentielle.

Une foule prend le Capitole d'assaut.

Le 6 janvier 2021, les partisans de Donald Trump ont pris d'assaut le Capitole dans le but d'empêcher la certification des résultats de l'élection de 2020, qui a confirmé la défaite du président républicain.

Photo : afp via getty images / Roberto Schmidt

Depuis ce coup de force, près de 900 personnes ont été arrêtées et une centaine ont écopé de peines de prison, notamment les auteurs de violences contre les policiers. Toutefois, jusqu'ici, personne n'avait été reconnu coupable de sédition.

Ce chef d'inculpation, qui émane d'une loi adoptée après la guerre de Sécession pour réprimer les derniers rebelles sudistes, implique d'avoir planifié le recours à la force pour s'opposer au gouvernement. Il se distingue de l'insurrection, au caractère plus spontané.

Puisque la sédition est difficile à prouver, ce chef d'inculpation a été très peu utilisé : la dernière condamnation pour sédition a été prononcée en 1998 contre des militants islamistes responsables d'un attentat à la bombe contre le World Trade Center, à New York, cinq ans plus tôt.

Comme un général sur un champ de bataille

Pendant le procès, les procureurs ont montré que Stewart Rhodes avait commencé à rallier ses troupes dès novembre 2020. On ne va pas s'en sortir sans guerre civile, leur avait-il écrit deux jours après la présidentielle sur une messagerie cryptée.

Au cours des semaines suivantes, il avait, selon eux, dépensé des milliers de dollars pour acheter des appareils de vision nocturne, des armes et des munitions. Il avait ensuite stocké cet arsenal dans un hôtel de la banlieue de Washington.

Le 6 janvier, casqués et vêtus de tenues de combat, plusieurs membres des Oath Keepers avaient marché sur le Capitole. Certains avaient formé une colonne pour s'y introduire et avaient fait demi-tour après avoir reçu du gaz irritant. D'autres avaient pénétré dans son enceinte en formation militaire.

Stewart Rhodes, lui, était resté à l'extérieur, mais selon les procureurs, il avait dirigé ses troupes avec une radio comme un général sur le champ de bataille.

Vêtu d'un manteau aux motifs de camouflage, Stewart Rhodes parle dans une radio.

Stewart Rhodes lors d'un rassemblement pour Donald Trump en octobre 2019 à Minneapolis

Photo : Reuters / Jim Urquhart

Persécution politique

À la barre des témoins, ce tribun, reconnaissable à son cache-œil noir, a nié avoir planifié cette attaque et a soutenu que la mission des Oath Keepers consistait à assurer la sécurité de la manifestation convoquée par Donald Trump pour dénoncer des prétendues fraudes électorales.

Soutenant avoir été mis devant le fait accompli, il a estimé stupide que Kelly Meggs, qui dirige la section de Floride des Oath Keepers et qui a lui aussi été reconnu coupable de sédition, soit entré dans le Capitole.

Cela a ouvert la porte à notre persécution politique, et voyez où nous en sommes, a notamment déclaré Stewart Rhodes.

Ancien diplômé en droit de l'Université Yale, ce quinquagénaire au parcours sinueux a fondé les Oath Keepers en 2009 en recrutant d'anciens soldats ou policiers, initialement pour lutter contre l'État fédéral, jugé oppressif.

Comme d'autres groupes radicaux, cette milice a été séduite par le discours antiélitiste de Donald Trump et a totalement adhéré aux allégations de fraudes électorales brandies – contre toute évidence – par le républicain.

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